Veruluui est lelum brève at augustum
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326 LE PILOH DE tlNTÀNTEBIE HOHAINE
n résulte encore des monuments que celte pointe était plantée dans un chapiteau en forme de boule. V^èce n'en parle pas ; mais ses devanciers ont-ils parlé davantage du chapiteau tétraèdre, ou cylindrique, ou conique? Je crois pouvoir ajouter que cette partie de l'arme, afin d'acquérir un poids suffisant, flit plombée. La flexion du fer n'aurait pas eu lieu sans cela, tant la hampe avait été allégée. On usa d'un artifice analogue à l'égard de la falarique, dans le temps de la dernière décadence, car la falarique, elle aussi, finit par avoir un chapiteau sphérique. Isidore de Séville définit cet instrument : c Un trait de grande longueur, fait au tour, armé d'un fer d'une coudée, avec quelque chose de rond, coulé en plomb, à la façon d'une boule'.
Ce qui précède nous fixe sur le sens de pUum et verieulum, consignés par Végèce comme des mots qui avaient cessé d'être usit^ i ' son époque. C'est ainsi qu'on désigna, dans les derniers temps de l'existence de la légion, les diminutifs de l'antique verulum dont nos quatre tombeaux et la mosaïque de Reims nous fournissent la figure. Les javelots armés de la pointe la plus longue s'appelaient ;n/ur», ceux qui avaient une pointe toute courte s'appelaient verieulttm. Ces dénominations furent remplacées, au iv« siècle, par celles de apicuium et verutum.
Le spiculum et le verutum sont les seuls javelots mentionnés par Ammien Harcellin *. Comme cet historien est du même temps que V^èce, nous savons à quoi nous en tenir sur la valeur que ces exprèsrions ont chez lui. C'est sans conséquence assurément qu'il emploie de certains mots composés où le nom du pilum figure comme radical. Ainsi, quand il dît propilare miisilia ', il n'exprime pas autre chose que le jet du spiculum et du verutum, comparable k ce qu'avait été autrefois le jet du pilum. Ailleurs il appelle arttepilani^ les soldats postés sur le front de bataille pour faire l'engagement, sans donner à entendre par là qu'il y eût encore des pilani. Toutes les langues ont des réminiscences de cette sorte. La nAtre offre des exemples identiques, lorsque nous disons asséner un coup, en nous servant d'un
1. ■ Falarlca eat telum ingens, lomo fttctnm, habenï femiiu cubitale et rotimdilatem de plambo in modum epheriE in tpea Bnmmittte. > Origintt, I. IVIl, c. 7.
2. B Splcula lameD vemtaqae miisilla non ceesaboot. ■ L. XV(, e. II.
3. L. XVI, c. 12 et 36. QuinUllea regrette l'absence de ce mot, qui de ton temps n'Était pae encore dans la lungne latine : « Oui jsculum mlttit, jacnlui dicitur, qni pilum ant eudum, appellallooe priTtttim Bibt aMigtista caret. ■ L. VIII, c. t, a. S.
i. L. XVI, 2; XXVIII, 2.
LE PILUH DE l'infanterie BOMAINE 327
verbe qui était propre à la manœuvre de la lance chevaleresque; lorsque nous appelons grenadiers les hommes des compagnies d'élite dans les r^ments de ligne, bien que dans ces compagnies on ne fasse plus usage de grenades depuis au moins cent quarante ans.
Il fïut un poète, et un poète attaché à la recherche du latin clas- Eique, comme le fut Claudien, pour fournir postérieurement à Végëce des exemples du mot pilum '.On ne peut pas douter que le pilum dont cet élégant écrivain a armé les soldats de Stilicon, n'ait été la même chose que ce queVégèce vit dans les troupes de Va lentinien JI. Pour Isidore de Séville, pilum n'était plus qu'un terme générique désignant toute arme de trait ou de jet *.
En dernier lieu, pilum cessa d'être latin, et sans doute il n'existait plus lorsque la langue en vint au dernier terme de la décomposition •pli engendra les langues romanes, car aucune de celles-ci ne le pos- 6éde,"sinon par l'effet d'une résurrection postérieure. Chose singulière, c'est dans l'idiome germanique qu'il émigra. L'allemand le possède ^•^"core sous la forme Pfeil, que lui avait donnée la prononciation des "arbares. Il signifie un trait quelconque, et particulièrement une flèche.
Au contraire, spicultan et verutwn se maintinrent avec un sens propre dans la basse latinité. Ils sont d'un fréquent usage chez les auteurs de la période barbare, et alors ils se rapportèrent sans doute aux Jsrelûts dont une si grande variété nous est fournie par les sépultures ^Pivnaniques, J'ai cherché vainement à faire l'application des noms . "^ ciioses. La seule certitude qui résulte des découvertes consignées 9*Ta *â présent, c'est que les javelots germaniques n'ont plus le cha- ^«eau (j^j caractérisait le pilum et ses dérivés. Il n'est donc pas lé- ^**e <1« les assimiler à cette arme célèbre.
- *OSt VIII, 2S1; XXI, 3S3; XXIX, 236. '^iltiBunt arma jacolorum atqne telorum. ■ Origines, I. XVII, t
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