SUR LES MIGRATIONS DES GAULOIS
aussi avancée en civilisation que les Étrusques, ayant des armes perfectionnées el des villes fermées de murailles, aurait été dépossédée d'uqe immense étendue de pays tout d'un temps, par l'effet d'une seule poussée de I)arbares?
L'opinion contraire ne s'appuie pas sur un si grand nombre de témoignais, la plupart des auteurs ayant mentionné les deux faits à la suite l'un de l'autre sans assigner do date à aucun. Seul, Diodore de Sicile a établi le synchronisme ou plutôt a fourni de quoi l'établir. Le témoignage de Tite-Live se présente avec bien plus de titres à la recommandation, puisque cet historien donne les deux versions ; et c'est parce que la première lui a -paru inacceptable qu'il a cherché el trouvé la seconde.
Les épithètes dont il s'est servi pour peindre l'efTarem^t des Itomains et des autres à la \ue des barbares, n'impliquent de sa part aucune contradiction. Dans sa pensée, les Gaulois, quoique maîtres depuis longtemps du bassin du Pô et renouvelés sans cesse par l'émigration des Transalpins, étaient restés cependant séquestrés dans leurs possessions et sans rapports avec les autres peuples d'Italie, séparés qu'ils en élaient par la chaine des Apennins.
Quant aux arguments allégués pour détruire le synchronisme de la première invasion des Gaulois eu Italie avec la fondation de Marseille, ces ai^umenls ne consistent qu'en des conjectures tout à fait gratuites, sauf un seul, qui est la revendication de la nationalité g:auloise pour les Salyes. Or, si quelque chose est établi par les témoignages de l'antiquité, c'est la nationalité ligurienne des Salyes. Strabon dit positivement que les Salyes avaient été appelés Lygyes ou LigureS par les anciens auteurs grecs, et VOra tnarifima d'Avienus, qui est l'écho de ces anciens auteurs, place les Salyes sur la rive ligurienne du Rhône, après avoir signalé ce fleuve comme la ligne de démarcation entre les Ibères et les Ligures.
De ce que la critique moderne est entrée, non sans raison, en défiance contre Tile-Live, il ne serait pas juste de lui refuser tout dis- cernement. Il n'est pas de ceux dont on peut dire que le sens commun leur a manqué. Ses fautes en histoire ont leur source dans sa partialité pour Rome. Il était homme à voir juste et à choisir [63 bonnes sources. C'est ce qu'il fait dans le cas présent, et si son récit de l'entrée des Gaulois en Italie contient des détails de mise en œuvre qu'on est libre de rejeter, le fait capital qui en e^t le fond subsistera tant qu'on n'aura pas à y opposer d'autres arguments que ceux dont on s'est servi jusqu'à présent.
DigitizsdbyGOO'^le
RAPPORT
AU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES
BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ POLYMATHIQUE DU MORBIHAN (aknEm 1S72, 1873 ET 1874}
TUHULL'B, DOLUENB, HACHES DE PIERRE
(Rfow de» Sociéltt lavantes, 1876. — Bibliogr., n* 167.)
J-a composition de ces derniers cahiers annonce un heureux relour i ^ Société du Morbihan aux travaux qui sont le plus de sa compé-
'^- Je regrettais dans mon dernier Rapport, dont la publication uaVe déjà do trois ans ', que les recherches sur les anciennes sépultures, si actives avant la guerre, eussent été à peu près abandonnées. Ellpsont été reprises, et le groupe des anciens travailleurs s'est recruté de sujets nouveaux dans lesquels il est permis d'espérer de dignes émules de leurs devanciers.
Un petit tertre de l'',50 de relief, duquel sortaient deux pointes de granit, a révélé à M. Fouquet, qui l'a fouillé, un spécimen de tumulus circonsci'it par un cercle de pierres brutes. C'est au milieu du cercle ou cromlech, comme l'appellent nos archéologues bretons, que les deux pierres saillantes étaient plantées. Ce tumulus différait de tous ceux de la même forme qui ont été déjà signalés, par la grosseur des pierres employées pour faire le cercle. Elles avaient en moyenne 2 mètres de long sur 1 mètre de haut. La terre ayant été accumulée seulement dans leur intérieur, pour compléter le talus à l'extérieur, il y avait un remblai circulaire de pierraille.
Au fond du tertre, la terre était mélangée de cendre et de charbon. 11 s'est présenté là une petite hache celtique en silex pyromaque, éclatée d'un côté, polie de l'autre. Louons M. Fouquet de ce qu'il ne s'est pas autorisé de cette circonstance pour établir une classe de