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430 ANTIOtlITÉS GALLO-KOMAINES d'aRRAS

Les résidus de bûcher, cendres et os humains calcinés, étaient renfermés dans un vase, soit de terre, soit de bronze, ou bien encore dans une boile de bois dont la forme seule restait accusée; ils n'occupaient pas le milieu de la fosse.

En fait d'ossements d'animaux, le rapport signale deux squelettes de chiens, l'un ayant au cou sa chaîne de fer; un squelette entier et une tête de porc, des os de volaille et d'autres ayant appartenu à de très petits quadrupèdes qui remplissaient des vases de terre.

La vaisselle était surtout abondante. Les assiettes se sont reacon- Irées par douzaines; chaque fosse a fourni son vase de bronze ou de cuivre. Dans chacune, des amphores hautes de l'°,20 étaient posées toutes droites dans les encoignures. Elles contenaient une matière solide qui a été reconnue pour avoir été de l'huile. L'un de ces rases portait l'estampille DAJSiV^-

Le milieu de deux des fosses était occupé par un objet dont la définition a fort embarrassé M. Teminck et embarrassera tout le monde. C'est une armature de fer composée de quatre tiges de 44 centimètres de haut, que relient entre elles quatre bandeaux

aussi en fer, l'assemblage formant un carré de 42 centimètres de côfc. Les tiges se terminent par des antennes qui se projettent en dehoi-s, tandis qu'intérieurement il y a un troisième appendice relora-

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ASTIUCITÉS UALLO-HOMAINES d'aRHAS 431

bant en forme de crosse. Des vestiges de bois adhéraient à ces crosses ainsi qu'aux bandeaux d'enchâssement. Notre correspondant ayant envoyé une photographie de cet objet, réduit au huitième, nous ne saurions mieux faire que d'en mettre une reproduction sous les yeux du lecteur.

Comme dans les deux sépultures où s'est rencontrée cette pièce singulière elle était accompagnée d'une paire de forces, et qu'il y avait aussi des objets en os qui m'ont fait l'eflet de babines, l'idée de l'industrie lainière, qui a rendu les Atrébates célèbres dans l'antiquité, s'est présentée à mon esprit. Je me suis demandé si nous n'aurions pas là les attributs d'un pareiH- de drap. A la vérité, je ne vois pas trop à quelle opération de l'apprêt aurait répondu une cage ou un coffre bùti sur pareille carcasse. Je laisse aux praticiens du métier fi décider si la conjecture que je viens de hasarder a quelque fondement.

Un ouvrage de tabletterie, qui consiste en une suite de découpures en os figurant, par leur assemblage, une grecque simple ou frettc crénelée d'un mètre de long, doit avoir été encbilssé dans du bois; mais à quoi pouvait se rattacher une planche décorée de la sorte? M, Teminck n'a pas pu le deviner, ni moi non plus.

La fouille de la dernière fosse a produit les outils du menuisier gallo-romain : un compas, un marteau, une gouge, des ciseaux, une doloire et une pierre à repasser.

Notons encore la rencontre de trois pièces de moyen bronze d'Auguste, d'Agrippa et de Tibère, et celle de deux haches de pierre éclatée, dont la situation ne permettait pas de soupçonner qu'elles appartinssent à un dépôt antérieur. Il est évident que ce sont les monnaies qui donnent la date de la sépulture.

A la question de savoir si ces tombeaux avaient été construits en forme de chambres par l'établissement d'un plancher qui aurait originairement recouvert le dépôt contenu dans chacun, M. Terninck répond que l'inspection attentive de l'état dans lequel se sont présentées les choses, et l'absence de tout vestige de ce plancher qui aurait dû être d'une certaine force, vu l'étendue de l'espace à couvrir, l'autorisent à afûrmer que les objets mis en place furent immédiatement i-ecouverts de terre et la fosse recomblée par-dessus.

11 résulte de là que, à part la différence du creux d'enfouissement, les grandes fosses du cimetière gallo-romain d'Arras présentent la plus grande analogie avec les puits funéraires signalés dans tant d'eiitlraits de la Gaule. Les uns et les autres sont de la même époque ; dans les uns comme dans les autres, c'est la même association d'os-

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432 AHTIQUITÈS GALLO-nOMAINES u'aBRAS

semenls d'animaux avec les restes du défunt, la mënae abondance de poterie, la même variélé d'objets dans la composition du dépftt, avec ce trait commun que les objets semblent indiquer la profession et les goûts de la personne. Une monographie des quatre tombeaux galloromains de Saint-Nicolas, accompagnée de photogravtlres, serait un livre utile pour la connaissance de nos antiquités et ferait bonneur à H. Teminck.

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OBSERVATIONS

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