L'ÉTAT DE LA QUESTION DES PUITS FUNÉRAIRES
d'après les fouilles exécutées au moyen ues allocations accordées par lg «mstëre DE l'ihstbuciioh publique >
A MH. BRÉAN ET BADDRT {Revut dti SoeUléi iaomlet,Km. — hMiogT.,n*ii,t.)
Messieurs,
J'ai la satisfaction de vous annoncer que les recherches prescrites et rétribuées l'année dernière par M. le ministre ont été couronnées d'un plein succès. Vous les aviez appuyées de votre recommanclation dans la pensée qu'il en sortirait des lumières nouvelles sur les puits funéraire}. Cette intéressante' question, éclose en quelque sorte sous les yeux du Comité, et qui n'a point cessé d'être en progrès, grâce à l'attention que vous lui donnâtes tout d'abord, vous semblait encore éloignée du point où l'amènera l'observation. Votre attente n'aura point été déçue. I^ dernière campagne a produit les plus heureux résultats.
Je n'ai point à vous entretenir des détails de l'opération. MM. BaU' dry et Bréan les ont consignés avec un soin minutieux dans leurs rapports, que j'ai l'honneur de vous signaler dès à présent comme des pièces à mettre sous les yeux du public, et dont, par conséquent, je vous propose l'insertion dans la Revue des Sociétés savantes. Je me bornerai i en dégager ce qui peut contribuer à l'avancement de la doctrine, en vous demandant la permission de résumer d'abord l'historique des faits.
Vous n'avez pas oublié que c'est en 1859 que l'Annuaire de la Société ^émulation de la Vendée vous apporta la première nouvelle de puits qui avaient été creusés pour servir de fosses d'inhumation. Deux excavations de ce genre avaient été aperçues et bouleversées
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U QUESTIOn DES PUITS FDNÉRàlRES 29S
dans des travanx de terrasaement qae le génie civil esécutaità Troussepoil, région déserte de la commune du Bernard (Vendée). M. l'aibé Baudry, curé de la paroisse, étant venu sur les lieux, on lui avait montré l'orifice d'un trou qui s'annonçait comme une fosse pareille ans deux autres. H fit fouiller s«us ses yeux avec ordre et méthode, et jusqu'à la profondeur de neuf mètres il vit, non sans étonnement, sa succéder des couches superposées avec une régularité qui ne pouvait pas résulter d'un travail ordinaire de remblai. D'ailleurs, plusieurs des couches contenaient des objets fragiles qui avaient dû être descendus et non pasjetés pële-méle par l'orifice. Dans le nombre figurait une urne cinéraire. M. Baudry ne quitta point le terrain sans s'être assuré que d'autres trous existaient autour de celui qu'il avait vidé. n en remit l'exploration à une antre campagne, et, d'après ce qu'il avait vu, il n'hésitA point à annoncer la découverte d'an cimetière où les fosses d'inhumation étaient creiisées de la même façon que des puits. Vous savez que, depuis lors, cet intelligent investigateur a consacré l'arriëre-saison de chaque année à de nouvelles fouilles, qui eurent le même succès que la première.
On a dit souvent, et avec raison, qu'il y a des moments qui semblent marqués k l'avance pour le triomphe des vérités scientifiques. L'année même où les puits funéraires se révélèrent en Vendée, ils venaient de se révéler encore également dans le département du Loiret. Le volume des Mémoires de la Société ifagricullure, sciencet et belles-lettres ^Orléans, publié en 1859, contenait un rapport de M. le vicomte de Pibrac sur un groupe considérable de sépultures de cette fomie, qu'il avaiUété appelé à visiter auprès de Beaugency. L'épreuve ne fut pas moins décisive pour l'observateur Orléanais que pour l'abbé Baudry, bien qu'ils n'eussent eu aucune comœumcation l'un avec l'aittre.
M. de Pibrac avait fait, de plus, quelques recherches dans les livres. 11 lui fut possible d'invoquer à l'appui de son opinion un passage de VHistoire de la religion des Gaulois, par dom Martin. Le savant bénédictin connut en effet dea c fosses fort enfoncées, et quelquefois ornées d'une maçonnerie ronde, > où les cendres des morts avaient été déposées dans notre pays.
Tels sont les faits sur l'autorité desquels je crus pouvoir vous sipaler comme une chose acquise à la science l'existence des puits funéraires.
Cette déclaration, publiée dans la Revue des Sociétés savantes, ne tarda pas à porter ses fruits. Des sépultures de la même espèce furent reconnues k Tboré (Loir^-Cher), & Trignères (Loiret), à Villeneuve-
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