‹ Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littératureChapitre 43 sur 149 · E TI I M1XA1IA IlPtMJ KHPIOY K01TÛ.N0Z EIA1KOÏ · texte numérisé non relu

E TI I M1XA1IA IlPtMJ KHPIOY K01TÛ.N0Z EIA1KOÏ

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Kwrcôv ( cubiculum ) désignait le trésor particulier (res privât a) de l’empereur. Cela se rencontre cent fois dans les textes bysantins.

6 Anast. in Leon. III : « Indiaconia beati Georgii fecitvestem de fundato cum historia de elephantis. » Des paroles toutes semblables sont répétées par le même historien à quelques lignes de là.

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

trails des cartouches ornés de ces fausses lettres arabes que la célébrité des tissus sarrasins a fait répéter dans une foule d’ornements du moyen âge en manière de contrefaçon1. Dans la même pièce (PI. XIV) se voient les paons si souvent mentionnés par les énumérations de cadeaux faits à Rome ou à Constantinople (taûveg, vestis habcns pavones, etc.); on trouve même des paons chevauchés par des hommes [cortinam alexandrinam mirœ pulc hritudinis... Iiabenlem historiam pavonum portantium desuper hommes ), car la fantaisie s’est donné carrière de tout temps parmi les détails de l’ornementation. Et, n’en déplaise aux habiles gens qui ont fait et font encore des recherches linnéennes sur la Flore murale (pourquoi pas textoriale aussi? ), je suis très porté à croire que l’ornement (arabesques, fleurons, palmettes, etc.) puise surtout sa sève dans un monde un peu conventionnel , et que les élèves de Raphaël en ce genre procèdent d’une poésie fort étrangère à celle de l’école flamande ou hollandaise. Aussi, malgré le trait des contours qui est généralement emprunté dans une certaine mesure aux formes naturelles par les dessinateurs de ces étoffes, on voit qu’ils prennent soin en quelque sorte d’échapper au monde quotidien par les couleurs ; nous avons des cygnes ou des canards 2 verts ou bleus (PI. XletXII),et des éléphants jaunes à trompe verdâtre; comme Claudien nous peignait dans les broderies de son temps 3 des cerfs rouges à cornes d’or. Ces bizarreries, si je ne me trompe, appartiennent à la nature même de l’art qui nous occupe en ce moment ; c’est pourquoi elles ont dû s’y reproduire aux diverses époques qui l’ont cultivé avec une entente franche et spontanée. De là vient sans doute également ce nom de ïsvy.ohôv zeg que l’on rencontre chez les écrivains grecs, et qui s’accorde si bien avec nos planches, où tout ce qu’il y a de lions (PI. XVI et XVIII) est précisément de couleur blanche.

Je vois d’ici plus d’un lecteur fort scandalisé d’apercevoir dans l’église des éléphants, lions, aigles, griffons, licornes, faisans, canards, paons, etc. 4, et se demandant ce que tous ces animaux avaient affaire avec le lieu saint ; je réponds à cela que l’Église n’empêche personne de faire mieux, et que de longue main les papes adoucissaient ce qu’il peut y avoir de profane dans ces figures un peu séculières en les faisant accompagner de scènes bibliques brodées5 au moyen desquelles la forme emportait le fond. Mais ajoutons aussi que l’histoire ne nous fait point connaître qu’on s’en soit beaucoup scandalisé dans un temps où l’on prenait au sérieux

1 Les miniatures même, jusqu’au seizième siècle, conservèrent cette façon de recommander un vêlement à l'attention du spectateur ; singulier hommage rendu à la réputation des fabriques musulmanes. Je ne m’étendrai rpas sur un tel sujet après que M. Adrien de Longperrier, dans la Revue Archéologique fn0 année, p. 696, svv., etc.), a expliqué deux ou

trois fois cette singularité par quelques-unes de ces savantes notices dont il est trop avare.

* Ceci nous remet encore sur la trace des signalements

donnés par Anastase le-Bibliothécaire [in Greg. iv) : «Vêla...

de olovero decem, liabens unumquoque eorum anates. »

3 Claudian. De laudib. Stilichonis, ii, 352, sq.

u Aurea purpureos tollentes cornua cervos Au reus ipse ferit. »

Sur quoi les commentateurs disent des choses tout à fait divertissantes, dans leur préoccupation de critiques et de grammairiens ; tandis qu’il s’agissait simplement de recourir au bon sens et d’avoir un peu de goût. Mais tombe-t-il aisément dans l’esprit d’un grammairien ou d’un humaniste qu’il y ait une critique supérieure à la pesée des mots?

4 Cf. Anastas., passim.

5 1t. Ibid, passim.

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