MONUMENTS DIVERS
des cercueils a pu persister jusqu'au x* siècle dans une province méridionale, autant il l'est peu que cette même province ait devancé les autres dans la fabrication d'une poterie qui annonce l'abandon des traditions romaines.
La continuation des fouilles dans le cimetière de Moirans a fourni quelque chose qui justifie pleinement ma conjecture. A un mètre sous les cercueils dont je \ieas de parler s'est rencontré un fragment d'épitaphe chrétienne, et le style est celui des épitaphes du v* ou VI* siècle :
HIC REaVIESCET IN PACE BONAE MEMORIAE... S QVI VIXIT...
Le nom du personnage est malheureusement détruit. Le dmetière de l'époque barbare avait donc été déjà bouleversé et violé lorsque furent déposés les cercueils étudiés par M. de Saint-Andéol.
C'est sur le territoire de Moirans que l'on s'accorde à placer l'ancienne station de Morginnum. Sur le point particulièrement désigné pour répondre à cette attribution s'est rencontrée une urne cinéraire d'une espèce que je ne me rappelle pas avoir vu jamais signaler. C'était un gros œuf en mortier, parfaitement moulé et qui n'avait aucune ouverture. L'épithète de cinéraire que j'applique à ce récipîeot, et que lui applique aussi M. de Saint-Andéol, n'est pas très juste, car on ne trouva dedans ni cendre ni débris d'ossements, mais seulement trois ampoules et une tasse de verre munie d'un manche, comme une casserole.
Une colonne milliaire, qui sert de support au bénitier de l'église de Saint-Paul- d'izeaux (Isère), a été découverte par M. Gustave Vallier. 11 ne reste de l'inscription que les mots :
IMP CAES