‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 176 sur 240 · LA RUE ET LE CHATEAU HAUTEFEUILLE A PARIS · texte numérisé non relu

LA RUE ET LE CHATEAU HAUTEFEUILLE A PARIS

voudra savoir ce qu'il faut penser de ce château de Hautefeuille pour lequel la critique moderne s'est montrée si dédaigneuse.

A cet égard les rensei^emenfs abondent au point de ne pas laisser la moindre place au doute.

D'abord la suite du récit de Jean de Venette, dont je n'ai cité qu'une partie tout à l'heure, nous éclaire sur l'époque à laquelle appartenaient les constructions déterrées en 1358. Elles étaient maçonnées si fortement qu'on ne parvint pas à les désagréger. Pour les démolir il fellut les casser à l'aide de coins et de maillets de fer qui n'en venaient à bout qu'à grand'peine : circonstance que le chroniqueur explique par ta raison qu'on avait affaire à c un ouvrage des Sarrasins ». C'est l'expression dont il se sert'. Or nous savons que dans la langue du moyen âge œuvre aux Sarranns, murs xarratinoù, voulaient dire les maçonneries romaines parementées de petit appareil et liées avec ce moriier si tenace dont on avait alors perdu le secret. On était donc tombé sur les fondements d'un édifice romain.

Si l'on songe que le travail qui amena la découverte consistait à creuser un fossé de près de vingt mètres de large sur huit de proton* deur, on aïiia une idée de t'imporiance de ces ruines, encore qu'elles n'apparurent que sur un point. Elles s'avançaient jusqu'au milieu de la tranchée, derrière la maison conventuelle des Jacobins. On n'en détruisit que ce qu'il fallait pour la régularité du terrassement, et comme la démolition s'arrêta au talus du fossé, il resta là un témoignage que le massif ee prolongeait sous le sol. Un accident ne tarda point à en mettre à découvert une autre potlion.

L'automne de 1365, extrêmement pluvieux, causa deux éboulements successifs. Sur une longueur de cinquante toises (97™, fê), une masse de ferre cubant plus de 2(X) mètres descendit au fond du fossé. Il fallut procéder au déblai, et ensuite rélargir ce même fossé sur toute l'étendue du front où l'accident s'était produit. Le détail de ces deux opérations nous est connu par le compte de la dépende qu'elles occasionnèrent. M. Léopold Delisle a heureusement retrouvé, sous la couverture d'un manuscrit de la Bibliothèque nationale', et M. Itoberi de Lasteyrie a réédité depuis', ce document qui avait été connu de Sauvai. Il y est spécifié qu'une partie considérable des < forts murs

1. ■ Ut vil a quiboecumque malleis vel etiani iactnimentii ferreie pouet diclnm opuB, ut pote Sarraceolcum, destrui allqnater.iii *el dlMolvi >. Édil. Gérand, I. II, p. 338.

2. Bulletin de la Sociili dei Aulû/uaires de France, anoto 1861, p. 116.

3. Mimoiiti de la SocUti de rhùMre de Parie et de tlle-de-Frence, t. IV, p. 270.

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