‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 186 sur 240 · JULES QUICHERAT DÉFENSEUR D'ALAISE · texte numérisé non relu

JULES QUICHERAT DÉFENSEUR D'ALAISE

A propos d'une interpeliation conceroKnl la quesLioa d'Alesia, qui lui éttil arrivée par le canal du Ministère de l'Inalruclion publique, Jules Quîcbertl préludait en ces termes, le 23 février 1809, à une dernière arQrmalkin écrite du système dont il avait embrassé la défense '.

<i On n'i^ore pas, disait-il, que c'est moi qui ai mis à l'ordre du jour U question d'Alesia; que, l'ayant trouvée traitée d'une façon tout i fait neuva et conforme, selon moi, aux données des teites dans un mémoire de M. Delacroix, de Besancon, j'appelai les suffrages du public sur les conclusions de ce mémoire; que ma recommandation, loin d'avoir le succès que j'avtis espéré, souleva une résistance presque universelle; que je fus amené pu '^ à prendre en main la cause de l'Alesia sëquaoaise ; que je l'ai défendue pendant sept ans dans une infinité d'écrits où j'ai discuté sous toutes les formes les témoignages des auteurs et les monuments susceptibles d'apporter quelque lumière; qu'enSn, si j'ai kûssë tomber le débat, ;'a été sans reculer d'une semelle, et en ^rdant ma convicUon, que j'exprime toutes les fois que l'occasion se présente'. »

Quicherat rappelait ainsi, avec autant de fierté que d'exactitude, la P^ considérable qu'il avait prise au plus retentissant débat qu'ait encore engendré la géographie historique. 1! n'avait pas soulevé la question de l'emplacement d'Alesia ; mais il en avait, dès l'origine, rectifié les termes et prisenté au grand public, sous l'autorité de son nom, les arguments favorables à une solution nouvelle.

L'auteur de cette solution, l'architecte Alphonse Delacroix, l'un des foD- (lateurs de la Société d'Émulation du Doubs, s'était improvisé arcbéologue par le fait d'une iUumination soudaine de son esprit puissamment imagiiulif

1. Revue dei SocitUt lavanit», «• série, l. X, 1869, i' somettri', p. Ii2(.

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et génëmlisateur. Dans ses courseB, le plus souvent pédestres, à travers la région moittagneuBe de U Franc hâ-Comlê, il BvaiL rencontré un plateau en forme de trapèze, taillé à pic sur trois de ses faces et bordé sur la quatrième par une vallée relativement plane : deux cours d'eau baignent les pieds de ce massif et se rejoignent vers l'un de ses angles. Un village qui se nomme Aluse occupe le centre du plateau : il est environné des vestiges d'un oppidum ou place de guerre du temps de la Gaule indépendante. Sur tout le pourtour du massif d'Alaise, les sépultures gauloises étaient semées en si grand nombre, qu'il paraissait difficile de ne pas les considérer comme résultant de grands combats livrés pour l'attaque ou la défense de l'oppidum; plusieurs appellations top ograp biques, très signiflcatives, semblaient Jes écbos de cette lutte sanglante. Ajoutons que quelques documents du moyen Sge donnent au village d'Alaise le nom à'Aksia.

Or Alesia, la place de guerre dont le siège par Jules César fut considéré comme le principal exploit de ce grand capitaine, Alesia, dis-je, était un oppidum du pays des Manditbii, peuplade ayant un nom qui fait songer au fleuve Dubis, le Doubs, principal cours d'eau de la région où ae trouve le massif d'Alaise. Bien plus. César avait adirmé qu'il se dirigeait vers la 5équanie et atteignait la frontière qui était commune à ce pays et &. celui des Lingons, quand Vercingétoriz, ayant essayé de lui barrer le cbemin, fut battu par l'armée romaine et contraint de se réfugier dans l'oppidum d'Alesia. Ce combat, qui ne précéda que d'un jour et demi le début de l'investissement d'Alesia, avait eu lieu, suivant Plutarque el Dion Casaius, dans le pays même des Séquanes. Et quand la reddition d'Alesia eut livré Vercingétoriz à son implacable vainqueur, celui-ci alla prendre eea quartiers d'hiver dans le pays des Edues. Alesia était donc ailleurs que chez les Edues; ai comme dans le récit des opérations militaires qui précédèrent le mémorable siège, il n'est question que du pays des Séquanes el du territoire des Mandubes, on comprend l'impression produite sur un esprit prompt k concevoir par la révélation de l'esislence en Séquanie, au milieu des affluents du Doubs, d'un oppidum gaulois, environné d'innombrables tertres funéraires, ayant porté le nom d'Alesia et concordant, quant aux traits essentiels de sa topographie, avec la description trop sommaire que César a laissée de la place forte si vaillamment défendue contre ses attaques par Vercingétoriz.

Jusqu'alors personne n'avait sérieusement contesté les titres du Mont-Auzois & représenter l' Alesia des Commentaires de César. Ce n'est pas que l'application du récit historique à ce terrain se fût faite sans rencontrer des difficultés nombreuses ; il pouvait même sembler que l'attribution avait été surtout respectée parce que l'on manquait d'une solution k lui opposer. En effet, la bourgade gallo-romaine située sur le Mont-Auiois est appelée^A/ùia, et non Aleiia, dans plusieurs inscriptions gallo-romaines. Cette localité appartenait au territoire des Edues, celui précisément dans lequel César semblait dire qu'Alesia n'était pas, puisqu'il eut à s'y traneporter après la reddition de cette place. Si l'on objecte qu'Alesia était spécialement l'oppidum de la subdivision territoriale des Mandubes, il restera toujours la diRiculté de loger

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470 QUESTtoK d'alesta

ceuX'Ci sur les bords de la Brenne, concurremment avec les Brannovei c'

les Aulerees-Brannovices, qui sont indiqués par César comme clients de* Edues et qui paraissent devoir leurs noms au principal cours d'eau "* l'Auïois.L'eïiguitédu monticule d'Alise, dont la superDcie n'est guère q" "^ cinquième de celle du massif d'Alaise, démenlirait les assertions de Césa'"^,sujet du nombre d'hommes qu'il dit avoir assiégés dans Alesia. L.e P^«^/j tour de cette place est dépeint par César comme un sol pourvu d'aCci^K nombreux et variés : prierupta loca, catnpestres loci, abrupla loea, rf^ ^/]f ioct, planUies intermissa coUibus, qualilications dont l'ensemble ne f^'^ guère convenir aux pentes relativement douces et aux prairies généra.lenieBi planes -qui environnent le Mont-Auxoîs. De plus, celle hauteur est fort en dehors d'un itinéraire qui aurait eu la frontière des Lingons et des Séquanea comme point de départ, la Séquanie comme pays à parcourir et la Province romaine comme but à atteindre : c'était pourtant la ligne de marche que César commençait à accomplir lorsque Vercingèlorix se Ht battre en essayanl de lui couper cette roule. Pour que le Mont-Auiois représente la place forte d'Alesia, il faut admettre que le premier échec de Vercingéloriï a entraîné une déviation dans l'itinéfaire de l'armée romaine, circonstance que ies Commentaires n'indiquent pas; il faut aussi que César ait énormément exagéré les proportions de l'éJÉnemenl qui lui livrait le héros de la défense nationale des Gaules r aussi Napoléon I" avait-il élé frappé de la disproportion du Mont-Auxois avec l'importance historique du siège d'Alesia. « Mais est-il vrai, écrivait-il, que Vercingétorijc se soit enfermé avec quatre-vingt mille hommes dans la ville (le Mont-Auxois) qui est d'une médiocre éUnduc^»

La plupart de ces arguments furent mis en ligne par Jules Quicheral àaTia un article de VAfhenwum français, qui portait !a date du 10 mai 1^6 eV, avait pour objet de faire connaitre, quelques semaines après sa pubUcaViQn, le mémoire qu'Alphonse Delacroix intitulait : Découverte d'Alesia.

Ce mémoire était bien plus un tableau d'artiste qu'une dissertation d'értidit. Comme l'abbé Bullet, son compatriote de l'autre siècle, Delacroix avait ccnçu tout un système d'interprétation des lieux dits. La plupart de ceu* ^" W' d'Alaise résultant, suivant lui, des événements du siège d'Alesia, il ^^^ ■™ préBcntés comme une sorte de narration patoise des incidents de cette granae lutte.

Quicherat fut très loin, sans doute, de recommander en principe ^^^f- 'îl^' nieux moyen de suppléer à l'insuffisance des récits historiques; tn»'* '/" lui déplut pas que la légende populaire eût été associée, dans un« *^ '" mesure, à un ensemble de preuves tirées des relations du terrain *^^ textes. Lui-même, quatre années auparavant, ne s'était-il pas apP"? . l'inlerpré talion de quelques noms de lieux et sur l'origine d'une P""**"^. générale présum(?e d'origine payenne, pour « transporter de Grenelle » "^ sur-Seine le lieu de la bataille entre Labiénus et les Parisiens? ' •' *^'"'

i. Du litu de la batiitle entre l^iiéntu et les Faritieru. Vov. p'"* "" ' pp. 207-343.

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bataille, dont le gain permit à L&biénus d'opérer sa jonclion avec César, avait été en quelque sorte le prélude du eiége d'Alesis. Dès lors, il put sembler à QuJcherat qu'il avait, dès 1852, écrit la préface du mémoire d'Alphonse Delacroix, et ainsi s'expliquerait l'adhésion immédiate qu'on le vil dunner à la plupart des hardiesses du novateur bisontin. » Personne, écrivait-il, ne renversera nos conclusionB : oui, l'Alesia de César est l'Alaise de M. Delacroix. «

La question d'Alesîa était posée : on sait le chemin qu'elle fit dans les deux mondes. Alors, en France, la politique était au calme plat, et aucune complication ne semblait menacer d'une façon immédiate la paix européenne : la question d'Aleaia fut donc aisément à l'ordre du jour de la curiosité publique, et elle eut la rare fortune de s'y munlenir pendant une assez longue période. La lutte fut extrêmement vive ; d'abord entre Bourgiiignons et Franc-Comtois, puis entre militaires et professeurs, inwdemment même entre conaervateurs et libéraux'; certaines répliques furent èmaillëes de gros mots, mais il y en eut aussi de par&itement dignes. Comme il arrive d'ordinaire dans noire France si profondément gauloise, la solution nouvelle eut les premières faveurs de l'opinion. A la suite d'un important mémoire dans lequel Quicherat rétorquait tous les argumente invoqués par les défenseurs de la cause bourguignonne*, on put croire qu'Alaise était défioitivement triomphante. Obéissant à ce sentiment, l'helléniste Cari Millier n'hésita pas & rectiRer, dans l'atlas joint à son édition de Slrabon, ce qu'il avait dit, dans Vlndex de ce même ouvrage, au sujet de l'emplacement des Mandubii et d'AIesia ' : sa quatrième carte géographique place Alesia sur le massif d'Alaise.

Mais ce n'avait été qu'une éclaircie au milieu de l'orage. Le plus acerbe des factums dirigés contre Alaise obtint une seconde médaille dans le concours des antiquités de la France de 1857 : il n'en fallut pas davantage pour foire croire que l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, qui fournit les juges de ce concours, avait solennellement condamné la solution franccomtoïse du problème d'AIesia. Pour détruire l'efTet de cette interprétation, Quicherat se hûta de mettre au jour sa Conclusion pour Alaite dans la question d'AIesia : il y monlrut que l'auteur du factum couronné s'était étrangement mépris en afSnnant qu'aucun témoignage archéologique ne pouTTut jamais être invoqué par les défenseurs d'Alaise. Quicherat venait de parcourir toute la partie de la Franche-Comté mise en cause dans !e débat, et il y avait rencontré, conformément t ce que son application du texte au terrain faisait prévoir, ici un sillon de route gauloise, là des groupes imposants de sépultures de la même époque, le tout accompagné de désignations topographiques et de traditions se rapportant aux guerres de l'antiquité.

1. Plus de ctoquonta écrivains français prirent part k la lotte,

2. L'Ateiia de César rendue à la Franeh'r-Comté, 1B51, io-S°. — Une reproduction de ce mémoire vient à la suite du présent exposé.

3. Stroboni», Geographka; PnrlBiis, DiJot ■- labularum prxfa'Jo, p. vr.

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472 oxiESTioN d'alesia

CeB rëvËlalions ne passârenL point inaperçues : leur influence aurait été cinsidérable si, au moment où elles venaient de se produire, la publication d'une étude nouvelle du problème d'Alesia n'eût ajouté uo imposanl suffrage i ceux qui recommandaient déjà la Bolulion bourguignonne. L'auteur avait gardé l'anonyme; mais son ouvrage trahissait le bibliophile délical, le inilitûre érudit et expérimenté, l'écrivain toujours réfléchi et souvent éloquent dont la Revue des deux mondes avait publié déjà plusieurs belles études sur les instJLutions militaires de la France. M. le duc d'Aumale (car c'était lui) avait eu le bon gobl d'associer une réserve & ses conclusionB : si le massif d'Alaise, que l'on dissJt couvert de débris, allait livrer quelque document décisif, le prince ne demanderait pas mieux que de réformer son reûsonnement *. C'était nous provoquer gracieusement à entreprendre des fouilles.

Uo mois à peine s'était écoulé depuis la publication faite par la Revue du deuaimonifu, qu'une commission de la Société d'Émulation du Doubi préludait aux fouilles d'Alaise, en faisant ouvrir deux des importants tutnuiiu du massif : dans l'un était un cbef gaulois avec ses armes et son chariot de ttataille ; dans l'autre, une inhumation gauloise se trouvait associée & un dépAt cinéraire daté par des monnaies romaines du ti* siècle de notre ère. Donc Alaise avait servi de domicile à des guerriers gaulois, et son vaste plateau fusait vivre encore des habitants à l'époque gallo-romaine. Au moyen d'une souscription publique à laquelle plusieurs érudita d'un haut mérite voulurent bien contribuer, les délégués de la Sociét'i d'Émulation du Doubs, et Quicherst à leur tête, purent conduire, entre les années 1858 et 1864, cinq nouvelles campagnes de fouilles, tant à Alaise et sur son pourtour que dans le lieu présumé de la bataille qui précéda l'investissement d'Alesia. Quicberal avait confié à l'un ds ses anciens élèves ie soin de dresser les procès-verbaux des fouilles *; mais il s'était réservé la rédaction des premiers bulletins de chaque

1. Aletia, étude lui- la uptième campagne de César en Gaule : extrait de U Revue dei deux Monde*, livraison du 1" mal 1858. — En déclinant modesUment, • trop modestement peut-être », toute compétence quant à ■ la dlscassion archéologique ■ du problème d'Alesia, M. le duc d'Aumale reconnaisuit & son savant adverBaire le droit d'eisajer encore de le conToincre. La réplique de Jules Qnicherat tut aussi courtoise que l'avait été la provocation : elle paroi dans la Revue archéologique, le IS juin 1858, e'est-a-dire six semaines apréi la publication par la Rteue det deux Monde) de l'Étude lur la teptiime compagnede César en Gaule,

2. Voici les titres de ces procès-verbaux : Let Tombelles eeltiques du mattif d'Ataite (1858); Le* TombtUet celtiques et romaine» d'Ataite (1B39J; Le* Toutbette* et le* ruine* du miutif et du pourtour d'A laite {1660); Le* Veetige* du *iige d'AUtia (ISSl); La camp*, let tombelte* et le* villa* du pourtour d'Alaise (18G2); Les champ* de bataille et les monument* du culte druidique au pagi d'Âlaùe IIK3); le* préliminaire* du riige d'Alesia l^iSei):Kpl rapports faits tu nom de la commission des fouilles d'Alaise, par Auguste Castan, publié) en partie dans la Revue archéologique et en totalité dans les Mémoire* de la Société cCÈmulaiion du Doub*.

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trouraille importante ', et il les opposait victorieuseinent an prophète de malbeur qui avait écrit que nous n'avions pas h même une fibule romaine n à l'appui de notre Alaise,

Cependant l'empereur Napoléon IH n'avait pu rester indifférent à l'entrée en scène du plua courtois des adversaires d'Alaise ; il se souvint, à ce propos, que des travaux du mâme genre avait jadis charmé les loisirs de la captivité da Louis Bonaparte; lui aussi voulut sacriSer à la mode du jour en se fusant l'historien et nécessairement l'apologisle de César*. Les défenseurs du Mont-Auiois avaient plus d'un des leurs dans l'entourage du monarque : aussi D'eurent-ils pas besoin de recourir à une souscription publique pour créer le budgel de grandes fouilles à opposer jL celles d'Alaise. Ces fouilles eurent lieu de 1860 h 1865 : elles embrassèrent tout le pourtour du Mont-Auxois et furent spécialement consacrées à la recherche des travaux du siège raconté dans les Commentaires. Une conlrevallation et une circonvallalion continues, composées chacune d'un double fossé, furent nettement constatées autour du Monl-Auiois. Ces deui couronnes ne répondaient exactement, ni par les dimensions de leur circuit, ni par la profondeur des fossés qui les constituaient, aux chiffres énoncés dans le récit de César; mais la certitude était acquise que le Mont-Auxois avait été l'objet d'un sië^ conforme quant aux principes, mais inférieur quant aux proportions, à celui que les CommeiUaires décrivent. La question fut considérée par le plus grand nombre des érudits comme résolue dans le sens d'Alise, et une statue colossale de Verclngétorix, érigée sur le Mont-Auxois, consacra officiellement le triomphe de la cause bourguignonne.

Les partisans d'Alaise n'auraient pas eu les ressources nécessaires pour répliquer par de grandes fouilles à celte condamnation de leur doctrine. Force avait été pour eux de se borner è ouvrir les sépultures du pourtour de leur oppidum et à pratiquer quelques sondages, un peu au hasard, sur les points présumabtes du passage des lignes d'investissement. Cinq pieux de chêne, reliés par des fascines, furent constatés sous le sol, en un endroit qui eût été certainement disputé durant un siège. Qiiicherat désirait vivement les moyens d'opérer à Alaise des recherches plus amples: aussi ne cessa-t-il de prolester contre l'emploi exclusif que l'on avait fait des largesses impériales. La cause d'Alaise lui sembla dés lors avoir été sacriQée au souci de la conservation des idées routinières, et les écrits qu'il lit ultérieurement pour défendre celte cause se ressentirent un peu de la préoccupation chagrine dont il était parfois obsédé '.

1. Bulletin de la Socii lé dt3 àniiquairet de France, ».anéea 1B5S, 1S59 et 1S60.

3. Huit jonrs avant la publication dans la Revue des deux monde» de l'écrit du duc d'Anmale, le Moaitew universel annonçait l'entreprise, par ordre de l'Empereur , d'uo grand travail d'ensemble sur la topograptile des Gaules (22 avril 1838). Ce fut le premier pas du monarque dans la voie des recherches qui préparèrent la composition de la Vie de Citar.

3, Voir Alahe défendue avec le miniilére de l'huissier, faisant parlio de la

474 QUESTION d'alesia

Quicherat n'a janiRiB regretté le lemps el la peine que lui coûta son rOle dans la question d'Alesia. Il avait certainement conscience des'âtre moairé, dans leE diverses phases de ce débat, écrivain vigoureux, critique délié et polëmiste habile. Il n'i^orait pas non plus que son intervention ei loDgtemps active avait agrandi considérablement les proportions de la lutte : or comme il est notoire que la question d'Alesia, par son retentissemeiil immense, a remis en faveur les études concernant les origines natlonaleB de la France, Quicherat était trop patriote et trop artiste pour demeurer inieasible à rhoaneur d'avoir été la principale cause d'un tel résultat.

AuouBTB Castan,

Corropoodaiil ■!« l'IntMot.

Besanfon, le 13 janvier 1883.

— P. S. Aucun intérêt Ecienliflqu» ne pouvant motiver désormais le réveil du débat entre Aluse et Alise, nous ne jugeons pas utile de reproduire tout ce qui est sorti de la plume de Jules Quicherat au cours de cette longue polémique. On trouvera d'ailleurs, dans la Bibliographie des travaux dn maître, une énumération fidèle de cette catégorie de ses écrits, dosl plusieurs n'avaient qu'un intérêt de circonstance. De cet ensemble nous réimprimons seulement les morceaux qui nous ont semblé particulièrement aptes & caractériser la talent supérieur que possédait Jules Quicherat pour exposer avec clarté, disserter avec méthode et déduire avec la verre d'un bri^ lant logicien.

brochure intitulée : La quetUon d'AletIa dont te JfoniVno- de tarmU; 1 çon, 1862, io-S".

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