Le droit ne porte aucune effigie
fii '( ~S ). Lion assis à droite. — /R. Poids, 0* r ,45. Ma collection (pl. XI, n° 8).
Les monnaies de Baalmelek sont abondantes dans les collections (voy. Luynes, iV. d. S-, pl. XIV, 22-26, 31-34). Toutes les divisions sont représentées. Nous avons le statère, ou pièce de 12 oboles, puis les pièces de 4, 3, 2, 1, 1/2 obole. Les variétés de l’obole (n° 4) sont très-nombreuses ; le lion dévorant le cerf est remplacé par le lion assis, la tète d’Hercule par la tète de lion : la légende, abréviation de “SaSïsS, présente les variétés suivantes :
Je lis le nom du roi Baalmelek en un seul mot, et non Baal, le roi. La numismatique et l’épigrapbie phéniciennes nous montrent toujours le titre *j î >a, roi, placé avant le nom propre, lorsqu'il n’est pas accompagné du nom de la ville. Quant à la forme même du nom -jSnSya elle est parfaitement régulière. La légende abrégée de l’obole se compose donc, soit des deux premières lettres de la légende complète, soit de la première et de la dernière, soit de la première et de la dernière du nom royal, soit de la première de ce même nom.
La numismatique grecque de Cypre nous offre de fré-
quents exemples d’un système analogue d'abréviations appliqué aux noms royaux (nous y reviendrons un peu plus loin). Pourquoi le graveur phénicien, pressé par le manque d’espace, n’aurait-il pas eu recours au même moyen que son voisin grec? Le type, le poids, nous obligent d’ailleurs à ranger ces petites oboles dans la série des monnaies de Citium.
L’histoire est complètement muette sur le compte des deux souverains dont nous venons de décrire les monnaies. Je suppose qu’ils occupèrent le trône de Citium après la guerre qui mit aux prises les Grecs et Artaxerce I. On sait que Cimon l'Athénien, débarqué dans l’île de Cypre, s’empara successivement de Citium , de Marium et de Salarnine, et qu’il força les Perses à conclure une paix qui garantissait l’indépendance des villes grecques de l’Asie (449). Cette victoire, quoique suivie de l'évacuation de l’île, dut laisser la puissance perse affaiblie, et les dynastes locaux, soumis de nom à la suzeraineté du Grand Roi, durent jouir d'une autonomie véritable : c’est alors que se développa le monnayage des villes cypriotes, et c’est à cette époque que je suppose l’existence des rois précédents. La fin du v* siècle ne peut leur convenir; nous trouvons alors le trône de Citium occupé par un tyrien nommé Abdémon, qui s’était emparé de Salamine (Diod. Sic., XIV, 98), puis par Êvagoras le Grec. C’est donc entre les années 450 et 420 qu’il faut placer, je crois, les règnes d’Azbaal et de Baalmelek.
Abdémon.
Je pense que le nom phénicien de ce roi était pctmy, Abd-Eshmun, nom essentiellement citien, que les Grecs auront abrégé. Je crois plus à cette forme qu’à la forme Alid-
Ammon, qui suppose le nom composé avec le nom d’une divinité égyptienne. Nous n’avons pas de monnaies bien authentiques de ce souverain.
Si on considère la forme Abd-Ammon comme la véritable, on pourrait peut-être attribuer à ce prince une pièce ' anépigraphe de ma collection, qui parait de fabrique cypriote, et qui est figurée pl. XI, n° 9. Elle porte au revers la tête de Jupiter Ammon, et au droit je crois reconnaître, malgré l’état de mutilation, le type citien de l’Hercule combattant.
Abdémon fut détrôné par livagoras vers 410. L’usurpateur grec entreprit alors la conquête de toute l’tle : Citium , Amathonte et Soli soumises par lui appelèrent les Perses à leur secours (395). Les préparatifs de guerre durèrent huit ans, et la lutte se prolongea pendant deux années, après lesquelles Évagoras, battu sur terre et sur mer par Oronte et Tiribaze, fut obligé d’abandonner la souveraineté des villes phéniciennes. Citium recouvra son autonomie sous la suzeraineté du Grand Roi, et une nouvelle dynastie battit monnaie dans ses murs.
Melekiathoîi (385-375)7
1° Hercule combattant, à droite : devant lui, croix ansée.
K < 7(^4 (Ipn’ 3 So*|ScS) «du roi Meleltia-
thon i . Lion dévorant un cerf, dans un carré bordé de perles. — AV. Poids, 4* r ,30. Cabinet impérial et royal de Vienne. Luynes, pl. XIII, 8 bis (pl. XI, n* 10).
2* Mêmes types.
•f’V'jliij 4ÿ (((irusSa (-jiSctSj). — AV. Poids, 4*'.17. Collection Luynes. M., pl. XIII, 5.
Le a été omis par le graveur ou se confond avec les bois du cerf.
3* Mêmes types et même légende. — AV. Poids, 4»',tO. Luynes, pl. XIII, 9.
A* Mêmes types.
(}[rrof>]cS). — ,R. Poid3, IC 1 , 15. Collection Luynes (pl. XI, n° 11).
5* Mêmes types.
•/"**/••• (^IrvolScS)). — jR. Poids, 10»', 35. Cabinet de France.
Ces deux pièces, décrites par M. de Luynes, pl. XIII, 19, 20, ont été frappées sur des flans plus petits que le coin, de sorte que le commencement et la fin de la légende n’ont pas porté sur le métal.
6* Mêmes types.
•y4*+|4> — .R- Poids, 3»',35. Cabinet de France (pl. XI, n” 12).
7* Mêmes types.
( 4 j y 4 ^. — jR. Poids, 3*', 40. Cabinet de France.
Ces deux pièces sont décrites par M. de Luynes, pl. XIII, 8, 18.
C’est aussitôt après la défaite d’Évagoras que je place l’avénement de Melekiatbon. Son père, ainsi que nous l’apprend la XXXVII' inscription phénicienne de Citium ’, s’appelait Baalram et n’avait pas régné. Son pouvoir s’étendait sur le territoire de Citium, et sur celui de la ville d’idalie. Il ne paraît pas avoir occupé le trône plus d’une dizaine d’années.
Le monnayage de ce roi est tout à fait perse ; mais les pièces sont un peu faibles. Elles ont toutes quelques
1 Voyez plus haut, p. 10.
grammes de moins que le poids normal. Les pièces d’or sont des demi-dariques; les pièces d’argent, comme celles de la dynastie précédente, sont des statères et des tiers de statères.
Pumiathon (375-325)?
1* Mômes types que le précédent.
mi 4 4 (îmcs ’fraS) «(du) roi Pumia-
thon, (année) à. » — AV. Musée Britannique. Luynes, pl. XIII, 2 (pl. XI, n° 13).
Le o/ est presque effacé ; aussi n’était-il pas visible sur l’empreinte que M. le duc de Luynes a eue à sa disposition. Cette circonstance l’a induit en erreur. J’ai vu à Londres la pièce originale, et j’ai constaté la présence de cette lettre.
2* Mômes types et môme légende, mais incomplète. — AV. Poids, 4*',20. Ma collection, provenant de Larnaca (Chypre).
Le Cabinet de France et la collection de Luynes renferment un grand nombre d’exemplaires de cette monnaie : elles ont été pour la plupart décrites par M. de Luynes, ainsi que plusieurs pièces analogues des musées étrangers sous les n" 6, 7, 10-17 de sa planche XIII. Je ne reproduirai ici que celles qui ont été acquises depuis la publication des Recherches sur la Numismatique des Satrapies, et dont les légendes confirment la lecture précédente.
3° Mêmes types.
I III Date, année là. — Collection de Luynes (pl. XI, n° là ).
à° Mêmes types.
III lll^ Date, année 26. — Cabinet de
France (pl. XI, n“ 15).
5" Mêmes types et même légende. Année 46. — Coll, de Luynes (pl. XI, n* 16).
C’est encore à ce monarque que j’attribue la pièce du Cabinet de Vienne 1 décrite par M. de Luynes sous le n* 4 de la planche XIII. Le coin a été gravé avec beaucoup de négligence, et a glissé au moment de la frappe, de sorte que la légende, quoique complète, est difficile à lire. Néanmoins, je crois que la monnaie ne saurait être donnée à un autre roi, surtout en présence de la coïncidence des dates. La pièce de Vienne porte l’année 46, comme celle que nous venons de reproduire -, les règnes de cette longueur sont rares, surtout dans une même dynastie, et à quelques années de distance. Il est d’ailleurs à remarquer que toutes les pièces de cette émission sont extrêmement négligées comme exécution : ce qui ferait supposer qu’elle correspond à une époque de trouble.
D’après deux inscriptions phéniciennes provenant de l’emplacement de Citium, et sur lesquelles je crois retrouver le nom de Pumiathon (Cit. I et Cit. XXXVIII) , ce souverain était fils de Mélekiathon. En l’an 21 de son règne, il était maître de Citium, d’Idalie et de Tamassus; en l’an 37, il avait perdu cette dernière ville, et ne régnait plus que sur les territoires qu’il avait reçus de son père *. J'ai identifié Pumiathon avec le roi de Citium nommé nu|urto< par l’historien grec Duris. D’après cet auteur, il avait acheté à Pasikypros, roi d’Amathonte, la souveraineté d’une petite ville qui lui fut enlevée plus tard par Alexandre le Grand et donnée au roi de Salamine Pnytagoras, pour le
1 Je dois la communication d’une excellente empreinte de cette pièce à l’obligeance de M. le conservateur du Cabinet impérial et royal.
* Voyez plus haut, p. 20-25.
remercier d’avoir aidé par mer à la prise de Tyr Je n’insiste pas sur ces détails que j’ai déjà donnés ailleurs.