LA BUE ET LE CHATEAU HAUTE FEUILLE A PARIS
anx Sarrasins » se montra encore dans le cours de ces travaux, et demanda pour être démolie autant de peine que l'autre partie rencontrée sept ans auparavant.
Voilà donc bien constatée l'existence d'un gros ouvrage de fortiHcalïon romaine, qui s'était étendu au haut de la c6te méridionale ce Luièce, sur le parcours que suivit plus tard le mur de Philippe-Auguste entre les portes Saint-Jacques et Saint-Michel. 11 n'en faut pas davantage pour placer là le quartier Torlifié ou camp permanent {catlra slativa, suivant l'expression d'Ammien MarceUin '), si célèbre dans l'histoire par le mouvement militaire qui éleva Julien à la dignilt, d'Auguste en 360. Le prince habitait en ce moment le palais des Thermes, et le camp en était voisin, si voisin que Zozime, à qui nous devons te récit le plus détaillé de l'événement, dépeint les soldats qui étaient occupés à banqueter, se précipitant vers le palais, la plupart le gobelet a la main, comme si leur festin ne devait éprouver qu'une courte interruption'. Le château de Hautefeuille répond ainsi à la condition de proximité. Il répond de plus à une autre qui n'est pas exprimée dans les auteurs, mais qui résulte de la destination des cagfra atativn. Ces postes avaient pour objet non seulement de tenir des ti-oupes en sûreté, mais aussi de défendre l'accès des villes. Or le château de Hautefeuille, par sa position, couvrait la grande voie méridionale de Lutëce, qui est aujourd'hui la rue Saint- Jacques.
Cependant une opinion différente s'est accréditée au sujet du camp ' romain de Paris. Au dire de tous nos auteurs modernes, Dulaure en tète, il aurait occupé la partie du jardin du Luxembourg que longe aujourd'hui le boulevard Saint-Michel. La raison qu'on en donne est que de nombreuses antiquités romaines furent trouvées en cet endroit au commencement du siècle.
Effectivement, en 1801, loi'S de l'affectation du Luxembourg au Sénat, des travaux de démolition et de nivellement exécutés du cété de la rue d'Enfer mirent à découvert des restes de maçonnerie, des pavements de mosaïque, des ustensiles, drs bijoux, des monnaies consulaires et impériales, enfin tout ce ({ui est de nature à prouver que le lieu avait été habité à l'époque romaine. Grivaud de la Vincelle, présent à ce» découvertes dont il fit plus tard le sujet d'un curieux mémoire*, ne sut pas l'ésisfer à la tentation où succombent