‹ Mélanges d'art et d'histoireChapitre 2 sur 10 · LE LISEUR · texte numérisé non relu

LE LISEUR

Dessin par Ad)-icn de lJ~ii/e

lera quelques faits marquants qui se sont passés chez nous, au XVIlh siècle, oubliés aujourd’hui, ou assez peu connus et qui, cependant, à cette époque^ ont été considérés comme de véritables événements.

C’est ainsi qu’en 1740, le Pays de Liège a été éprouvé à ce point, par des gelées longues et excessives, des neiges abondantes et les inondations qui s’ensuivirent, que cette année fut longtemps appelée l’année calamiteuse.

De grosses gelées continuelles ont duré environ ii semaines ; elles ont été à deux reprises si violentes cpie l’eau gelait dans le coin du feu.

La Meuse a été gelée dessus et dessous le pont des Arches, de façon qu’on y a passé plus de six semaines continuelles.

Les charretiers passaient la Meuse sur Avro}' avec leurs charrettes remplies de houille. On a passé pour une troisième reprise la Meuse au pont des Arches le jour de S^-Mathias, 24 février. Ensuite on a eu des neiges et des gelées jusqu’au mois de juin presque continuelles.

Les fruits et les légumes n’ont pu venir à leur maturité. La récolte a été si stérile en grains, foins, qu’on en a pas recueilli la moitié des autres années.

De mémoire d’homme on n’a vu de pareilles inondations. Les eaux ont commencé à se déborder le 10 décembre et elles se sont soutenues hors rives jusqu’au 18 dito ; elles ont regrossi ensuite le 19 du dit mois, tellement qu'on allait parmi tout le bas de la ville avec des nacelles.

Il y en a jusque dans l’église des Jésuites ; dans celles de S^-Denis, S^-Paul, S^-Barthelemy, presque sur l’autel dans ces trois dernières.

Elles ont occasionné une perte immense dans tout le pa3^s. Elles ont fait crouler nombre de maisons, de grosses murailles.

On ne voyait rien d’autres que de grosses poutres, des perches, des arbres arrachés, des bêtes no3mes, des garde-robes, des chaises passer sous le pont des Arches pendant tout le temps des eaux. Il 3^ a eu des voûtes de ponts renversées, entre autres le pont d’Amercœur et le pont d’Avroy ébranlés. Bien des gens sont morts de faim, d’autres ont été obligés de manger ce qidil 3^ avait de plus vil, des herbes, du foin. Enfin, ça été un véritable déluge, les rivières sont restées hors bord pendant cinq semaines continuelles dans notre pa3^s.

Il 3^ a eu aussi de grandes difficultés, cette année 1740, entre le roi de Prusse et Georges-Louis de Berghe, prince de Liège, au suiet

de la terre de Herstal. Le roi de Prusse a envoyé dans le mois de septembre 2,5oo hommes à discrétion sur le pays de Liège, qui ont séjourné six semaines à Maseyck aux frais du pays, tellement qu’on a été obligé de s’accommoder parmi donnant 5o,ooo écus et défrayant les troupes, le tout estimé à près d’un million de florins, et la terre de Herstal est restée au pays.

Alors, comme en notre siècle, des séries d’hivers doux succédaient, souvent, à des séries d’hivers plus ou moins rigoureux. Ces alternances dans les conditions atmosphériques semblent, à raison de notre situation sur le globe terrestre, être plus ou moins particulières à nos pays d’Europe.

L’hiver de 1748-1749, dit la Chronique Hoyoux, a été si doux et si agréable jusqu’au 6 février qu’on croyait être plutôt en automne qu’en hiver.

Les abricotiers, pêchers, groseilliers, cerisiers et autres arbres étaient en fleurs dans le mois de janvier, et d’autres en feuilles. Le blé était tellement avancé au commencement de février que les épis avaient déjà des nœuds formés et les navettes en fleurs dans plusieurs endroits.

L’hiver suivant a été aussi extrêmement doux et agréable jusqu’au mois d’avril. Le mois de mars avait joui d’un temps aussi beau et bon cpCen été, les arbres étaient en fleurs et les fruits formés, mais ce qui ne s’était point produit l’année précédente , le mois d’avril a été aussi fâcheux que les autres beaux et les arbres en souffrirent l)eaucoup.

On voyait donc alors, comme à notre époque trop souvent encore, Avril détruire les plus belles mais trop hâtives apparences.

Autrefois, en notre bonne ville de Liège, on fêtait, d’autre façon que de nos jours, les enfants du pays qui se distinguaient dans leurs études, et particulièrement ceux qui étaient déclarés primus ou premier de Louvain.

— ig —

Pierre-Adrien Leblanc, de Lixhe près de Visé, ayant été proclamé, en 1757, premier des quatre pédagogies de rUniversité de Louvain, comme l’on disait alors, fut salué, avec honneurs, le 20 octobre, à son passage par Liège :

Les députés du magistrat s’étaient rendus à ses devants dans une voiture à six chevaux précédée de timbales, à une lieue de la ville ; ayant été conduit à l’Hôtel de Ville au bruit des boîtes et des fanfares, avec toute son escorte où le magistrat, après le compliment, leur présenta un bel ambigu d) avec rafraîchissements et une pièce de vin d’honneur au proclamé.

Le lendemain matin, il fut reconduit avec les mêmes cérémonies jusqu’à Coronmeuse et les trois Etats ont passé un premier don de i.5oo fis.

Quelques années plus tard, c’est un Liégeois qui va conquérir la palme universitaire à Louvain; aussi de grands honneurs lui sont rendus lors de son retour en notre ville.

Forgeur, Joseph, liégeois, a été proclamé le i6 octobre 1793 premier de quatre pédagogies de Louvain, ce qui ne s’était plus vu depuis i65g, qu’un nommé N. Flémal avait remporté le le’’ prix. Le 28 octobre d*^, il a été conduit à Liège par la cavalcade de Louvain, où il est entré, à cheval, la palme à la main, en [rabat et manteau noir, avec un grand cortège de carrosses et de chevaux. Les canons de la citadelle, les boîtes, le carillon, le son des cloches de toutes les églises ont annoncé son arrivée et s’étant rendu à sa paroisse de St-Jean-Baptiste, il y a eu un Te Deum en grande musique, puis arrivé à l’Hôtel de Ville, fil a été complimenté de tous les différents corps et tribunaux, ayant été avec son monde à un souper très délicat préparé pour cent couverts.

Les Etats lui ont accordé i,5oo fls. ; S. A. le Prince, 1,000; la Cathédrale, sede vacante 800 ; le magistrat une belle aiguière avec son bassin d’argent, qu’on peut estimer aux environs de i.ooo fls.

(g Repas qui n’est ni un déjeuner, ni un dîner, mais qui tient le milieu entre l’un et l’autre par l’heure où il a lieu et par la nature des mets.

En 17(38 un autre Liégeois, du nom de May'ence^ Joseph, rapportait aussi, de Louvain, la palme académique, et il n’était âgé que de 17 ans.

Ln 1777, la meme haute distinction échoit à Lrançois-Noél Defrance^ né à Liège en 1756.

L’un comme l’autre furent reçus triomphalement à leur retour dans leur ville natale. Lorsque, le 24 août 1777, Defrance fit son entrée publique à Liége^ il était escorté « d’une cavalcade de 5 à 600 chevaux, de près de 50 voitures, dont celle de Son Altesse et précédée de deux coureurs. » Cette entrée publique, au dire du vieux manuscrit, aurait même dépassé de beaucoup celles des couronnés précédents « y ayant eu un monde immense sur toute la route, »

Enfin, en 1783, le Liégeois Vincent, Hubert, était déclaré, unanimement, premier de TUniversité de Louvain et faisait aussi son entrée triomphale à Liège, le 24 août de la même année.

Oue sont devenus, par la suite, ces jeunes premiers de Louvain qui donnaient de si belles espérances ?

h’orgeur atteignit^ dans les ordres religieux, au grade de vicaire-général du diocèse de Malines ; Defrance de\'int conseiller à la Cour supérieure de justice de Liège et Vincent est resté avocat à la même Cour.

Nous manquons de renseignements, à cet égard, concernant Leblanc et Mayence ; nous n’avons rencontré trace de leurs noms dans l’histoire de notre ancienne principauté. 11 se peut, du reste, que parmi ces couronnés de Louvain, auxquels le prince de Liège et les magistrats de la Cité réservaient de si grands honneurs, il s’en soit trouvé qui n’ont point donné tout ce qu’ils promettaient.

Gela se voit encore de nos jours.

La vieille Chronique que nous feuilletons ne pouvait manquer de parler des affaires criminelles de l’époque qui firent sensation.

Mais si Paris vaut bien une messe, suivant le mot fameux qui aurait été prononcé par Henri IV, lorsqu’il assiégeait la grande ville, pour conquérir son trône, nous nous faisons difficilement à l’idée qu’il fût un temps où deux messes, dites le même jour, par le même officiant, pouvaient entraîner la détention perpétuelle du prêtre convaincu d’avoir, de la sorte, enfreint les règles des liturgies chrétiennes.

Nous lisons, en effet, dans cet ancien manuscrit :

L’an 1741, on a conduit en prison un prêtre nommé Riselet, du côté de Wandre, pour avoir dit deux messes par jour ; une à Saint- Lambert et l’autre à Saint-Georges. Il a été condamné à une prison perpétuelle.

Sans en excuser la cruauté, dans ses détails, nous comprenons mieux le châtiment infligé, vers la même époque, à un prêtre, auteur d’un triple assassinat, presque d’un quatrième, durant une même nuit et qui, son forfait accompli, s’en va se réfugier, tranquillement, dans un couvent où il trouve asile. Mais laissons parler la Chronique du temps :

Le 16 Décembre 1785, Jacques Pierlot, prêtre et marguillier de Verviers, a assassiné le conseiller Delmotte, ses deux servantes, ajmnt manqué son coup sur la personne du sieur Sougnez, prêtre logé chez le dit conseiller, vers les 4 heures du matin, qui aurait été la quatrième victime de cet assassin, sans un bonheur particulier.

Le malheureux prêtre s’étant enfui, sans avoir pu parvenir à son but, a été saisi, le 8 janvier 1786, au couvent des Récollets, à Luxembourg, et ramené à Liège. Ayant été condamné, le i3 février, par

sentence de TOfficial, à être dégradé et livré au bras séculier ; le

20 février ayant été dégradé au bas des degrés de la Cathédrale, sur le marché, par le comte de Méan, suffrageant, assisté des abbés de Saint- Gilles et de Saint-Jacques, et des do^^ens de Saint-Pierre et de Saint- Paul ; a été remis et abandonné à la justice séculière le lendemain

21 février.

Les Echevins, a5mnt achevé la lecture du procès de M. l'Official leur communiqué, ont prononcé la sentence de cet indigne prêtre, par laquelle il a été condamné à être trainé sur une claie au lieu du supplice, tenaillé huit fois, rompu et exposé vivant sur une roue pendant 4 heures.

L’exécution de ce misérable s’est faite â Saint-Gilles, vendredi 24 février 1786, avec quelque adoucissement de sa sentence, n’ayant été tenaillé que deux fois, rompu vif et resté trois heures sur la roue avant d’être étranglé.

Avant de déposer le volume, cueillons-y quelques épitaphes qui valent d’être notées pour leur originalité.

Le grand buffet d’orgues de l’église S' -Jacques, à Liège, est, on le sait, le chef-d’œuvre du maître en constructions de ce genre : André Séverin, qui, alors déjà d’âge, se retira au monastère de cette ancienne abbaye, y mourut et fut enterré, en 1633, « sous son ouvrage. »

Voici l’épitaphe en vers, gravée en relief sur une pierre, qui se trouvait, autrefois, dans le sol, sous le buifet des orgues :

André Séverin, en son art sans pareilles.

Nous a fait ces orgues, l’une de ces merveilles, Rerut à Maestricht sa vie et son être Et mourut, rempli de grâces, dans ces cloitres : Ainsi d’un destin très heureux,

Son coiq^s re]rose dans ces lieux Son âme éclate dans les deux Et son ouvrage au milieu.

Présentement cette pierre est enchâssée toujours

plus ou moins sous les orgues, dans le mur de la tour de l’église primitive. L’inscription en est très lisible encore.

Dans l’église S^-Etienne, depuis longtemps démolie, et qui existait à l’angle des rues Chapelle des Clercs et Saint-Etienne, vers Saint Denis se trouvait cette épitaphe en wallon :

Ci gist Devivi ki tott ci veie

N’a fai ki plaiti. Si les plaitieu

Vont es paradi, cicial porrè y ess ossi.

Et dans l’ancienne église S‘-André, il y avait cette non moins singulière épitaphe :

Cy gist Gilles Bouton Entre ses deux boutonnières

(Ses deux femmes).

Rue Sur la Fontaine, s’élevait, jadis, une fontaine dite de Saint-Lambert, que l’on pouvait classer parmi les plus antiques de la Cité et qui a donné, à cette rue, le nom qu’elle porte aujourd’hui encore. Or, selon le même vieux manuscrit, on pouvait y lire autrefois cette épitaphe, remontant au XVL siècle :

C}'' gist Jean Macaire

En son vivant publique notaire

Sa femme 3" gist aussi

Oui fut plus publique que lui.

(Elle était sage-femme).

\dser à l’esprit^ en de telles circonstances, semble étrange, en vérité, et l’on serait tenté de dire, ce voyant.

que Chateaubriand n’avait pas complètement tort lorsqu'il écrivait ces lignes : « Je suis très peu sensible à l'esprit, qui m’est presque antipathique, quoique je ne sois pas une bête. »

L’Evangéliaire de Notger

Le recueil des évangiles ayant appartenu à l’évêque Notger est une pièce unique^ des plus intéressantes, en même temps qu’un souvenir de ce prince-évéque, dont on peut dire qu’il fut le second fondateur de la Cité de Liège.

La couverture, des plus remarquables, de ce précieux manuscrit est composée d’une plaque rectangulaire d’ivoire sculpté en haut relief, enchâssée dans une bordure métallique.

Cette plaque d’ivoire, qui date du dernier quart du siècle, représente, à la partie supérieure, le Christ placé dans une auréole ovale lui entourant tout le corps. Il est assis sur un siège si faiblement indiqué qu’on peut le prendre pour un arc-en-ciel.

De la main droite, le Christ bénit à la manière latine, tandis que la gauche tient un livre fermé reposant sur le genou. On voit dans les angles les emblèmes des quatre évangélistes.

Notger est figuré, dans la zone inférieure, venant de quitter son siège d’évêque, cathedra, et se prosternant, un genou en terre, devant un autel recouvert

d'un baldaquin ou ciborium. Il porte en mains le livre des évangiles qu’il a fait exécuter et l’offre au Christ.

Les parties les plus saillantes de la plaque d’ivoire sont usées par le frottement, particulièrement les h^mres.

Le relief du visage de l’évêque a presque disparu^ usé par les baisers des fidèles, dit M. Joseph Brassinne. P)

Autour de la plaque, on lit cette inscription, en latin, gravée en relief dans l’ivoire et formant deux hexamètres :

]\Ie voici, Notger, écrasé sous le poids des péchés.

Le genou plié vers toi qui fais tout trembler d’un signe de tête.

La bordure métallique, qui sert maintenant d’encadrement à l’ivoire, est composée de seize plaques, dont huit émaillées et huit ciselées.

Les plaques émaillées représentent les quatre vertus cardinales et les quatre ffeuves du paradis terrestre, ceux-ci figurés par des vieillards versant des urnes remplies d'eau.

(>es émaux mosans sont du XIIL siècle.

Les plaques ciselées sont de forme elliptique, bombées et décorées de rinceaux. Elles datent de la fin du XX'" siècle.

Le catalogue des manuscrits de la Bibliothèque de n 'niversité de Liège, où le célèbre évangéliaire resta longtemps, renfermé dans un coffre-fort dont la Ville de 1 Jége conservait les clefs, porte cette mention :

i i) CJn'oiiii/iie archcohgi(iiie du Pays de Liége^ igoS. p. 68.

Evangéliaire de Notger : « Il est fort à présumer ([ue cet évêque a voulu être représenté ici dans cette posture humble, se repentant de la ruine des églises qu’il fit abattre en détruisant Chévremont, pour réparation de l’une desquelles il fonda en cette ville, environ l’an 981, la collégiale de Saint-Jean l’Evangéliste, à laquelle, entre autres choses, il donna ce manuscrit, qui depuis a été à l’usage de cette collégiale jusqu’à cette année que Messieurs du chapitre me l’ont donné en récompense d’autres bienfaits.

Baron de CRASSIER.

Cette explication de l’attitude suppliante de l’évéque Notger donnée par rhistorien-archéologue très renommé Guillaume de Crassier (1662-1751)) s’accorde avec le récit de la prise du château-fort de Chévremont.

Bâti sur une montagne d’un accès difficile^ le château de Chévremont avait résisté à maintes attaques ; il était réputé imprenable.

Notger, qui le convoitait, eut recours à la ruse pour s’en emparer.

Le sire de Chévremont, désirant faire baptiser un fils qui venait de lui naître, s’adressa à Notger ; celui-ci promit d’aller, au château même, présider à la cérémonie.

Au jour convenu, l’évêque, accompagné de nombreux vassaux, revêtus de costumes ecclésiastiques, munis de cierges et psalmodiant des prières, se rendit, en grande pompe, à Chévremont ; le comte se porta à la rencontre du saint cortège et le conduisit solennellement dans l’intérieur de sa forteresse.

Quand tout le monde eut pénétré dans l’enceinte, sur un signe de Notger, les soldats jetèrent leurs cierges, se dépouillèrent de leurs robes et le châtelain vdt apparaître devant lui plusieurs centaines d’hommes d’armes bardés de fer.

La f^^arnison du château, surprise sans défense, fut massacrée ; le sire de Chèvremont, fou de rage, se précipita du haut des remparts ; le palais, les églises et monastères, jusqu’aux habitations qui l’entouraient, tout fut anéanti. La destruction de la forteresse, enfin, fut complète et Notger rentra à Liège en triomphateur.

Sans protestation, peut-on dire, ce récit de la prise de Chèvremont a été répété pendant des siècles, aussi bien par d’anciens chroniqueurs que par les derniers historiens liégeois. Il est rapporté, notamment, par Gilles d’Orval, le chroniqueur du XIIL siècle ; par Jean d’Outremeuse^ célèbre chroniqueur liégeois du XI siècle ; Albert de Lymborch, chanoine de Saint- Paul au XVL siècle; par Ghapeauville (1551-1617); Saumery (1690-1767 ?) ; Villenfagne (1753-1826);

enfin, par de Gerlache, Mathieu Polain et Ferdinand Henaux.

Dans son Essai historique sur Notger, p. 20, de Villenfagne écrit notamment :

« Il m’aurait été bien satisfaisant de disculper l’illustre Notger de la surprise de cette place I Chèvremont), mais, après avoir approfondi ce trait historique, j’ai trouvé que cela est impossible. Si quelques ]icrsonnes traitent encore ce stratagème de fable, c’est qu’elles n’ont j)oint pris la peine d’examiner comme moi, dans de bonnes sources, l'histoire de ce prince )).

De Beedelièvre, dans la Biographie liégeoise, écrit, d'autre part :

En i63.}, Caraffa, alors nonce du pape à Liège, fit relever le corps (le Notger, enterré dans l’église de S*-Jean, pour qu’il fût procédé à sa béatification ; mais au raj)port du savant Crassier, il paraîtrait que le stratagème em})loyé par Notger pour surprendre le château de Chèvremont n’ayant pu se justifier, la cour de Rome ne crut pas devoir ])Oursuivre sa canonisation.

Cliclié de la Maison Bénard

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