‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 55 sur 240 · EXPLORATION ARCHÉOLOGIQUE · texte numérisé non relu

EXPLORATION ARCHÉOLOGIQUE

A BILLANCOURT (SE1HE-ET-0I5E) {Butlelin de la Sodilé des Aniiquaim de France, )86S. — Bibliogr., n^aso.]

M. Quicheral rend compte à la Société d'une excursion arcbéologi(|ue qu'il Tient de faire à BallancourL (Seine-el-Oise) en compagnie de M. Henri Martin ■.

Ballancourt est situé près de la Kerté-AIeps, dans la vallée de l'Essonne, et au pied d'une liutte naturelle appelée le Mont, qui s'élève isolément du milieu de la plaine, comme un immense tumulus. Ce monticule peu! avoir 20 mètres de hauteur. II est formé d'un enlassement de roches de grès pareilles à celles qui almndent dans la forêt de Fontainebleau. Plusieurs des blocs qui s'élèvent au-dessus du sol présentent des dispositions singulières. Informés de ce fait par H. Francis Castan, capitaine d'artillerie attaché à la poudrerie du Bouchet, MM, Henri Martin et Quicherat sont allés la vérifier.

Au sommet du Mont se dressent deux grosttes roches, entre lesquelles la nature a ménagé un étroit passage. Un bloc d'environ 6 mètres de long a été couché artiriciellement au-dessus de ce défilé, ce qui a produit un dolmen gigantesque, ou plulùt une espèce de porte triomphale. La pierre couchée engrène par ses saillies dans les coches

1. Lei coiuuiuuicationa h In SaciËté dca Autiquairue auut ironlinaire vi>i'bale» et il D'en i!St rendu compte dans le BulMin de cette compagnie que d'une manlËre iuipereouDelle ; nous crofoaa cependant qu'os noua saura gré de reproduire Ici qnelqnea-anes des plus Intéreesnntus parmi ccllei qui ont été diles par J. Quiclierat. Pour que ses idées Tussent flilêlemont expriuiée», il avait coutame du rédiger lul-uiéuie te comptâ-readu de ses c KoDs : elles «ont donc complétemeot sou œuvre. A. (j

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KXPLORATION AHCIlÉOLOtilOUK A IIALLANTOURT.

de l'un des rochers qui la supportent, et en outre elle est calée, t c travail de la main de l'homme est manifeste.

A quelques pas en descendant du cfiié de l'ouest, une autre pierre plate, d'un ^ros volume, a été dressée et calée sur un rocher de peu d'élévation qui lui sert de piédestal. Il semble que, par la disposition donnée à cette pierre, on ait voulu mettre en évidence une de ses (aces sur laquelle l'érosion des eaux a produit des reliefs bizarres, un entre autres qui rend assez bien la figure d'un i^ros peptile à tète de vipère.

Plus lias encore, du même côté, existe un autre bloc qui a été creusé artiriciellement, de manière à fonner une petite grotte où [pourraient tenir trois personnes; mais ce n'est pas pour servir d'abri que ce travail a élé fait, car le sol sous la vofitc a été évidé en forme de cratère. Ses pentes aboutissent à une cuvette, très régulière, profonde de 30 centimètres. Sur les parois de la grotte on remarque des entailles pratiquées au moyen d'un oulil grossier, tel qu'aui-ail pu être une hache en pierre dure, La paroi du fond présente en outre une suite de traits gi'avés profondément {près de 2 centimètres par endroits) qui ne peuvent avoir été faits qu'avec une lame tranchante de métal. Ces traits semblent former des caractères, dont M. Henri Maiiin s'est rappelé avoir vu les analogues dans la chambre sépulcrale de plusieurs tumulus de l'Irlande. En voici la figure :

Telles sont les curiosités du mont de Ballancourt. Personne, avant M. Castan ne les avait remarquées. Elles sont inconnues des gens du village. MM. Martin et Quicherat ne doutent pas qu'il n'y faille voir des monuments de l'époque celtique. Dallancourt a été très anciennement habité. On y voit une église dont quelques parties, notamment la façade, appartiennent à l'architecture romane la plus primitive. Elle est dédiée à Saint-Martin, vocable de beaucoup d'Aglises qui ont remplacé des temples du Mars romain ou de l'Esus gaulois.

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RAPPORT

AU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES

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