MS. G
Et ignorantes eum omnes 58 descendentem (sic) , dicebant : Qui s est isle rex gloriœ ?
Secunda natura leonis talis est. Quum 59 dormierit, vigilat, oculi aperti ejus sunt. In canticis60 canticorum testatur 01 , et dicit : Ego dormio , et cor meum vigilat. Non enim dormiet 62 neque dormilavit (sic) qui custodit Israhel.
Tertia natura leonis talis est 63. Quum leæna 64 genuerit catulum suum, mortuum eum générât 63 ; et custodit filium lea (stV)66 donec veniat pater ejus tertiadie, et sufllaverit67in faciem ejus68, et suscitât eum. Sic et 69 omnipotens Pater omnium, 70 suscitavit tertia die Primogenitum 71 omnis creaturœ (Coloss. 1, 15). Bene Jacob dixit : Catulus leo (sic)72.
58 T. Et hoc ignorantes homines (omnes?), dum descenderet de cœlo et ascenderet, dicebant, etc.
59 T. Secunda natura: Dum dormierit, oculi ejus vigilant ; aperti enim sunt.
60 T. cantica. D, qui a ici canticis, dit plusieurs fois ailleurs in cantica.
61 T. de eo dicitur : Ego.
62 T. dormit, neque obdormitat. Cette application est bien vague pour être l’œuvre de la première main ; les mss. A. et B. ont un sens bien plus plein et plus net. Voici comme s’exprime D., mais il ne faut pas oublier qu’il porte les traces incontestables d’un remaniement général : « ... Quum dormit, « oculi ejus vigilant. Quod Bene dicitur de Christo in canticis « canticorum : Ego dormio et cor meum vigilat. Dormhit « enim caro in cruce moriendo, deitas vero vigilabat cuncta « regendo. Unde psalmista : Ecce non dormitabit, etc. »
63 T. Tertia : quum genuerit.
T. omis.
65 C. omis. J’ai emprunté au ms. de Tolède ce verbe sans lequel la phrase était incomplète dans le ms. de Berne.
66 T. et leæna filium custodit donec.
67 T. insufflât.
68 T. ... ejus, cum ingenti rugitu, et suscitât.
69 T. omis.
70 T. omis.
71 T. unigenitum suum. Unde per Jacob dicitur : Catulus leonis Juda.
72 Là s’arrête le texte de ce premier article dans le ms. C. Nous verrons bien d’autres désaccords entre les manuscrits, qui semblent tantôt marcher de concert, à peu de choses près, tantôt traduire chacun de leur côté un texte primitif tout différent de l’autre. Cela doit remonter à des variétés fort anciennes dans la rédaction du texte grec.
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
Lion en grieu est rois en latin 37. Li lions a III manières 38 en soi. Li frons et la keue demostre lor corages. Lor vertus est el pis 8?; lo fermeté, el cief. Il s’espoentent40 d’espiés des veneors; et si crièment 41 mult le cri des caretes, et moult plus crièment fu42. Et jasoit ce que li lions est rois 43 de tous autres bestes, et que tous le crièment, ne quedent 44 si crient il le
blanc coc45.
Et quant il avient que li lions mangue sa proie et s’il avient que home passe d’en coste lui qui le regarde., — por ce que figure d’ome porte alsi com une segnorie, de tant com il est fais à la figure et à la semblance del segnor des segnors, — si convient que li lions resoigne son vis et son regard. Et por ce qu’il a naturel et hardement, si a honte d’avoir paor ; si cort sus à l’ome, si tost corne il le regarde. Et cent fois poroit passer li hom en coste le lions, ne se moveroit por que 46 li hom nel regardast ançois.
Li hom 47 si a une partie de la nature al lion. Car il ne se corechera 48, s’il n’est bléciésou s’il n’a vergoigne. Par assi 49 dels essampJes si est démostré sa miséricorde. Il espargne les povres et laisse aller en pais les menus ; ne nul home n’ocist s’il n’a très grant fain. Ceste
example de miséricorde doivent avoir en els li
37 Celte singulière interprétation paraît avoir pour cause une décomposition bizarre du mot grec Vy.<nhv;, Ba ci-Àewç.
38 S. natures. Voir le second alinéa de la note A5.
39 Poitrine. Un trouvère du moyen âge, pariant de S. Jean l’Évangéliste, l’appelle le disciple
a Qui dormist el pis Jhesu. »
49 S’épouvantent (esp. espanto) des épieux.
31 S. et doutent moult le cry des roes des charettes. Il faut songer que quand les essieux sont en bois, les roues des chariots font entendre une étrange musique. Ceux-là seuls s’en forment une juste idée qui ont eu la mésaventure de rencontrer dans la Biscaye, par exemple, des convois de charrettes nombreuses dont le cri lamentable se fait entendre au loin, et sert du moins, dit-on, d’avis à ceux qui risqueraient de s’engager tète à tète avec le convoi dans un passage resserré.
42 Les Picards ne se sont point dessaisis de cette forme du mot feu, qui se prononce fou dans les Alpes valaisannes.
43 S. que le lion soit crému (craint), si crient le, etc.
44 Et néammoins.
45 S. ours, évidemment par distraction ou sot esprit de réforme ; car les enseignes du coq hardi (outre la planche xxvi) montreraient seules que l’histoire du lion épouvanté par le coq jouissait jadis d’une grande popularité. Quoi qu’il en soit, fours blanc dans un manuscrit français du moyen âge semble un indice curieux des relations avec les pays septentrionaux.
Tout ce qui suit, jusqu’à Li hom si a une partie, etc., est omis dans R et S. mais D peut servir à trouver la source ou sont puisées quelques-unes des différences qui séparent les bestiaires français et les anciens textes latins. Voici quelques citations qui en donneront une idée. « Léo enint
græce, latine rex interpretatur Animos eorum frons et
cauda indicat; vit us eorum in pectore constat, firmitas in capite. Venabulis septi a venatoribus terrentur, rotarum stre-
halt home, qui doivent espargner les povres50.
pitus tintent, et magis ignem ; et quum ad nuliius paveant occuisum, feruntur album gallum valde timere... Captivos hommes sibi obvios repedare permittit; et non nisi magna famé interimit. Ad cujus exemplum ralionales homines respicere debent, etc. » Cf. Pseudo-Hug. a S. Victore, t. n, p. A18. Mais cette crainte des épieux ne reçoit aucune application dans la moralité, ce qui la rend tout d'abord suspecte d’obreption. Philippe de Thaun donne un sens moral à toutes les additions renfermées dans ces retouches du bestiaire latin, mais ce n’est qu’en rompantl’unité du symbolisme ; car le lion, qui avait commencé par représenter Jésus-Christ, y finit par signifier Satan. Cela n’est pas d’un premier jet.
46 Pourvu que; ital. purchè.
47 S. La hobie (sic?) si a une partie de la nature au lion.
48 Courroucera.
49 S. Par assidues exemples est démonstré.
;0 J’avais songé à présenter de front les divers textes du Bestiaire qui composent cette publication; mais pour les imprimer tous en regard il eût fallu avoir recours à des artifices de typographie qui auraient compliqué singulièrement l’exécution. J’ai pris ( excepté seulement dans ce premier article ) le parti défaire marcher constamment à la suite l’une de l’autre les différentes versions d’un même article. Ce sera donc toujours désormais d’abord la prose française (ms. de l’Arsenal), puis la prose latine, et enfin le Bestiaire rimé du trouvère normand ; chacun avec sa série continue de notes. Après quoi chaque article sera clos et séparé du suivant par les observations relatives au fonds zoologique commun à tous les textes. Malgré ce changement à la disposition primitive, il est certaines phrases obscures que je n’interpréterai point, pareeque le recours aux autres textes du même article suffira pour lever la dfliculté sans qu’il soit besoin d’autre commentaire.
BESTIAIRES (PI. XIX et XXVI).
MSS. A, B
peperit catulum, générât eum mortuum ; et custodit eum tribus diebus 39, donec veniens pater ejus die tertia insuflat40 in faciem ejus etvivificat eum. Sic omnipotens Pater Dominum nostrum Iesum Christum filium suum tertia die suscitavit 41 a mort uis; dicente Iacob (Gen. XLIX) : Donnivit 42 tamquam leo, et sicut rat ut us leonis ; quis 43 suscitavit (sic) eum ?
39 B. diebus 1res .
40 B. et insufflet.
41 B. suscitavit eum.