‹ Mélanges d'archéologie orientaleChapitre 42 sur 42 · DE CARTHAGE · texte numérisé non relu

DE CARTHAGE

Extrait du Bulletin de l’Académie des Inscriptions et Belles- Lettres. (Avril 4868.)

M. de Vogué communique ù l’Académie une inscription rapportée des ruines de Carthage par M. le baron de Théis, ancien consul général à Tunis , et signalée dans sa magnifique collection parM. Miller; elle est gravée sur une petite plaque de marbre noir de O”, 19 sur 0 m , 7. Le commencement des lignes est effacé. M. de Vogüé la lit ainsi :

p SsaiT? p roScn oip)

Dca p lien’ p NCn)

« Tombeau de Himilcat fils d’AiruLal fils de liodo fils de /athanlsid fils de Mammas. »

Les noms propres qui composent cette inscription sont tous connus par les inscriptions trouvées à Carthage, excepté les deux derniers.

Le dernier est contracté du participe Dcyoet dérivé du radical Dey, porter, soutenir : comparez les noms bibliques Amos, Ama-

.si'u/i, cl le nom carthaginois Dnyjcoj», Eschmomnmos, qui se trouve dans les inscriptions inédites de la collection tunisienne, à l'Exposition universelle.

Le nom le plus intéressant est celui de lalhantsid, qui signifie « Don de tsid », nom de même forme que les noms bibliques et phéniciens si nombreux composés avec la racine p: « donner » et un nom divin : lathanicl, lehounathan, /Inalinthon, Melekiathon, etc , etc. Nous apprenons donc, par ce mot, le nom d'une divinité phénicienne Tsid, inconnue jusqu'à présent. Ce nom, M. de Vogué le retrouve dans d’autres inscriptions inédites, entrant dans la composition de plusieurs noms propres. Ainsi :

’-'ïn isn p p'-tr Tsidiuthon fils de Gadtsid le l'yrien

dans un proscynème phénicien inédit copié par M. Devéria sur les murs du temple d'Abydos dans la Haute-Egypte :

ceü p tï:rv

lathantsid fils de Schofet

dans une des inscriptions de la collection tunisienne de l'Exposition.

La découverte de ce nom divin permet d’expliquer mieux qu'on ne l’a fait jusqu’à présent deux passages de Sanchonialhon, ou plutôt de son traducteur f’hilon de Byblos. Dans l’énumération des générations divines il cite deux personnages, ’Afptû; et ’AXuûç (Orelli, 1 8), (ils d’Hypsouranios, « inventeurs, dit-il, de lachasseet de la pèche ». Plus loin (id., p. 38;, il fait donner la ville de Béryte aux » Cabires chasseurs et pêcheurs. » Les commentateurs ont déjà remarqué que le mot 'AXm* était la traduction de px (Hebr. p-rx), dieu éponyme de la ville de Sidon, dont le nom si-

gnilic pécheur, pèche. '.V/fiû;, truducliun île -px chasseur, paraissait un pléonasme ; nos inscriptions nous prouvent que le texte original portait bien la mention de deux personnages divins distincts, l’un du nom de tï Tsid, l’autre du nom de iis Tsidon. On peut conclure du second passagede Sanchoniathon que c'étaient deux des Cabires adorés spécialement àBéryte.

Parti. — Imprimerie de E. DjNSAi?D,rue Cassette, I.

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