LA RDE ET LE CHATEAU HADTEFECILLE A PARIS 4S
Clos aux bourgeois , comprenait lout ce qui- forme aujourd'hui la partie orienlate du jardin du Luicembourg et le pâté de maisons entre les rues Médicis, Vaugirard et Monsieur-le-Prince, naguère âes Francs-Boui^eois ' .
En histoire on voit comment les choses ont fini ; il est rare qu'on voie comment elles ont commencé. Il n'a été produit Jusqu'ici aucun document d'où l'on puisse inférer à quel moment ni à quelle occasion la hanse parisienne fut investie de la seigneurie d'un donjon au midi de la ville ; à plus forte raison les textes font-ils défaut quant à l'ongive du donjon lui-même. Sur un point comme sur l'autre il n'y a de lumière à firer.que de la conjecture.
Comme le droit de posséder noblement ne fut reconnu aux associations bourgeoises qu'après le triomphe de l'institution communale; il me semble infmiment probable que la tour du Parloir ne fut pas inféodée au corps des marchands avant le déclin du xii* siècle. Peutèlre l'oblinrent-ils par échange de Philippe Auguste , en retour d'autres propriétés qu'il leur avait fallu céder en 1190, lorsque fut bâtie l'enceinte de la rive droite. Les contemporains en effet ont rendu ret hommage à Philippe-Auguste qui, bien qu'il aurait été autorisé par le droit écrit à exproprier purement et simplement ses sujets pour une opération d'ntililé publique, condescendit cependant à compter avec eux et leur donna sur son domaine la compensation de ce (|ii'il leur avait pris *. Dans tous les cas, la précaution avec laquelle cette tour fut enclavée dans la muraille du midi prouve que la hanse avait dessus, dès avant 1211, un droit que la puissance royale se crut tenue de respecter.
Pour ce qui est du donjon, il faut sans doute en reporter le premier établissement à l'époque où la propriété n'eut plus nulle part de sécurité qu'à la condition d'être dans la zone d'une place d'armes. Sa prozimilé de la capitale dut le recommander d'une façon particulière à l'attention des rois, et faire qu'il resta de leur domaine direct tant qu'il eut de l'utilité. Un arbre séculaire que l'on voyait à la porte Saint-Michel en 1290 s'appelait VOrme du roi, et le nom de Clos du
1. Le Boux de Llncy, Beeherehti ntr la grande confrérie Notre-Dame, deai le tome XVII des Mémoiret det Aniiquairet de France. — Bertj, Topographie kiitorique du vieux Parit, région A\\ bourg SaintGermaln, p. ÎSS et Î9Ï. — V07. le plan et annexé.
S. ■ Hln et laudanda juaticid, ticet dejure scrîpto posset propler pablicam regni commodam la alleno ^lDdo mnroB érigera et foeula, ipM tammjurl pnefereDi squitalem, dunoa sua qum per hoc hooilnes iaciirrabant de Smo propiio eoropeaeebBt. » Guillaume le BrelOD, ). c.
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i58 l.\ m-E ET LE CHATEAi: IIArTEFEUILI.E A PAfllS
rot, était celui d'un vaste terrain situé entre )es deux faubourgs Saint- Michel et Saint-Jacques*. N'élaient-ce pas là des indices de l'époque où la tour de ce quartier avait été propriété royale î
Me voici arrivé où j'en voulais venir.
Conformément à ce qui fut, on peut dire, l'usage universel lorsque les fiefs se constituèrent, la position choisie pour la forteresse dont devait relever une partie du coteau méridional de Paris fut l'emplacement d'un de ces postes romains si nombreux en Gaule, que la tradition désignait comme d'anciens repaires de Sarrasins ou de traîtres. Le donjon destiné à défendre la terre du roi, entre les deux abbayes fortifiées de Sainte -Geneviève et de Saint-Germain, fut planté sur le sol qui recouvrait les ruines du légendaire château de Hautefeuille. Le nom de Hautefeuille était un nom sinistre. II fut évité comme appellation d'un donjon royal si voisin du palais qu'il en était presque une dépendance ; maïs l'usage populaire conserva ce nom à l'un des chemins qui conduisaient au donjon. La rue Hautefeuille se trouve être ainsi l'une des plus anciennement dénommées de Paris.
Sa devrais en rester là. On me permettra d'ajouter encore ijuelques mots au sujet d'une seconde méprise de Jaillot sur la rue Hautefeuille, qui ne pourrait pas être relevée plus à propos qu'ici.
Le nom de Hautefeuille n'était point autrefois appliquée à cette me dans toute sa longueur. Elle le portait seulement à partir de la nie Serpente. Plus bas, c'était la rue de la Barre.
Jaillot non content de consigner ce fait qui avait été déjà établi par Sauvai, voulut en donner l'explication '. Il attribua l'origine du nom de la Barre à un propriétaire ainsi appelé qu'il avait trouvé inscrit sur les r^istres terriers de Saint-Germain au commencement du xyi" siècle. Mais il avait échappé à ce savant homme que la rue de la Barre est déjà mentionnée, sous ce nom, dans le Dit des rues de Paris, rédigé au temps de Philippe le Bel.
Il est bien clair d'après cela que le nom ne date pas du règne de Louis XII, et même qu'il n'était pas celui d'un homme, car du temps où fut composéle Dit des rues, c'est-à-dire au xiii" siècle, un nom de fiimille ne désignait les personnes qu'autant qu'il était précédé de leur
. 1. Donation par Jean Arrode, panetier da roi, au couvent de Salnt-Jaeqnn de ■ une porte assise k Parle oultre Petit Pont, laquele est de la partie i» rOunuequI soulolt estre dit l'Ourme du ro7, et est apelée géuéraument quant à prêtent la porte d'EoIer. ■ Juin 1299. Archivea nat., S 4229. — Le Clos du roi est dessiné' sur la partie ettra mumi du plan de l'UnlversltÉ par Berty. 2. Quartier de SnlDt-André-dée-Arts, p. SB.
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L* RUE KT I.R CHATEAU HAUTETEUIU-E A PAHIS 459
prénom. La dénomination de la Barre se rapportait incontestablement â tin de ces barrages ou barrières comme il y en avait dans toutes les viDes du moyen âge et dont l'existence dans d'autres quartiers de ParÎB est uttestée par les noms de rue des Barres, rue Barre-du-Bec, la Barre du Chapitre, etc. t'olijet de ces barrages fut ordinairement de délimiter les juridictions ; il était aussi d'empêcher à volonté la circulation devant les résidences princières, et cela en vertu d'un privil^e si respecté que la barrière, une fois établie, ne pouvait pas rtre arrachée quand même )e maître avait renoncé ostensiblement À on faire usage. On ne reconnaissait qu'au temps le droit de la détruire. Cela explique comment dans des endroits le nom a persisté après que la chose avait entièrement disparu ' .
Je ne saurais dire pour lequel des deux usages avait été originairement établi le bartagequi m'a conduit à cette explication. Il peut avoir marqué l'une des fins de la censive de Saint- Germai n-des -Prés, comme il peut avoir servi de clôture à un passage pratiqué à travers le Jardin du palais des Thermes ; car il ne faut pas oublier ce qu$ Fortunat nous apprend de ce jardin qui, de son temps, s'étendait jusque vers l'église Sainte-Croix aujourd'hui Saint-Germain*; de sorte qu'à moins de faire un long détour, la eoraraunicafion entre le bas et le haut du coteau ne put avoir lieu anciennement qu'en traversant le jardin.
Sans se perdre en suppositions sur des choses qu'il est impossible de savoir at^ourd'hui, tenons-nous-en à ce dernier trait qui complète ce que j'avais à dire de la rue Hautefeuille : le jardin du palais des Thermes, soit avant soit après son démembrement, a fourni le terrain sur lequel elle fut frayée.
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