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VASE A FIGCRES DE MOUTIERS^DR-SAULX

circonstance a eu Heu la découverte? Que semblaient représenter les bustes? Que sont-ils devenus?

A 1,500 mèjres de ce qu'il appelle le monument de Fouchères, M. Morel dit avoir fouillé un ancien cimetière, où tous les corps avaient été inhumés la face contre terre, la tête prot^^ par une sorte de petite voûte qu'on avait formée au-dessus avec des pierres brutes. H n'a d'ailleurs recueilli aucun objet qui lui permit d'assigner une date à ces inhumations.

Un dipléme de 885, de l'empereur Charles le Gros, confirme à l'église de Toul plusieurs domaines dont l'emplacement n'a pu être encore déterminé. Ce sont : Pociaea villa, Aracharii monasterium, Ckristani moncuterium, Vualhad^villa, Buriaci curtis.

M. Morel revendique toutes ces localités pour le canton de Montier»sur-Saulx, ce qui est trop demander pour une si petite circonscription. On lui accordera volontiers qu'un endroit où il y a des ruines, qu'il a découvert dans la forât de Morley et qui s'appelle la tête de Poney, peut répondi'e à Pociaea villa, mais en lui faisant remarquer qu'il y a un autre lieu appelé Possay, dans le département des Vosges, où les évéques de Tonl fondèrent, au ^f siècle, un monastère de. femmes qui a, sur le lieu détruit de la forêt de Morley, l'avantage de s'être conservé jusqu'aux temps historiques comme propriété de l'église de Toul.

Les autres assimilations que M. Morel cherche à établir ont encore moins de valeur que celle que lui a su^érée Pociaea villa. Il veut que Aracharii mottasterium ait été le nom primitif de Montiers-sur- Saulx. L'histoire ne s'y oppose pas, attendu qu'on ne sait rien sur l'origine de cette ahbaye et que les actes les plus anciens qui la concepient datent seulement du xti* siècle; mais il faudrait plus qu'une simple assertion pour faire admettre qu'elle fut réellement désignée, au ix° siècle, sous le nom â'Aracharius. Quant à Hévilliers et à Biencourt donnés comme équivalents de Vuatkadi villa et de Buriaci curlis, il n'y a pas autre chose à en dire qu'à renvoyer M. More) ans formes anciennes que M. Liénard a consignées, pour ces deux localités d'Hévilliers et de Biencourt, dans le Dictionnaire topograpkxque du département de la Meuse.

M. Temînck est aussi zélé correspondant que chereheur infatigable. Le Comité a reçu de lui deux rapports, depuis le commencement de cette année.

Le premier de ces rapports n'est que l'indication des gisements d'antiquités que M. Terninck a remarqués an cours d'un voyage rapide

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dans l'arrondissement de Saint-Omer, et notamment à Thérouanne. Là s'élevèrent successivement, à une lieue de distance l'une de l'autre, deux cités dont l'emplacement est livré aujourd'hui à la culture : la ville verte, qui fut la ville romaine, et la Thérouanne du moyen âge, détruite en 1553. Les décombres de la cathédrale et des autres grands édirices de cette dernière ont produit des reliefs de terrain d'où la charrue ^t sortir de temps en temps des pierres sculptées et du métal. Il n'est pas d'antiquaire parcourant ces champs de désolation qui ne souhaita de les voir fouiller méthodiquement pour le profit de l'histoire. C'est le voeu que forme M. Terninck en constatant que les brocanteurs sont à l'affût autour du village actuel, et que la plus grande partie de ce qui se trouve s'en va hors du pays.

Le second rapport de notre correspondant a pour objet : 1° des substructions romaines mises à découvert dans une fouille faite à la demilune n' 24 de la fortiCcation d'Arras; 2° des sépultures trouvées dans le faubourjî Saint-Nicolas de la même ville.

Un très beau plan, exécuté par le capitaine Quéroy, du 3» régiment du génie, représente ce qu'on a pu reconnaître des subsfructions cachées sous la demi-lune. Elles forment un ensemble de quinze chambres et de deux portiques en retour d'équerre, montés autrefois sur des colonnes d'ordre toscan de 20 centimètres de module. L'aire des pièces est revêtue d'un béton dont la couleur varie pour chacune. Dans une seule chambre s'ajoute au fond de béton l'ornement d'un grand carreau noir, encastré au milieu, et de fllels, également de couleur noire, qui régnent sur les quatre côtés du carré. Des enduits de couleur avaient garni les parois de toutes les chambres : il y en a même une où l'on a ramassé des fragments annonçant des peintures de feuillage et de personnages.

Quelque chose de plus curieux^ue tout cela est une figure de vieillard, seul débris reconnaissable d'un bas-relief en gypse, qui s'est trouvé écrasé sous une masse de tuiles à rebords et de grosses poteries. Cette pièce, quoique mutilée, a conservé la hauteur de 65 centimètres. Le personnage qu'elle représente est drapé dans un vaste manteau qu'il porte par^dessus une robe à longues manches. De sa main gauche il appuie sur sa poitrine quelque chose qui paraît être une poignée de l'étofTe de son manteau.

Le caractère singulier de cette figure, qui ne se rapporte à aucun des types usuels de l'imagerie classique, échappant à toute description, le mieux est de mettre sous les yeux du lecteur la reproduction d'une photographie, exécutée au sixième de la grandeur de l'objet, qui nous a été envoyée par M. Teminck. Aux critiques qui seraient tentés de

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se récrier sur ce que cet ouvrée» par son style, a l'apparence moderne, il est bon de rappeler que maints produits de la sculpture gallo-romaine semblent appartenir au moyen âge plutôt qu'à l'antiquité:

La même fouille a fourni encore:

Un petit modèle en bronze de la tète d'enfant chauve, joufïla et riant, que l'on trouve si fréquemment en Gaule;

Une ligurine en terre blanche, malhoureureusent fruste (il n'en reste que le torse et le haut des jambes), habillée de ce costume collant qui fait ressembler les Gaulois des premiers temps de la domination romaine aux court-vètus du r^ne de notre Charles V; Le socle d'une figurine, qui était , certainement la déesse-nourrice, car on voit encore le bas du fauteuil d'osier, et au-dessous une inscription que M. Terninck n'a pu déchiffrer, mais que la photographie a reproduite assez nettement pour qu'on lise PISTILLVS On sait que ce nom se trouve à la même place sur nombre de statuettes de la même divinité, et qu'il n'est guère possible d'y voir une indication de fabrique, tant il y a de différence, comme conception et comme travail, dans les pièces ainsi marquées ; Un moule de poterie, de la présence duquel M. Terninck infère que, dans certaines maisons particulières, on fabriquait de la vaisselle, ou du moins certains vases d'un usage commun : conclusion qui me pralt parfaitement légitime;

Des morceaux de verre plats comme du verre à vitre, polis d'un côté el rugueux de l'aulre : circonstance qui a fait juger à M. Terninck que ce verre avait été coulé en plaque et non soufflé. Sur ce point, notre correspondant ne doit point espérer de convaincre tout le monde. On lui objectera que le verre k vitre du moyen âge, qui fut certainement soufflé, est dans le même cas.

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Le caractère de c£s objets, celui des débris céramiques qui les accompagnaient, le type des monnaies recueillies, tout concourt à faire remonter au règne des premiers empereurs romains et classer parmi les riches habitations du temps l'édifice dont les fortiiications d'Ârras recouvrent les ruines.

Passons aux fouilles du faubourg Saint-Nicolas. Dans l'un de mes derniers rapports à la section ', je signalais, d'après les indications de M. Terainck, des antiquités romaines de la belle époque, entre autres an vase de bronze à anse ciselée, qui s'étaient montrées comme à l'improviste dans le cours d'une esploration consacrée à des sépultures de l'époque barbare. Le tombeau d'où sortirent cex objets était situé à proximité du chemin d'Ârras à Hénin-Liétard, qui fUt une voie romaine. Éclairé par cette rencontre, notre correspondant jugea que, suivant l'usage des anciens, la voie elle-ménie avait dû être bordée de tombeaux, et il fit faire en conséquence une suite de sondages sur le bord du chemin. Rien de plus curieux que le résultat de cette exploration. Quatre fois de suite, à la distance exacte de 10 mètres, se présentèrent des fosses pratiquées de la même façon que celle d'où était sorti le vase de bronze j seulement la troisième n'était qu'à l'étal d'ébauche. Elle n'avait été creusée qu'à i mètre de profondeur, tandis que les autres l'étaient à 2; elle ne contenait aucun objet, aucune trace d'inhumation ni de combustion. Évidemment, après avoir été ouverte, elle avait été recomblée sans qu'on s'en fût servi, abandonnée par suite de contestations imprévues ou pour obéir à quelque prescription religieuse. L'intervalle entre cette excavation alHindonnée et l«s autres ne laissait pas que d'être absolument le même que si elle avait reçu son emploi. Après la quatrième, il fut reconnu que la série s'arrêtait à un endroit où apparurent les vestiges d'un fossé creusé, selon toute apparence, pour délimiter l'emplacement de ce groupe de sépultures.

Les quatre fosses qui avaient été employées étaient carrées de forme, mesurant sur côtés de 3i',50 à 4 mètres. Elles avaient leur aire entourée d'une rigole, et contenaient en même temps que des résidus de bûcher, des ossements d'animaux qui n'avaient pas subi l'action du feu, et quantité d'objets de ménage et d'outils propres à diverses industries. L'ordre dans lequel avaient été disposés ces objets n'était le même dans aucune des sépultures. Afin de faire mieux saisir ces différences, M. Teminck a eu la bonne idée de dresser des plans sur lesquels est figurée la place des objets dans chaque tombeau.

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