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produits de transition entre l'âge de la pierre brute et l'dge de la pierre polie.
C'est près de !a Haye-en-Saint-Gravé qu'a été faite cette intéressante exploration.
Deux autres tumulus également cerclés de pierres, mais bien différents du précédent par leur contenu, ont été explorés par M. L. Galles sur la commune de Plougoumelan, près de l'embouchure de la rivière d'Auray.
Le premier de ces tumulus, de H^jSO de diamètre, avait son cromlech taluté de pierraille au dedans aussi bien qu'au dehors. Cet entourage était interrompu de la largeur de 1 mètre sur un point ou s'ajustait un appendice extérieur ressemblant à un petit dolmen ruiné. C'était le débouché d'une gâterie ou ruelle élroile entre deux rangs de pierres, qui pénétrait jusqu'au centre du tumulus, et se terminait là par deux pierres debout. Le sol, au fond de cette galerie, consistait en une terre noire et visqueuse, dans laquelle on a recueilli : 1* un petit silex taillé ; 2" un fragment de vase ; 3° une bague de cuivre ; 4" un torques de bronze formé d'un gros fil rond ; 5° deux groupes de douze bracelets cliacun, se rapportant au type du bracelet à tige massive pommettée. Par la position dans laquelle se présentèrent les deux groupes, il fut évident pour M. Galles qu'ils avaient formé la garniture de deux bras croisés l'un sur l'autre.
Le second tumulus de Plougoumelan, moins grand que l'autre, car sou diamètre ne mesurait que T^i^jO, était parementé de pierres qui formaient enveloppe sur la totalité de sa superficie. La sépulture élail à l^jTO en contre-bas du sol, dans une fosse oblongue, de 3 mètres sur \^,&. On a trouvé dedans un vase de cuivre, de la forme d'une urne conique, qui reposait sur une couche de charbon de bois. Il contenait des os reconnus pour des os d'homme, quoiqu'ils eussent subi la combustion, plus un petit crampon de fer et une lame, également de fer, munie de deux rivets. Un bassin de même métal que le vase avait été posé sur l'orifice en guise de couvercle.
Voilà donc un exemple fourni par la Bretagne de ces tumulus recouvrant des fosses, comme on en a. découvert plusieurs en Champagne dans ces derniers temps. Cela démontre qu'il ne faut pas se hâter de localiser les pratiques funéraires d'après un genre de sépulture trouvé dans tel ou tel département: car rien ne dit que la même chose ne se rencontrera point dans un autre département, à cent lieues et plus de celui-là. A plus forte raison doit-on s'abstenir des systèmes historiques qui n'auraient pour fondement que des conclusions de cette espèce.
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L'inconvénient des conclusions précipitées se fait sentir dans deux petites dissertations du même M. L. Galles sur la diversité d'origine des dolmens et sur les auteurs présumafales de ces motiuments en France. Ce sont là des questions rebattues et qui ne pourraient être rajeunies que par l'étendue des informations et par l'exactitude extrême des faits aliéi^iés. On ne reconnaît pas le résultat d'une étude Anseï approfondie de la matière dans les propositions qui servent de prémisses au savant morhihannais. Ainsi, par exemple, il n'est pas juste de dn'e que jusqu'à ce jour on a attribué l'érection des dolmens k un peuple préhistorique, autochtone ou nomide, car te plus ^rand nombre de ceux qui ont écrit sur les dolmens les ont considérés comme l'œuvre des Gaulois, et ce n'est que depuis une vingtaine d'années que, concurremment avec cette opinion, a été émise celle qui fait inter\'enir un peuple inconnu.
Il n'est pas juste non plus d'établir en principe que le dolmen est l'œuvre de toute société naissante; car dans les relations de voyagres q<ii se multiplient de jour en jour avec une publicité qu'on peut dire populaire, nous avons la peinture d'une foule de sociétés naissantes où il ne se fait rien qui ressemble aux dolmens. Et lorsque M. Galles ajoute que tous les peuples se sont livrés à ce genre de construction du moment qu'ils ont eu la pensée de préserver la cendre des morts, il n'a pas tenu compte des témoignages contraires qui nous sont parvenus de l'antiquité : comme par exemple, celui de Tacite à l'égard des Germains, qui tenaient pour insupportable aux morts le poids de toute constniction élevée sur la sépulture; celui de Silius Ifalicus à r^rd des Celtibëres, qui croyaient que l'homme n'était reçu par les dieux, après te trépas, que si son corps avait été abandonné en proie aux oiseaux. Et ta coutume des anciens Perses, observée encore aujourd'hui par les Parses, n'était-elte pas de laisser aussi aux oiseaux on aux agents atmosphériques le soin de détruire le cadavre?
Enlln je contesterai cette autre proposition, que dans les dolmens de la Bretagne on n'a jamais trouvé d'objets de bronze. Nous avons à Paris, dans notre musée des Thermo.'!, tout un assortiment de bijoux d'or et d'armes de bronze qui proviennent du dolmen de Carahoét, fouillé en 1843. La Jieoue archéologique de 1868 (p. 364) a publié une notice de cette découverte. Un autre dolmen, situé à Plésidy, dont l'exploration est relatée dans les Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord , a fourni deux lames de poignard.
' Quant à la doctrine de M. h. Galles, qui est que les Gaulois pourrai«it bien avoir été les constructeurs des dolmens, je crois qu'elle
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pourrait être fondée sur une raison plus probante que celle qu'il allègue; car son principal argument est la ressemblance dequelquesuns des signes gravés sur les pierres de certains dolmens avec les symboles de monnaies gauloises.
Il y a plus de précision et plus d'habitude des procédés scientifiques dans une monographie des haches de pierres composée par M. de Closmadeuc. Ce travail ne concerne que les pièces du musée de Vannes, celles qu'il a été possible et loisible à l'auteur d'examiner & tous les points de vue.. Une collection comme celle-là offrait en outre cet autre avantage bien précieux pour l'étude, qu'on sait la provenance des objets. M. de Closmadeuc était certain de n'avoir devant lui que des pièces recueillies dans le département du Morbihan, et, pour plus de sûreté encore, il a éliminé toutes celles à l'^^ard desquelles il n'avait pas la preuve qu'elles eussent été fournies par les dolmens.
Les remarques les plus intéressantes de M. de Closmadeuc sont les suivantes :
Sur 186 pièces, 171 sont en pierres étrangères à la Bretagne. D y en a 133 en fibrolite de l'Auvergne ou du Forez, et 36 en jadéite ou cbloromélanite, supposées de provenance asiatique.
I^e travail de ces dernières est incomparablement plus parfait que celui <les autres. Au dire des experts en minéralogie, elles n'ont pu être exécutées qu'à l'aide d'instruments en métal. De ce témoignage M. de Closmadeuc infère très légitimement que le même peuple qui fournissait ces haches aux habitants de nos contrées a dû leur fournir aussi des instruments de métal, et que par conséquent il serait téméraire d'affirmer que le bronze ou même le fer furent inconnus aux hommes dans la sépulture desquels on ne trouve que de la pierre sans métal.
Les haches qui proviennent des tombeaux sont toutes neuves. Quand elles y furent déposées, elles n'avaient ser\'i à aucun usage. Quelques-unes, qui se présentent avec des cassures, ont été visiblement abimées à dessein.
Il n'y a pas d'apparence qu'elles aient été jamais emmanchées. Un trou dont un petit nombre sont percées au talon (le musée de Vannes n'en possède que huit qui soient dans ce cas) n"a pu servir qu'à passer une cordelette pour suspendre l'objet.
L'hypothèse qu'elles auraient pu être employées comme instruments de sacrifice ne se justifie pas par l'expértence. M. de Closmadeuc a essayé en vain de faire une section anatomique avec la mieux affilée de celles qu'il avait à sa disposition.
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On lit dans plusieurs oiivrag:es d'archéologie qu'aujourd'hui encore les Bretons tirent parti des haches de pierre en les entant sur un arbre, dans une branche vive qu'ils coupent après une année révolue. Ce fait, dont la Géographie de Malte-Brun parait être la source, se trouve, après enquête, n'être qu'une assertion erronée. Si quelques campagnards bretons ramassent, pour les conserver, les instruments de ce ^nre, c'est comme amulettes, comme préservatifs des maléfices et de la foudre; et en cela l'opinion des Bretons ne dilT&re pas de celle des paysans de tant d'autres contrées de l'Europe et de l'Asie. Le nom même qu'ils donnent à ces objets est le même qu'on retrouve dans toutes les langues : ils les appellent mengurun, qui veut dire "i; pierres de foudre, a
Voilà des propositions d'une g^rande netteté, et dont la science ne peut que faire son profit. Il est à regretter que le savant qui a traité la question avec cette rigueur do méthode ait cru devoir, par respect pour un usage fout local, conserver à la hache de pierre le nom de celtœ- A la vérité, il confesse que c'est une mauvaise expression, mais il lui trouve l'avantage d'être brève et de n'avoir pas de sens déterminé. Pour brève, elle l'est sans doute, mais elle a un sens très précis, puisqu'elle est le nom d'un peuple et que Cambry, qui Ta le premier introduit dans l'archéologie, ne l'avait adoptée qu'à cause de l'opinion ou il était que les Celtes, seuls de tous les anciens peuples, avaient fabriqué des haches de pierre. D'ailleurs la raison ne réprouve-elle pas qu'un mot latin à terminaison plurielle serve à désigner en français un objet que l'on mentionne aussi souvent au singulier qu'au pluriel? En rendant les armes à la routine sur ce point, M. de Closmadeuc me semble avoir' usé de trop d'indulgence.
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RAPPORT
AU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES