OUVRAGES DE JULES QUICHERAT
A propos de la découverte de quelques lettres médites de l'abhé l^beuf, Jules Quicherat, qui professait pour cet illustre érudit l'admiration la plus vive, écrivait : « II est du nombre de ces esprits dont les moindres productions méritent d'être conservées. » Ce que Quicherat disait à juste titre du savant qui seul au xviiP siècle sut employer la critique à l'étude des monuments du moyen dge, nous pouvons à notre tour l'appliquer à lui-même. Enti'e beaucoup d'autres, c'est là un ti-ait qui rapproche l'humble prêtre du xviir siècle de l'austère savant qui s'est toujours plu à rappeler les droits de l'ahbé Lebeuf au titre de précui-seur des archéologues de nos jours.
Tous deux, en effet, ont été de ces hommes rares dont tous les écrits méritent d'être lus et médités, tous deux ont marqué au coin de leur originalité toutes les pages sorties de leur plume, et il faut ajouter encore que tous deux sont morts avant d'avoir publié l'ouvrage qui devait résumer leur doctrine et donner complètement la mesure de leur valeur.
Ce n'est pas aux élèves de Quicherat qu'il convient de luppeler ce que valaient la méthode rigoureuse, la critique puissante et la doc-
I. Ce travail bibliographique a été puMiù d'atiord duus la Bililiolkéqitt dt l'École de* Charlti, tome XLIll (1SS2], pp. UI6 360. Eo le reprodiiisaut ici uous y avons ajouta dd assez graatl Dombre d'iodicaliona qui avaient échappé à uoa précédentes recherches ; uiuh, pour éviler toule coorusion, nous avoDs cru utile de conserver A chaque arliclele n" qu'il parlait dans la ('«édilioD de cette bibliographie. Les oddilloDS ont été intercalées el placées sons dea d» bit. Noua noua faisons du devoir de remercier l'un des élèves les plue afTectioDUiis de Quicherat, M. de CunoD, di: l'aide qu'il nous a prêtée pour ce travail eu dépouillant plusieurs recueils et eu particulier le Magaain pitlorttque, dont le» articles Boot anonymes; pour retrouver ce qui uppartlent i. Quicherat, il a dû recourir aux regislres de l'aduiinistralLon, qui les lui a coratuuniquéa avec une parfaite bonne grûcu.
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WBLIOGRAPBIE DES OUVRAGES DE J. QflCHERAT 37
trine lumineuse de leur maitre. Ces qualités mattresses de son enseignement ne se rencontrent pas à un moindre de^é dans ses écrits, et s'il n'a produit que trop peu d'œuvres de longue haleine pour qu'on puisse retrouver dans ses livres l'homme tout entier, il n'est pas téméraire d'aller demander sa méthode, sa critique, et même sa doctrine, aux mémoires, aux articles, voire aux plus courtes notes Auee à sa plume. Il excellait en effet à prendre texte des découvertes, des observations, des publications de documents et des travaux de tous genres pour y chercher les exemples néRessaires à ses démonstrations, en tirer des conclusions, en extraire les éléments qui pouvaient contrôler ou rectifier ses idées. II donnait à tout ce qu'il écrivait le tour dogmatique qui convient à l'enseignement, mais surtout i) ne manquait jamais de ramener à la doctrine chacune des questions qu'il traitait. C'est ainsi que, même dans les nombreux compterrendus qu'il a consacrés, soit & des livres, soit aux travaux des Sociétés savantes, il a toujours fait œuvre de maître et de critique au nens le plus élevé; c'est là ce qui fait l'unité de ses écrits et ce qui conserve à tous une réelle valeur.
Il était à peine besoin de ces considérations pour justilier la publication d'une Bibliographie aussi complète que possible des œuvres lie Jules Quicherat, elles expliqueront du moins pourquoi, au lieu de se borner à indiquer les travaux impartants qu'il a donnés aux recueils auxquels il travaillait, et à mentionner d'une manière générale sa collaboration pour les écrits de moindre étendue, on s'est attaché & consacrer un article spécial à chacune de ses productions. Ce qu'il faut essayer de justilier, c'est l'ordre suivi dans celte longue liste que chacun, suivant ses préférences, aurait voulu voir dresser, soit dans un ordre chronologique, soit dans un ordre méthodique. Après plusieurs essais et mûre réflexion, il a été reconnu que l'un et l'autre étaient moins pratiques et seraient moins commodes qu'il peut sembler au premierabord,et, dans tous les cas, que les indications de provenance, qu'il eût fallu répéter après chaque articlej eussent absorbé beaucoup trop de place. A l'avantage d'économiser la place, le système adopt(> joint celui de montrer à première vue la part de collaboration de Quicherat à chacun des recueils auxquels il a travaillé.
Après i'énumération assez courte de ceux de ses ouvrages qu'il a publiés isolément — et qui ne sont pas tous des livres — nous avons placé le dépouillement des cinq recueils qui ont eu la plus grande part de son activité scientifique : la Bibliothèque de l'École des Charles, la Remte dea sociétés sammtes, ta Revue arckéologique, les publications de la Société des Antiquaires de France et le Magasin pitlorexque.
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Après eux nous avons classé les autres recueils, chronolq^quemenf, d'après la d»le de sa première collaboration à chacun d'eux. Les tirages à part que nous avons connus ont été indiqués bous les article» des recueils d'où ils sont extraits.
Parmi ces travaux, il en est qui sont des ouvrages considérables, et nous citerons comme exemple les catalogues des manuscrits des bibliothèques d'Arras, de Metz et de Charlevillie qui ont paru dans le Catalogue général des mantacriti des bibliothèques des dêparlemenU ; après quelque hésitation, nous n'avons pas cru devoir déroger pour eux à la l'^le que nous nous étions tracée.
Nous avons borné les renvois d'un article à l'autre aux réimpressions, aux comptes rendus des différents volumes d'un même ouvrage ou d'une même Société et à quelques travaux qui sont la suite ou la conséquence les uns des autres.
Nous ne nous dissimulons pas que cette bibliographie, qui aujourd'hui comprend plus de 380 numéros, est un labyrinthe où il ne sera pas toiyours facile de se retrouver. Pour remédier en quelque manière à ce défaut à peu près inévitable, nous avons fait suivi-e notre liste d'un essai de classement méthodique où nous nous sommes efforcé de mettre en relief tes principaux points de Thistoire et de l'archéologie sur lesquels Quicherat avait entrepris de porter la lumière. Nouk croyons qu'en donnant quelque attention à cette table on pourra se rendre compte de la suite constante d'idées qui a présidé à ses travaux si variés, et qu'on comprendra mieux ce que i)ous disions plus haut de la doctrine qui fait l'unité dé l'œuvre scientifique de Jules Quicherat.