‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 113 sur 240 · Tenoi pugnax inetare verulo. ■ L · texte numérisé non relu

Tenoi pugnax inetare verulo. ■ L

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324 LE PILUH DE l'infanterie ROMAINE

probable est te règne des empereurs qui précédèrent immédiatement Sioclétien,

Ces monuments cous montrent des soldats prétoriens représentés avec des javelots dont ta longueur dépasse à peine leur taille'. L'arme est terminée par un chapiteau sphérique que surmonte une point« effilée, mais robuste, incomparablement plus courte que la nroche dont j'ai parlé tout à l'heure ; car sa longueur moyenne ne peut pas être estimée à plus d'une vingtaine de centimètres, il y en a même dontla saillie est seulement de quelques doigts. Il semble que la fonne de cette pointe ait été différente pour chacune des cohortes. Sur l'un des tombeaux, elle est en pyramide ; sur un autre, en feuille de laurier; sur un troisième, en fuseau. Je trouve encore le même objet exécuté d'une manière plus correcte sur deux autres monuments de l'époque des Antonins : d'abord sur la mosaïque de Reims, où il Ggure à la main d'un bestiaire; ensuite sur le tombeau, reproduit par Gruter', d'un personnage qui parait avoir été un lanista ou maître d'armes pour l'instruction des gladiateurs.

J'ai disposé sur la planche III le dessin comparatif des instruments dont il s'agit (lig. 3, 4 et 5). Quant au nom qu'il convient de 'eur appliquer, Végèce va nous le dire.

Végèœ écrivait au milieu du iv° siècle, sous Valentinîen II. Quand il a décrit l'armement de la légion, la légion n'existait plus que de nom. Il en a parlé en historien peu critique et qui n'avait pas poussé bien loin ses investigations. On s'est donc mépris sur ta portée de son témoignage quand on a cru pouvoir s'en servir pour éclaîcir les obscurités de Polybe, Plularque et autres. Les armes qu'il nous a fait connaitre sont celles qu'il avait vues mentionnées dans les documents de la fm du iti' siècle, et qui, à quelques diiTérences près, subsistaient encore de son temps.

1. Murah»-!, p. 807, a' S; Gruter, p. 5t0 et tOT!. Voici les épitftplie* : fD. MU CORN. CASTORISIIVETERANIIÀMICITIAE PIGNVS « POSVIT ASA MONTVR 11 RIANVS MILES COH (Il U ADIVT H ET SIBI ET LABERIAE 11 PHAEDIMAE VXORI ET » PHAEDIMO LEMNOIIFILIO. — soDIOGENES GAIVS MIL COH XI PRâ| VRANIDI VIXANN XL MIL AXIII NAIITRAX CIVITATE SAR- DICA AVR ERODES I! MIL COH PR6 DVBITATI FRATER P B.M. F. — 3' M. DIOCLES MIL COH... 5 MAC II MVNICIP. ALTIN. SEVERIINIC. OP. FORT. D. S. D.

2. T. I, p. 335, n= 6, daprèB Boiesard, l. IV, pi. 13*. L'épilaphe a ktk \ao d'une manière très Incorrecte : M. NAVIVSIlMF THALES II SARD TYG ET NONllMYSIAËllCOLIISTAT.

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LE MLITH DE t'iNFASTERIE BOMAINH :)2S

Laissons-le parler :

t Les hommes de lourde armure avaient deux traits : un grand avec un fer triangulaire long de 9 onces (0",22) et une hampe de 5 pieds et demi (1",627). C'était \e pihtm, que l'on appelle aujourd'hui spiculum, et au jet duquel étaient principalement exercés les soldats. L'autre était plus petit, avec un fer triangulaire de 5 onces (0",12) et un bois de 3 pieds et demi (1"',03), qui était alors le eericulum, qui est aujourd'hui le venitum '.

Dans un autre passage, Végèce mentionne encore le piitim; il lui attribue un fer efGIé, dont la longueur variait entre 9 onces et un pied, et il complète l'image lie ce fer par l'épithëte de trigone, employant cette fois un mot de forme grecque, au lieu de l'adjectif latin Iriangulm *.

Triangulaire et trigone étaient indutitablement synonymes dans U pensée de Végèce. Quelle en est au juste la signification î Les commentateurs ont compris par là un fer pointu, armé de deux crocheta, comme un dard de flèche. Cela donne trois pointes dont, à ïa rigueur, on peut trouver l'expression dans les adjectifs triangulus et trigomtt. Mais on n'a point fait attention au peu d'utilité qu'auraient eu des crochets placés à 22 et même à 29 centimètres (ou un pied romain) de la pointe supérieure ; car des crochets sont pour empêcher que le dard ne sorte de là où il est entré, et l'on ne pouvait pas espérer que te fer, si roide que fftt le jet, pénétrât à une telle profondeur. Il y a donc ici une difficulté dont il n'est possible de sortir que par la vue des monuments, et quels monuments invoquer, sinon les tombeaux dont j'ai fait mention en dernier lieu ? Les javelots figurés dessus sont munis de pointes qui ont précisément les mesui'es indiquées par V^èce.

Celui de tous oii l'arme est rendue avec le plus de netteté nous foit voir un fer en pyramide très allongée, pyramide à trois faces, sur chacun des angles de laquelle se relève une arête. Voilà l'objet dont a voulu parler l'auteur du De re militari. La pointe, qu'il appelle indifféremment trigone et triangulaire, était un solide à trois faces et trois arêtes. C'est ce qu'exprime d'une autre façon Nonius, contemporain de Végèce, définissant le verutum, un ti-ait court et étroit *,

I. • Hfee erat gravis armatara, qui hobebnnt binaniiasilia.: anum majus,

ferro trtangulo nnclanim DOTein, hagllll pcdum qulnque Bsinis, quod piliim Tocabant, dudc tpiculum dicitur, ad cujiis jactum eiercebaotur prœcipuo Qiititea; aliud diIdda, terro trlangulo uaciarum qiiiuque, bSBlili triiiiu pedam •emU, qaod tune verieulitm, avac ventlum dicilur. ■ De re militari, 1. II, c 15.

3. •• Pila, terro soblili Irigoao prafiio, nnciarum novem slvc pc Juli. u L, I,c. 20.

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