EXAMEN DES ARMES TROUVÉES A ALISE-SAINTE-BEINE
j'aborde le chapitre des fers de lance et des tames d'épées. On va voir que l'attribution archéologique donnée à ces divers objets n'est pas plus soutenabte que celle dont je viens de montrer le défaut; on va voir aussi que ces mêmes objets n'appartiennent pas à une époque différente des précédents.
Relativement aux fers de lance, U. de Heffye dirige d'abord ses regards sur les ouvrages en bronze du même genre qui proviennent des tumulus celtiques, et il lui semble que les pièces analogues produites par les fouilles d'Alise en sont des copies si parf^iites, qu'elles doivent être de la période où le travail du fer succéda à celui du bronze. Il lui semble'encore que les armes trouvées dans les monuments des VII* et viu' siècles de notre, ère ont perdu l'élégance de ces premières copies en fer des objets de l'âge de bronze, qu'au V* siècle on ne fabriquait plus d'armes de ce genre, que les tombes franques n'en offrent pas de traces.
Cependant tous les fers de lance qu'il montre à l'appui de cette assertion ont leurs semblables fournis par les tombeaux des v* et VI* siècles. Je le renvoie aux mêmes auteurs que je citais tout à l'heure, à l'abbé Cochet*, à M. Baudot* à M. Lindenschmit *. J'appelle surtout son attention sur la figure 2 de notre planche, qui reproduit, d'après les Antiquités de V Allemagne païenne *. le dessin d'une lance trouvée à Ulm dans un tombeau de l'époque franque. Non seulement cette pièce présente les difQcultés de foi^ dont M. de Retfye croit qu'on n'aurait pas su se tirer à l'époque franque, mais encore les lames sont damasquinées en or et en argent avec un goût exquis, et la forme générale est celle des lances de bronze du galbé le plus pur. Cette preuve de l'habileté des armuriers mérovingiens, administrée par l'érudit allemand dans lequel M. de Reffye a mis toute sa confiance, aura, je l'espère, le pouvoir de le convaincre.
Il y a dans la collection qu'il exhibe d'autres fers de lance bien autrement caractéristiques que ceux auquels je viens de faire allu- . sÎMi ; de ces types qui s'éloignent de la forme généralement adoptée par tous les peuples de l'antiquité, et dont il semble que l'étrangelë eût dû servir de point de départ pour la recherche d'attribution : par exemple des fers profilés sur leurs tranchants en courbes et contrecourbes (PI. VIII, fig. 3., D et E), puis d'autres fers munis d'un double crochet d'arrêt k la partie supérieure de leur douille (Gg. i, S).
\. Tombtau de CkUdérie, p. 11! et «olv.