ÉTOFFES HISTORIÉES (PI. IX-XVIII, ETC
ce texte du psalmiste 1 : « La terre est au Seigneur, avec tout ce qui la remplit, etc.» et ces autres paroles de l’Écriture sainte encore2 : « Œuvres du Seigneur, bénissez toutes le Seigneur, louez-le et l’exaltez à jamais , oiseaux du ciel, habitants de la mer, troupeaux, bêtes fa-
rouches, enfants des hommes, etc. » Si cela est changé, tant pis; n’importe pour qui. Si toutefois l’on trouvait quelque chose de meilleur, tant mieux.
Cependant, poursuivons ce que nos planches peuvent nous donner de lumières sur quelquesunes des qualifications employées par le moyen âge grec ou latin. L’étoffe représentée par les planches XIII et XIV n’offrirait-elle pas un échantillon des *• pxcivopôâiva, dans son alliance assez heureuse du vert avec le rose? Puisque j’ai risqué cette espèce de conjecture, me trouvera-t-on trop osé quand je proposerai les planches IX, X, XI A, et même XII, comme représentant assez bien l’union de couleurs exprimée par les mots bysantins xoxjcott pà7mv et k puGiysT piê'kazzov , entre lesquels on peut dire qu’il n’est guère question que de nuances (vert et écarlate, vert et pourpre foncé) ?
Sipeu que soit tout ceci, j’admire que dans mon ignorance des Opéra Minervœ j’ en sois venu jusqu’au point où me voilà; et de peur d’énormités qui pourraient être au bout de ma plume, je supprime quelques aperçus au sujet des auriphrygia ( frixia , etc.) que je serais teuté de reconnaître dans la planche XVI, où l’or s’allie aux perles. Demême j’aurais eu envie de proposer comme impériale l’étoffe des planches XXXII, XXXIII et XXXIV, parcequ’elle représente un empereur, et que ces dessins ont l’air de n’avoir pas été absolument rares au temps passé 3. Mais c’est principalement sur ce morceau curieux que mon collaborateur devra revenir, tout en complétant les minces aperçus que je fais passer ici par intérim. Demeurons en là pour diminuer d’autant les chances d’erreur dans une matière si obscure.
Charles CAHIER.