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AU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES COMMUNICATION DE M. AMÉ

RELATIVE AUX MENHIRS DE LA MONTAGNE DE FAILLITOL {Heuut dM Société! ^avanta, 1868. — Blbliogr., c" 145 /ni.)

MalgM des hypothèses à perte de vue, on n'est pas encore parvenu à expliquer )es alignemenis de pierres qui ont fait la célébrité de Camac. C'est un monument qui se rapporte à des usaj^es dont la notion nous fait absolument défaut. Il faut renoncer à l'interpréter d'une manière plausible avec le secours de nos réminiscences. S'il y a espoir de pénétrer jamais le mystère, ce n'est que par l'observation archéolo^que qu'on y sera conduit. Il importe donc de si^aler tout ce qui se présente avec un air de ressemblance sur d'auties points de notre territoire.

La communication de M. Amé a pour objet un monument de la commune de Thiézac (Canlal) qui est certainement à rapprocher de celui de Carnac. Ce sont aussi des alignements de pierres, Ils occupent le sommet d'un promontoire élevé de 200 mèties au-dessus de deux vallons étroits à l'extrémité de la montagne de Faillitou. Us sont plantés sur neuf lignes dans la direction du sud au nord, qui est celle du promontoire lui-même. Ils débordent le plateau, qui n'aurait pas été assez lat^e pour contenir toule:> les rangées : deux lignes descendent sur le veisant oriental. Il y a beaucoup de vides causés par l'enlèvement des pierres. Le nombre de celles qui restent va de trois cents à trois cent cinquante. Elles varie,nt pour la hauteur entre 4 et 2 mètres. Ce sont des trachytos qui n'ont pas leur gisement sur le lieu; elles ont dil être charriées d'une distance de 4à 5 kilomètres. Leur éloignement resjiectif dans les alignements est de 7 mèlres, tandis que l'intervalle entre chaque ligne est de 5 mètres. Les i-angs s'anétent avant rexlrémité du promontoire.

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MKMIIHS DK LA JIONTAGMÎ DE FAILLITOU 143

laissant libre une partie- assez spacieuse, sur laquelle on voit une cellule sépulci-ale bdtie en pierres brutes et un tumulus.

La cellule est carrée, avec un couloir de dégagement du cdlé de l'est. Un bourrelet de terre d'un relief assez sensible atteste que toul cela fut caché autrefois sous un tumulus qu'on a détruit. M. AniLinduit de là que le tumulus encore apparent fait la même fonction au-dessus d'une autre cellule, à la recherche de laquelle il ne lui a pas été possible de se livrer. Mais peu importe la conformation intérieure de ce tumulus. II n'est pas douteux, d'après le monument qui l'avoisine, qu'il ne recèle une sépulture, et le fait intéressant qui ressort de la communication de notre correspondant, c'est que les alignements de la montagne de Faillitou âont subordonnés à des tombeaux Dès lors, il est impossible de ne pas songer qu'à Carnac aussi les alignements se combinent avec l'immense tumulus de Saint-Michel, reconnu pour un tombeau par les antiquaires bretons qui l'ont fouillé récemment, et l'opinion qui attribue une signification funèbre au:: menhirs alignés commence à prendre de la consistance.

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RAPPORT

AU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES

MÉMOIRES DE LA SOaÉTÉ D'ÉMULATION D'ABBEVILLE (l§6i A 1866,1 vol.. is-8*,i8«7.)

AHCtIÉOLuaiE .ANTKUlSTOniQl'E [Rrvue de» SocUlés savanlei, 1S68. — BIbliogr., n» lt6.)

Ce volume, quoiqu'il ait 800 pages, n'abonde pas en travaux d'archéologie. Il serait dimcile de considérer comme tel un catalogue de l'œuvre de J.-C. Levasseur, dressé par M. Delignièree. Levasseuresl un graveur abbevillois qui naquit en 1737 et mourut en 1816. Le plus grand nombre des pièces qui portent son nom ont paru après ta Révolution, et le genre vignette, dans lequel il s'est exercé, lui assigne sa place parmi les artistes modernes. Reste un mémoire sur les outils de pierre, composé par M. Boucher de Perthes, dans Tintenlion de signaler quelques échantillons nouveaux qui ont été trouvés aux environs d'Abbeville depuis la publication de son livre sur les Anliqiiités celtiques et antédilnviennet.

Je n'ai pas à m'étendi* sur les préliminaires du savant abbevillois. Ils sont surtout philosophiques ; leur objet est la marche probable de l'industrie primitive et l'influence des outils sur les destins de l'humaiiîté. M. Itoucher de Perthes a développé plus d'une fois ces considérations. Il y revient ù cause de& préventions dans lesquelles il voit certains esprits persévérer, mulgiv les résultats si nombreux et si décisifi^ de ses découvertes. Mais, à l'heure qt]'il est, ces pi'éventious méritent-elles qu'on les combatte? Elles n'ont pas de retentissement hors du département de la Somme, où vraisemblablement elles ne se font entendre qu'en veriu de l'adage : «: Nul n'est prophète en son pays. » Partout ailleurs la doctrine de M. Boucher de Perthes est acceptée et professée. Elle est nicme exagérée par l'elTet de cette malencontreuse dénomination A^àge de pierre, qui est cause que Ton classe comme outils de l'honnne primitif, comme objets contemporain!<

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ARCMÉOLOnlIi: ANTÈHISTORIQCE UK

des haches sotiies des sablières du Moulin-Quignon, tout ce qui se présente de silex éclatés.

Le créateur de l'archéolo^e antéhistorique aurait le droit de protester contre cette erreur. Elle n'est légitimée par aucune de ses conclusions. Loin de là. Il a toujours eu soin d'avertir (et cette observation est encore répétée dans le mémoire que j'ai sous les yeux) que les mêmes silex éclatés se rencontrent à la fois dans les terrains diluviens etdans les dépôts de l'antlquilé celtique; de sorte que l'âge des objets doit être déterminé d'après le gisement, et non pas d'après la matière ou la façon.

Le Comité sait que mon opinion sur ce point ne difière pas de celle de M. Boucher de Perthes. Je l'ai exprimée toutes les fois que les travaux ou les communications de nos correspondanls m'en ont fourni l'occasion. Qu'il me soit permis d'ajouter une preuve nouvelle à toutes celles que j'ai précédemment alléguées.

Au Musée du Puy, que je visitais il y a peu de temps, M. Aymard, notre correspondant, me fit voir le contenu d'une sépulture galloromaine découverte sur la commune de Saint-Privat-d'Allier. I,es objets étaient contenus dans une même urne cinéraire. Voici en quoi ils consistent : i' des oulils de chirurgie en fer damasquiné, véritable chef-d'œuvre de coutellerie; 2° un cachet d'oculiste; 3° plusieurs monnaies impériales, la plus récente de Gallien; ^ deux haches en silex pyromaque, et ces haches, qui ont à peu près la grandeur de la main, n'ont été ni polies ni aiguisées ; elles sont à l'étal de cailloux façonnés par une suite de petits éclats. Ainsi des pièces identiques à celles qui servirent d'outils aux hommes contemporains de l'elephas primigenivs eurent encore leur emploi au m" siècle de notre ère. Qu'on suppose un musée où la base du classement serait la forme des objets et non pas leur provenance : les haches de Saint-Privatd'AJlier auraient pris place parmi les produits de l'âge de pien-e.

Venons aux espèces nouvelles décrites par M. Boucher de Perthes. Ce sont d'abord des silex qui paraissent informes à première vue mais lorsqu'on les examine avec attention, on s'aperçoit qu'ils sont munis d'une pointe ou d'un tranchant artiCciel. Au ci>té opposé de celui qui perce ou qui tranche, on constate presque toujours qu'un éclat a été enlevé pour faire mieux tenir l'outil dans la main. Plusieurs planches qui accompagnent le mémoire montrent à la fois les aspects divers sous 4esquels se présentent ces outils primitifs et le moyen dont on s'en servait.

M. Boucher de Perthes appelle ensuite l'attention des observateurs sur des pierres de forme bizarre, où l'industrie n'est pour rien, mais

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146 ABCIIÊOLOblK ANTÉHISTORIQUE

qui ont pu avoir un emploi comme jouets ou comme idoles. Tout ce qui offre une ressemblance quelconque avec la fignre humaine ou avec les animaux est dans ce cas. Plus d'une fois j'ai tu sortir des tumulus gaulois des pierres de cette espèce, et l'idée m'est venue aussi qu'elles avaient été mises là à dessein ; mais lorsque je conseillais de ies mettre avec les autres produits de la fouille, on me mettait au déG de prouver qu'elles eussent la valeur que je leur supposais. Il est prudent en matière scientifique de se tenir en garde contre l'arbitraire. Le fondement pour être autorisé à composer de pareilles séries serait, ou que la pierre fAt étrangère au terrain où on la rencontre, ou bien qu'il y eût quelque apparence que la main de l'homme se fât ajoutée au travail de la nature.

Pour terminer, je mentionnerai trois pièces dont la discussion n'a pas éié abordée dans le mémoire, mais qui sont figurées sur l'une des planches, avec une l%ende indiquant les provenances :

i" Une figurine taillée dans un morceau de craie et qui représente un homme accroupi dans une sorte de fauteuil. Cette pièce ^sail à 6 mètres de profondeur dans une lourbièie de la Somme. Le-travail ressemble à celui des fétiches fabriqués par les sauvages de la Polynésie, ou bien encore à celui de celte figurine en terre à peine cuite, retirée par M. Laurent Rabut de l'une des stations antiques du lac du Bourget, et dont le dessin passa l'année dernière sous les yeux du Comité.

2° Une autre figunne, provenant aussi d'une tourbière. Elle est halnllée d'un vaste manteau à capuchon, et parait dater de l'époque romaine.

3° Un palet de marbre blanc, de forme oblongue, comme une hache celtique, et taillé en dépouille de façon à produire un tenon sur environ un tiers de sa superficie. Le i-este de chacune de ses deiix faces est occupé par une tète de barbare représentée de profil en basrelief. Le travail a l'air bon ; il dwt êlre gallo-romain. C'est dans un terrain remanié que ce morceau a été trouvé.

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