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Mélanges d'art et d'histoire

Eve, au paradis terrestre, ajoute malicieusement Lord Byron, travailla dans les modes avec des feuilles de figuier !

D’une communication faite à l’Institut archéologique liégeois, en sa séance du 28 février 1904, par M. Julien Fraipont, professeur à TUniversité de Liège, il résulte que les premières manifestations artistiques apparaissent chez l’homme fossile, pendant la seconde moitié de la période quaternaire.

Elles consistent en gravures au trait, en sculptures en demi-bosse et en ronde-bosse, en peintures sur pierre, sur os, sur ivoire ou sur rochers et présentent, à côté d’une grande naïveté d’exécution, un sentiment très vrai des formes et des attitudes d’animaux : le bœuf, le bison, le cheval, le renne et le mammouth. (h

(^) Bnlldin de d'institut avdmloguiue liégeois, t. xxxiv, p. 333.

Sans insister sur ces primitifs quaternaires, passons aux hautes époques de l’histoire.

Bien certainement la sculpture existait dans l’antiquité des temps.

Une légende qui ne manque pas de poésie lui attribue pour berceau la ville de Sicyone, près de Corinthe, dans Tancien Péloponèse.

Voici dans quelles circonstances, d’après la tradition hellénique, un fils de cette cité : Dibutabes, modeste potier de son état, aurait découvert la plastique, au meme temps où sa fille Kora créait le dessin en silhouette.

Kora, désespérée de voir son fiancé partir pour la guerre, voulut conserver son image. Pendant qu’il dormait, s’étant aperçue que l’ombre de son profil se dessinait nettement sur un mur, elle imagina de cerner cette silhouette au moyen d’un trait et de la fixer par cet artifice.

Son père s’avisa alors de remplir, avec de l’argile, l’espace ainsi circonscrit, et, de cette façon, il obtint le premier bas-relief.

Pline donne cette légende comme un fait authentique. 11 assure meme que le médaillon, exécuté de la sorte, a été conservé à Corinthe, jusqu’au pillage de cette ville^ en l’année 14G avant notre ère, par Lucius Alummius.

Vaillant homme de guerre ce A/Iummius, mais d’une ignorance telle que faisant embarquer pour Rome, les chefs-d’(euvre de sculpture de Corinthe, il avertit les matelots que s'il leur arrivait de les détériorer, force leur serait de les refaire !

Le hasard n'aurait non plus été étranger, suivant

une tradition vraie ou fausse, mais assez accréditée, à la découverte de la gravure en creux, sur métal, que l’on appelle gravure au burin ou en taille douce.

F’iniguera, de son prénom Tommaso, ou par abréviation Maso, orfèvre à Florence, venait de mettre la main à une paix, c’est-à-dire à une de ces plaques en métal, souvent ciselées ou émaillées, que le célébrant, dans les messes solennelles, donne à baiser aux fidèles, lorsque ceux-ci se rendent à l’offrande.

Dans le but de juger de l’effet de son travail, l’orfèvre Finiguera aurait rempli les tailles, tracées par son burin, d’un liquide composé d’huile et de noir de fumée, tandis que le hasard voulut qu’un paquet de linge humide fut placé sur une plaque d’argent ainsi préparée.

Il n’en fallut davantage pour que les traits, gravés en creux et pleins de la composition noire, se trouvassent reproduits sur le linge.

Telle aurait été l’origine de la découverte de himpression des estampes.

Si la peinture n’a aussi sa légende, c’est vraisemblablement parce qu’elle n’eut d’autre rôle, primitivement, que de souligner les motifs de la sculpture.

Les Egyptiens^ aussi bien que les Chaldéens et les Assyriens, ne l’employèrent d’abord que comme revêtement polychrome de leurs sculptures, qu’ils rehaussaient de traits en couleurs.

Ce ne fut que par la suite qu’ils utilisèrent la peinture pour décorer les surfaces murales de leurs palais d’ornements composés d’animaux et de figures humaines ; encore n’était-ce, au début, des œuvres exécutées uniquement au pinceau.

Le plus ancien procédé de peinture est la détrempe, simple mélange de terre colorée, imbibée d’eau et fixée au moyen de la gomme.

La manière de peindre à fresque, qui consiste à étendre les couleurs broyées à l’eau sur un mortier frais, composé de sable et de chaux, remonte cependant fort haut dans le passé, car on trouve des vestiges de cette peinture décorant les anciens temples égyptiens.

A Herculanum, les fresques du temple d’Hercule sont relativement bien conservées.

Le bois était la seule matière sur laquelle on peignit d'abord des tableaux portatifs.

Les anciens empâtaient leurs couleurs avec de la cire qu'ils savaient tenir constamment dans l’état de fluidité et quand le tableau était achevé, ils employaient le feu pour faire fondre les cires colorées.

Pline, l’auteur qui s’est le plus étendu sur cette manière de peindre, dit qu’on ne peut fixer l’époque de naissance de la peinture encaustique ; que, de son temps déjà, on ne savait qui le premier avait imaginé de peindre avec des cires colorées et d’opérer au moyen du feu.

Ouelqu’imprécise que soit l’origine de cette peinture, il paraît certain, cependant, que celle-ci prit naissance en Grèce.

l.es primitifs employaient déjà les huiles, en guise de \ ernis, pour protéger leurs peintures en détrempe et donner aux couleurs plus de corps et plus d’éclat.

Le ne fut pourtant qu’au XV^ siècle qu’une évolution complète s'accomplit dans l’art pictural, à la suite des perfectionnements apportés par les frères Van Eyck dans la peinture à l’huile.

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Leur œuvre immortelle : le célèbre rétable de r Agneau my^stique, inaugura réellement, au début de ce XV® siècle, la nouvelle méthode.

L’aquarelle, autrement dit la peinture sur carton ou papier, à l’aide de couleurs transparentes délayées dans de l’eau, apparaît au moyen-âge, mais elle n’est employée alors que pour l’ornementation des manuscrits par l’enluminure.

A la fin du XVIIL siècle seulement, on commence à la pratiquer comme branche spéciale de l’art, et les artistes plutôt encore comme délassement à leurs grands travaux ou pour saisir une impression fugitive, un effet passager, esquisser une composition.

Le pastel, dessin aux crayons de couleurs plus ou moins tendres, n’est pas d’origine beaucoup plus ancienne, car les premiers artistes qui ont laissé une réputation incontestable en ce genre appartiennent tous au XVIIL siècle.

Mais l’aquarelle, pas plus que le pastel, quel que soit le degré de perfectionnement obtenu en l’une et l’autre manière, ne saurait être mise en parallèle avec la peinture à l’huile qui , certainement, est restée la méthode souveraine.

Pour les périodes les plus reculées de Thumanité, rhistoire n’a d’autres sources que la tradition, autrement dit la transmission de bouche en bouche et de génération en génération du récit des événements qui ont marqué dans la vie des peuples.

Aussi, l’histoire qui se fonde exclusivement sur le témoignage, rapporté pendant un long espace de temps, doit fatalement être obscure. Elle n’inspire, non plus, qu’une confiance toute relative à cause de la diversité d’appréciation qui est l’essence de l’homme. Même il est malaisé, souvent, de distinguer les récits vrais, altérés ou complètement faux.

Les premiers monuments de l’activité intellectuelle de l’homme, épaves de la civilisation antique, sont les cvlindres chaldéens, les diverses tablettes et les tables.

Le cvlindre chaldéen, dont le nom indique suffisamment la forme, avait ses caractères gravés à l’envers et en creux, sur matière dure, afin que l’empreinte apparaisse à l’endroit lorsqu’on roulait l’instrument sur l’argile molle ou la cire.

Les plus anciens cylindres ne portent généralement que le nom du propriétaire. Ils lui servaient de sceau ou de cachet. Souvent aussi, ils représentaient, en même temps, des symboles mystiques, et certains

contiennent des formules d’engagement. On en peut voir dans différents musées d’antiquités, et les briques d’argiles à empreintes ne sont point d’une extrême rareté ; particulièrement recherchées sont cependant les briques estampées de Babylone et de Ninive.

Lorsque les lettrés de l’époque primitive se furent quelque peu familiarisés avec l’écriture, ils adoptèrent les tablettes à cire ; minces planchettes d’os, d’ivoire ou simplement de bois, enduites de cire, sur lesquelles, au moyen d’un stylet, ils consignaient ce dont ils voulaient simplement conserver le souvenir, tandis que les faits mémorables étaient gravés sur des tables de pierre.

Au XVL siècle, on a trouvé, à Paros, des tables antiques, en marbre, gravées en caractères grecs, et relatant les principaux événements de l’histoire de la Grèce, de la fondation d’Athènes (1582) jusqu’à 264 avant l’ère chrétienne.

Elles sont appelées Marbres d’Arundel, du nom du célèbre comte d’Arundel, maréchal d’Angleterre, qui les acquit, à grands frais, pour en doter son pays.

Parfois aussi, on les désigne sous le nom de Tables d’Oxfordy parce qu’elles sont conservées à l’LJniversité de cette ville.

Les Chroniques, récits historiques dans lesquels les faits qui firent événement sont enregistrés suivant l’ordre des temps, datent de l’époque où nos ancêtres commencèrent à se servir couramment de l’écriture.

Pour la confection de leurs manuscrits, ils utilisèrent d’abord le papyrus ; ensuite, et de préférence, le parchemin.

Les premiers écrits de ce genre avaient la forme d’un rouleau que l’on glissait dans un étui.

Les rouleaux étaient de longueur variable, allant parfois jusqu’à une dizaine de mètres. Aux extrémités, on collait des baguettes en bois, en métal ou en ivoire, qui permettaient, au fur et à mesure que l’on avançait dans la lecture, de rouler de la main gauche ce qui avait été déroulé de la main droite.

Le papyrus ou le parchemin était divisé en colonnes, dans le sens de la longueur : les lignes d’écriture étaient, de même, tracées longitudinalement. Ce ne fut qu’au moyen-âge qu’il devint constant d’écrire dans le sens de la largeur.

La forme du rouleau fut aussi abandonnée, pour en venir à l’usage, autrement commode^ des cahiers et registres.

Les narrateurs des chroniques, le plus souvent, sont contemporains des événements dont ils font mention. Ils rapportent les faits sans s’attacher à en rechercher les causes, n’en tirant aucune déduction, mais les relatant tels qu’ils ont pu les observer, ou bien tels que des témoins oculaires, parfois aussi la tradition, les ont fait parvenir jusqu’à eux.

Généralement, les chroniques inspirent confiance, surtout quant aux récits dans lesquels l’auteur raconte ce qui est arrivé de Son temps.

l.a Chronique d’Eusèbe est une des plus anciennes et des plus importantes qui soient parvenues jusqu’à nous. On y trouve résumée l’histoire de tous les peuples depuis le commencement du monde connu jusqu’à l’année 325 de l’ère chrétienne. Elle est restée l’ouvrage capital de la chronologie de l’antiquité.

(Jn n’en possède que des fragments grecs, mais il a été possible de la reconstituer presque entièrement, au

moyen de la version latine de saint Jérome et des adaptations arméniennes et syriaques.

Très nombreuses sont les Chroniques du moyenâge. Les abbayes et les monastères avaient formé de sérieux centres pour leur rédaction, ce qui explique pourquoi la plupart d’entre elles sont écrites en latin. Ce n’est qu’au XIIL siècle que l’art du scribe commença réellement à être exercé aussi bien par les laïcs que par les clercs.

On peut dire que le moyen-âge n’a point d’autre histoire.

A ces premiers écrivains, se bornant à mentionner les événements, année par année, ne montrant entre eux qu’un rapport de succession, et qu’on appelle Annalistes, succédèrent enfin, mais dans les temps modernes seulement, les historiens réellement dignes de ce nom.

Lhistoire devient alors une vraie science, et ses disciples s’efforcent, tous les jours davantage, de mettre en lumière les faits mémorables qui, dans le monde, se déroulent à travers les temps, ainsi que les rapports de causalité qui les font dépendre les uns des autres.

En leuilletant un vieux manuscrit

Il est intéressant et curieux, souvent, de feuilleter les chroniques manuscrites des siècles passés.

La bibliothèque de l’Université de Liège possède un de ces manuscrits dont M. Jules Helbig a, maintes fois, invoqué l’autorité ; auquel M. Théodore Gobert a fait différents emprunts pour son historique des Rues de Liège et que M. l’avocat Epiphane Martial, qui était un bibliophile distingué, a recopié en entier, de sa m.ain, pour en faciliter la lecture. Ce manuscrit a pour titre :

« Hoyaux. Chronique ou Histoire de Liége^ comprenant L une notice sur les Evêques suivant l’ordre chronologique ; 2° une notice sur la cathédrale, le palais, les collégiales, les monastères, les hospices et hôpitaux ; 3° une série de notices par ordre alphabétique sur divers points de l’histoire de Liège et sur des personnages célèbres du pays. »

Si nous interrogeons cette chronique, elle nous révé-

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