‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 174 sur 240 · LA BLE ET LE CHATEAU HALTEKKUILLE A PAIIIS · texte numérisé non relu

LA BLE ET LE CHATEAU HALTEKKUILLE A PAIIIS

se trouve en face d'une fausse tradition d'origine toute l'écente, uû it n'est pas difficile de discerner, comme éléments principaux, une bévue commise au sujet du GrJfon d'Haulefeuille des romans cju'oii a pris pour un pereonnage réel du temps de Philippe-Auguste, et un contresens de Belleforest qui, en s'appropriant le passage de Jean de Venette rapporté ci-dessua, avait traduit par pancarte le mot gesta qui veut cerliiinement dire chanson de geste'.

Les titres de propriété du grand couvent de la me Saint-Jacques nous sont parvenus au complet-. Ils sont aujourd'hui ce qu'ils étaient du temps d'Antoine Mallet. Aucun ne contient la donation ni seulement une mention quelconque du cliùteau de Hautefeuille. Les chartes connues des autres étabhssements du quartier sont dans le même cas, si bien qu'il est de toute vraisemblance que, l'édiâce ayant depuis longtemps disparu, le nom lui-même n'avait plus d'application territoriale au XIII* siècle. Mais il survivait dans la tradition. On pariait de ce terrible château que personne n'avait jamais vu. L'unanimité des Parisiens à juger que les ruines découvertes en 1338 étaient les siennes démontrerait à elle seule la persistance du souvenir. J'en vois une autre preuve non inoins décisive dans la dénomination de la me Hautefeuille, constatée dèsl252. Ici, par conséquent, je dilT&re encore d'opinion avec Jaillot. Non seulement je pense, contrairement A ee critique, que la rue a tiré son nom du château, mais encore je voir' jour A établir sans beaucoup de difficulté qu'il fut un temps où la nie conduisait à l'emplacement du château.

La raison donnée par Jaillot pour rejeter l'origine commune des deux ' noms est que la rue est trop éloignée du point où se montrèrent les ruines, la dislance entre les deux étant au moins de 180 toises. Cent quatre-vingts toises équivalent à 350", 82. L'écart est-il si grand qu'on ne puisse admettre que le nom ail sauté par-dessus? Il y a bien davantage enlro la montagne de Montmartre et la rue qui en purte le nom.

Mais la difficulté fùt-elle insurmontable, comme le veut Jaillot, il reste à se demander de quel endroit il a pris sa mesure de 18U toiser? Or, le compas à la main, on trouve que c'est de la rue de l'École de Médecine, c'est-à-dire du point où la rue Hautefeuille se terminait de son temps et où elle se termine encore aujourd'hui. Cependant il est avéré qu'avant la fondation des Cordeliers, cette rue allait plus loin. Jaillot lui-même le reconnaît. Il confesse i|u'à la fin du siècle dcmiei

Uljatres qui farent supérieurt ou religieux du eouvfnt ^ainl-Jac/uei de Fordir lies Frères Preieheui-s h Paris, 1631.

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