Année 1317, ptonclie
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420 H0.VUHE.1T UITHRIAQUE DE SAINT-CLAia
gauche iadiquant que le personnage levait le bras, sans doute pour porter la main à son manteau.
Le lieu du gisement est une fondrière humide appelée le Crot de la Noue. M. Foisset induit de là que ce fragment, ainsi que des tuiles à rebords et beaucoup de débris informes dont il était accompagoé, . sont du déblai apporté comme gravois d'un champ voisin en vue de consolider le terrain. Acceptons cette conjecture d'un observateur attentif.
Quant à l'attribution qui convient à la Ogure, il y a toute appareuce qu'il faut la chercher ailleurs que dans l'Olympe classique. C'est le masque de quelqu'une de ces divinités locales de la Gaule romaine dont le répertoire est infini. Le nom latin de Beaune ayant été Belm, qui fait songer à un primitif Belena ou Belina, il ne serait peut-être pas trop téméraire de penser qu'il exista une déesse de ce nom, et que cette déesse, outre le temple qu'elle eut à Beaune, avait encore une chapelle à Bligny, dont le nom latin, Beliniacum, signifie un lieu consacré à Belina. Mais il faut se borner & penser une telle chose, qui ne méritera de devenir une aiïirjnation que lorsque l'étal dvil de Belina aura été établi par la découverte d'une inscription.
Par une note dont il fut donné lecture à la réunion des Sociétés savantes de 1877, M. Clément Simon, procureur général à la cour d'A.is, correspondant du Comité, a fait connaître une statue mi- Ihriaque recueillie, il y a une dizaine d'années, sur la commune de Sainl-CIair, arrondissement de Lectoure (Gers). Elle gisait aux abords d'un puits, d'où la tradition locale affirme qu'elle avait été tirée autrefois. Sa dimension est de 70 centimètres. Elle est en pierre calcaire, d'un style ramassé, lourd, et d'un mauvais dessin. Elle représente un personnage babillé du costuinç persan, debout, dans l'attitude de la méditation, la main droite sous le menton, la gauche sur la poitrine.
, Dans cette figure M. Clément' Simon a reconnu l'un des deux acolytes inséparables de la personne de Mithra. L'ordinaire est que ces acolytes soient représentés tenant chacun", un flambeau, l'un droit, l'autre renversé; mais une planche des Beckerckes de Lajard sur le" culte de Mithra fournit un type analogue à la figure de Saint-Clair.
Notre correspondant fait la remarque que les monuments mittiriaquea, d'où il exclut avec raison les figures léontocéphales, sont âctrèmement rares en Gaule. Après des recherches sur ce qui a été jusqu'à présent signalé en ce genre, il n'est parvenu à fouler aux deux bas-reliefs de Boui^-Saint-Andéol et de Vienne, publiés tant de
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HONDHENT UITURIAQUE DE SAIKT-CLAIR 421
foia, qu'un petit autel votif avec l'inscription DEO SOLI INVICTO MITHRAEi et une statuette d'acolyte armé du flambeau : ces deux pièces trouvées à Eause, l'antique Elusa (qui est aussi une localité du département du Gers), dans lé siècle dernier, et portées à la connaissance du'public par le marquis d'Orbessan dans le tome II de ses Mélanges kisloriques*. Ce relevé si exigu peut être au^rmenté de plusieurs articles. Il y a d'abord le Mithneum et l'inscription de Vieux en Bugey, dont la Revue des Sociétés savantes a enregistré la découverte en 1870, d'après une communication de M. Guigue'. Il y a ensuite deux inscriptions lyonnaises, dont l'une reconnue fausse (elle est aujourd'hui à la Bibliothèque nationale), confirme l'authenticité de l'autre, de sorte qu'on peut tenir pour certaine l'existence du culte de Mithra dans le Lyon antique'. Enfin, il faut compter, avant tout, la fameuse urne cinéraire de Chyndonax, trouvée à Dijon en 1598. Peu de découvertes firent autant de bruit que celle-là. Tous les savants de l'Europe s'en occupèrent. Casaubon fit exprès le voyage de Genève à Dijon pour voir ce vase et l'inscription qui l'accompagnait. Henri IV lui-même chargea le duc de Bellegarde, alors gouverneur de Bouigoj^e, de lui en faire un rapport *.
L'inscription était en grec, gravée sous le récipient en pierre l'urne, qui était façonné en forme de boisseau. Par suite d'une préo(cupatioD étrange, on crût avoir mis la main sur la sépulture de l'un des souverains pontifes du druidisme, lorsqu'on avait un texte qui indiquait aussi clairement que possible que tes cendres contenues dans l'urne étaient celles d'un grand-prètre de Mithra. Voici ce texte, qu'il n'est pas inutile de rapporter, bien qu'il soit dans le recueil de Gruter*, mais Gruter l'a rendu inexactement, et cependant ce savant eut sous les yeux le monument lui-même, le président de Thou le lui ayant envoyé après en avoir fait l'acquisition ».