PYGMALION
Le successeur de Pumiathon fut sans doute Pygmalion, le dernier roi de Citium, détrôné en 312 par PtoléméeSoter : nous n’avons pas encore de monnaies de ce souverain. S'il en a frappé, ce qui est fort douteux, et qu’elles se retrouvent, elles nous donneront l’orthographe de ce nom essentiellement phénicien, mais que les Grecs ont sans doute altéré. De toutes les formes proposées par Gesenius, la plus probable est ynSycys qu’il traduit : Slalleum allissimi, car dans les transcriptions grecques, le y suppose presque toujours le y '. Quant au sens qu’il attribue à ce nom, il me parait moins certain. Je suis porté à croire à l’existence d’une divinité phénicienne du nom de oys, divinité du genre des Patæques, dont les Grecs auront fait le Pygmée, par un jeu de mots sur le sens du mot nys qui veut dire aussi « pied. » Ce n’est pas ici le lieu de discuter cette question sur laquelle je compte revenir.
Une objection a été faite à notre classification : c’est l’archaïsme des monnaies que nous attribuons à un souverain contemporain d’Alexandre le Grand, et particulièrement la présence du carré creux qui d’ordinaire disparaît sur les
1 Voici lo passage complet cité par Athénée ( Deipnotoph IV, 63): AXéÇavSpoç jiiti Tf t v Ttipou -xo^iopxtav üvt/raydpav àzoyrfXAojv, iXXaç ti & i>pei< iStoxe, xa\ ytopfov 6 ïlptecpov îfc toüto IlaalxuTcpo; 6 {iaat-
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* Comp. Gomorrhc, Gaza, Àtcrgati*, etc.
médailles avec le iv* siècle. Mais cette objection ne doit pas nous arrêter. Si l’on considère toute la série qui s’étend d’Azbaal à Pumiathon , on verra que le style des pièces éprouve très-peu de modifications; et pourtant cette série de quatre règnes qui ne se succèdent pas tous nécessairement, et dont l’un comprend au moins quarantesix années, embrasse certainement une période d'un siècle. Les variations de style pendant ce long espace de temps, étant pour ainsi dire insensibles, il faut attribuer cette immobilité à un parti pris, analogue à celui qui conserva aux monnaies d’Athènes, même après Périclès, leur physionomie primitive.
En étudiant de près les pièces, surtout les plus récentes, on est frappé du contraste qui existe entre la rigidité conventionnelle des contours et l'habileté facile du modelé. «Si l’archaïsme s’y montre, a déjà écrit M. de Luynes \ « dans le système de carré creux, dans la composition des « figures et des groupes, on y remarque en même temps une « liberté d'exécution sous le rapport de l’art, et une faci- « lité dans les moyens de fabrication , qui dénotent un « temps où les graveurs et les monnayeurs avaient beau- « coup à produire. Personne n’ignore d’ailleurs que l’anu cien style se conserva, même en Grèce, pour la fabrica- « tion des monnaies, afin de leur donner plus de crédit. » Nous pensons donc, avec notre savant prédécesseur, que l’archaïsme volontaire des monnaies de Citium ne prouve pas leur ancienneté. Si d’ailleurs, se laissant dominer par l’objection, on voulait rejeter toute la série dans le v* siècle, il faudrait nécessairement placer Pumiathon, le dernier roi, avant Ëvagoras, et même avant Abdémon, d’où il résulte-