PUITS FUNÉRAIRES GALLO-ROHAINS
la pierraille, des tessons de poterie et des os d'animaux domestiques. C'est te même entassement que celui qui compose le noyau de la plupart des tumulus, de sorte qu'il est permis de conjecturer par là que les deux rites ont dérivé l'un de l'autre.
Il est démontré aujourd'hui que les morts enfouis dans les lumulus n'avaient pas Été soumis à la combustion. Ceux des puits, au contraire, furent réduits en cendres, et leurs cendres renfermées dans des urnes, suivant l'usage des Romains. Dans l'un des puits du Bernard, l'utne avait été remplacée par un cercueil, qu'on a trouvé debout et rempli d'ossements d'hommes et d'animaux qui n'avalent fait que passer par le feu.
La composition du dépôt était différente pour chacune des sépultures. Celle-ci avait pour accompagnement les outils du laluureur ou du terrassier, celle-là les attributs de la ménagère de campagne. Peu de bijoux, mais beaucoup d'ustensiles ayant servi aux usages «hdmuns de la vie, et des débris de pièces d'habillement. Un assortiment curieux de pièces de chaussures de cuir pour hommes et pour femmes a été recueilli par M. l'abbé Baudry. Les vases trouvés entiers, lorsqu'ils ne contenaient pas de cendres, étaient i-emplis ordinairement d'os de volaille, de résidus, de fruits, de coquillages, même d'insectes desséchés. Deux lois a été constatée la présence d'un arbuste de plusieurs mètres de haut, planté tout droit à partir du fond. Il serait trop long d'énumérer les antiquités de toutes sortes qu'ont fournies les fouilles. Qu'il suffise de citer, parmi les plus intéressantes, une série de monnaies de tous les empereurs jusques et y compris Aupélien ; des moules ayant servi à couler des deniers aux types d'Anlonin le Pieux et de Julie Mammée; de nombreuses pièces de vaisselle en boisj des corbeilles remarquables comme ouvrage de vannerie, une statuette de l>ois de cinquante centimètres représentant la déesse-mère traitée dans un style qui la ferait prendre pour une sainte-vierge du xir siècle, si elle n'avait pas été trouvée à treize mètres de profondeur'.
M. Baudry a su introduire dans la distribution de son livre de la méthode et de la clarté. Il commence par donner le procès-verbal de ses fouilles puits par puits. En tête de chaque article est un dessio sur coupe qui montre la disposition des couches et la place occupée par les principaux objets. L'énumération de ceux-ci est accompagnée de gravures sur bois qui font voir ta conliguration de chacun. Les dessins sont de M. Ballereau, architecte à Luçon, dont le nom figure sur le titre.