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Cap. 6S

3. « Cœiar, impedimentis la prozimum collem deduetis duabatquB leglonibuH prœaidio relictU, aecutue, elc. ■ Cap. 6B.

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DANS L& QUESTION d'alESU SIS

l'emplacement d'une villa détruite, dont un dicton du pays nous a seul conservé le souvenir et le nom : a Routelle, route du Doubs, ville d'Anguin, prés du rang de Belin. i On dit t route du Doubs, » parce que là existait l'un des gués si rares dans cette rivière profonde et dangereuse. Il avait une étendue de trois cents mètres et se trouvait au débouché d'un vallon contenu entre la côte ou le rang de Belin, et une autre côte parallèle, dite le Bois d'Ambres. Il était dominé sur l'autre rive par l'une des extrémités de la colline sous laquelle régnent les fameuses grottes d'Osselle. Il fut détruit il y a quelques années, lors des travaux de la canalisation du Doubs. Le bois d'Ambres cache les vestiges de ta route par où on arrivait au gué. Dans le vallon qui le côtoie, des fers de chevaux et de mulets ont été trouvés en grand nombre.

Avec M. Delacroix, je trouve là de quoi préciser des choses qui sont vaguement énoncées dans le texte.

César dit qu'après s'être débarrassé de son bagage, il continua sa poursuite aussi longtemps que le lui permit la durée du jour, et qu'il tua trois mille hommes de l'arrière-garde ennemie'.

La mort de trois mille hommes implique un engagement d'une cerlaine durée; un pareil engagement n'a été possible qu'à cause d'une halte des Gaulois ; le passage du Doubs explique cette halte, et enlin les débris d'animaux marquent le lieu du carnage.

D'autre part, la durée du jour n'a pas pu permettre aux Romains de s'avancer plus loin que le lieu de ce dernier exploit. Le point d'où ils étaient partis le matin est séparé de la vallée du Doubs par une distance d« trente-deux kilomètres. Ils avaient fait une partie de ces tremte-deux kilomètres à marche forcée ; mais aussi le combat de cavalerie les avait arrêtés un certain temps. On était alors en été, au plus tard dans le moment de cette saison où il y a encore quinze heures ■ de jour. Les quinze heures, suffisamment remplies par tout ce que je viens de dire, forcent de placer sur la rive droite du Doubs le second campement de César en Séquanie.

Reste-t-il des vestiges de ce campement t Se n'ai rien pu constater de certain à cet égard. On m'a parlé d'un hameau de Candard au bout de la côte d'Ambres, qui se serait aussi écrit Camp cCAr; ou m'a montré plusieurs camps sur le territoire d'Osselle, mais petits et qui me paraissent avoir servi plutôt pour la défense du pays à l'époque des invasions. Tenons-nous en au résultat fourni par les déducUons qui se tirent du texte.

J. Cap. 68.

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316 CONCLVSIOS POUR ALAISE

Nous ne savons plus rien, ni n'avons ta possibilité de conjeclurer quoi que ce soit jusqu'à l'anivée de César devant Alesia, qui eut lieu le lendemain.

De Itoutelle pour arriver en vue d'Alaise, il y a vingt kilomètres. D'abord on traverse les collines qui séparent la vallée du Doubs de celle de la Loue. Le chemin devient plus fatigant parce que les élévations augmentent ; mais les escarpements sont encore esceptioDnels. Sur une petite partie de sa longueur, ce chemin se confond avec une voie romaine qu'on appelle la Lenée de Jules César.

La Loue, dans la région où on l'aborde, ne présente aucune difficulté pour le passage. Son eau est peu profonde, sa vallée large et d^gée. Les pentes qui se présentent au delà, quoique appartenante ce qu'on peut déjà appeler des montagnes, n'ont rien qui soit capable d'arrêter la marche de l'armée même la plus nombreuse. Après avoir franchi deux rangs, dont les montées sont à peine sensibles à cause de leur extrême prolongement, on arrive au sommet, en exêcutanl une ascension plus marquée, par un col qui s'appelle Bras. Il y a un dicton sur ce passage : c Au delà de Bras, ne te frotte pas. » C'est l'annonce de quelque chose de redoutable.

En effet, une région qui ne ressemlile à rien do ce qu'on a renconti'é jusqu'alors ne tarde pas k se dérouler sous les yeux. Les chaines qui se suivaient auparavant dans une direction parallèle, sembleol s'être nouées, et l'espace circonscrit de tous les cêtés forme une vaste enceinte d'oii l'on ne devine pas qu'il soit possible de sortir. L'aspecl est celui d'un théâtre immense. Du sud au nord s'arrondit, dans le sens du levant, un pourtour de pentes roides et en parties dénudées. Le bas, qui répondrait au parterre, se relève du cété de la scène représentée par une puissante chaîne de montagnes. Celle-ci ferme en ligne droite le côté occidental. A ses pieds r^ne une vallée profonde, largement ouverte à la hauteur des cimes, étroite par le bas, étranglée à son extrémité méridionale, où elle s'adapte à deux défilés, l'un à droite, l'autre à gauche. Le délllé de gauche est la Languetine, dont j'ai parlé précédemment ; l'autre est le passage par où s'intnduil dans la vallée une petite rivière pleine d'accidents, nommée le TWeure. Vainement on a nié l'existence de ce nom ' ; il est sur la carte de Cassini et dans la bouche des habitants.

Le Tôdeure, après avoir parcouru la vallée dans toute sa longueur, tombe dans une autre rivière, qui est le Lison.

1. Alaise, Alise, ni fune ni l'autre ne peut être Alesia, par M, Victor Hb»Ulont, page 26.

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DAKS LA QITESTIO?! d'aLESI^ 5i7

Le Lison mérite une mention à part. Sa source, qui n'es! pas loin de là, passe avec raison pour l'une des belles choses qu'on puisse voir. H sort tout fait d'une (j^rotte qu'on dirait être un palais de fées. A l'endroit où il reçoit le Tôdeure, il apparaît comme à l'improviste, à l'issue d'un vallon étroit, qui est lui-même le débouché d'une brèche formidable pratiquée entre les roches calcaires dont le sol est formé. Au fond de cet abîme, entre deux murs à pic de cent et cent cinquante mètres de haut, s'opère presque tout le parcours de la mystérieuse rivière. Elle suit tantôt de plus loin, tantât de plus près, le pourtour qui borne la vue au levant. Avant d'avoir reconnu te pays, on ne soupçonnerait pas le chemin qu'elle suit. Aux yeux de celui qui regarde des hauteurs, la brèche ne se trahit que par quelques échappées de crêtes blanches qui scintillent entre la verdure des bois dont est couverte la presque totalité du bassin.

Le Lison, la vallée du Tédeure et la Languetine, avec les murs infranchissables d'une autre gorge qui s'adapte à celle-ci, délimitent un espace en forme de trapèze et de quatre lieues de pourtour, qui est le massif d'Alaise. Nulle part la nature n'a préparé un lieu plus propre à la défense, car on n'y aborde que par six montées, dont une seule a pu être un grand passage. Même en l'alisence de tout vestige d'antiquité, on affirmerait que les hommes des temps primitifs ont dCt faire de ce lieu un asile. De vagues souvenirs qui sont restés dans la mémoire des habitants, tes noms des lieux-dits, des traces de terrassements et des restes de constructions en pierres sèches, attestent que (elle a été réellement la destination du massif.

Naguère les gens d'Alaise ne cessaient d'interrc^er les voyageurs sur ce qui s'était passé anciennement dans leur village. Ils avaient l'idée d'une grande catastrophe arrivée dans un temps où Alaise était une ville considérable ; et c'est cette curiosité qui a poussé M. Delacroix à rapprocher Alaise de l'Alesia de César. A présent qu'ils sont instruits, ils ne questionnent plus comme autrefois, mais ils ont encore des locutions qui attestent à leur insu leur importance dans un autre temps.

A la source du Lison est le village de Nans, le plus fréquenté du pays. En y arrivant, la première parole que je recueillis fut celle d'un habitant du massif, qui disait à un autre : « Viens-t'en à la cité. » C'est toujours comme cela qu'à Sarraz, hameau dépendant d'Alaise, on désigne ta commune par rapport aux villages environnants.

Voilà pour la tradition.

J)éjk à quatre reprises on a énuméré les dénominations décisives, on a signalé les monuments incontestables d'où il résulte que la tradi-

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518 conriusio::» pour alaise

tion ne se trompe pas '. A la face de l'incrédulité qui se moque el qui dénie, je redirai tout cela une cinquième fois, en y ajoutant plus d'un trait nouveau.

Le massif se termine au nord par trois promontoires qui s'avancent parallèlement au-dessus du Lison. L'un, qui s'appelle Mouniot ou les Moiiniots, nous rend en patois la dénomination munitoritnn (lieu couvert de fortifications), qui existe dans la basse latinité. L'autre est dit les Chàteleys, et se prononce avec un incroyable prolongement de la dernière syllatte, qui me fait reconnaître dans son nom une corruplion toute franc-comtoise du mot châtelar ou ckâlelier {castellare en lalio), qui partout enFrancedésigneleslieus couverts de ruines. La dénomina. tioudu troisième, qui est Chàtaillon {easteUio), s'explique d'ell&-méme.

Mouniot est le plus élevé des trois; il couvre les deux autres, el forme un rempart de deux kilomètres de long sur la vallée du Tédeure. Sa pente sur cette vallée a été interrompue vers la cime par un fossé qui n'a pas moins de vingt-cinq mètres de large sur sept ou huit de profondeur. On reste saisi d'élonnement lorsqu'on aperçoit de loin sur te proËl de la montagne cette brèche énorme qu'on dirait taillée par la main des géants.

Les Chdteleys sont couverts de mttrgers, d'entassements de pierres apportées d'un autre endroit, qui sont trop nombreux et en masses trop considérables pour avoir jamais servi de délimitations de champs sur un sol où la terre labourable est rare. Ils ne peuvent être que les ruines d'anciennes constructions. Une de ces constructions subsiste d'ailleurs à la pointe du promontoire. C'est une enceinte ronde comme la base d'une tour, du genre de celles qu'on appelle cabordes dans le pays, et qui nous montre l'appui inférieur de l'habitation ronde du Gaulois décrite pai- Strabon '.

Chfllaillon, au point où il se d^age tout à lait du massif, est fermé en travers par une puissante muraille percée d'une ouverture qui a servi de porte. De tous les côtés d'étroites voies empierrées se proloi^ent et se coupent sous les fourrés épais dont cette partie est couverte. Les cabordes y abondent aussi ; elles sont si nombreuses qu'on ne tes a point encore comptées. Quelques-unes s'élèvent encore à la hauteur d'un mètre.

I. Voir Altija par A. Delacroix, les lettres de M. l.éoa Robert dam VAbeitlr furatsienne des 10 et 13 nov. 1856, Aleiia, Alaise Seguane, Alite en Auxaif, par Cb. ToublD, BGMa;oD, ISSI, iii-12 et Lellre à U. Renan lur rAlaiadr César, par E. Desjardins. (R«u. de Clnstraclion publique, I" et 3 septembre IS57).

!. •■ Tou( !' o(xo«( tt ffavîêwï la'i ïippuv ï^oviat (UTÔiwf, ftoloeiSrtc, opo?»» Mlùï è«i«oû:,ovrtç. ■ Lib, IV.

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