II
Mais cela suffit-il pour expliquer une étymologie cherchée aussi loin ? *
Mieux ne vaut-il^ ainsi que d’autres l’ont fait, avouer que nous ignorons la raison d’être de cette appellation ?
Nous ne sommes davantage fixés sur la naissance de la demeure seigneuriale de Kinkempois dont les bois dépendaient au moyen âge, mais il est avéré que Guillaume de Momalle, qui en était le propriétaire au milieu du XV*" siècle, \endit le 7 juillet 1457, au prix de 3,000 llorins d’or, château, terres et bois, ces derniers se développant sur 360 bonniers.
Le domaine fut acquis par l’abbaye de Saint Laurent, près de Liège, qui le conserva jusqu’à la Révolution française de la fin du XVIIL siècle.
<< C'est là que, à certains jours, dit M. Théodore Gobert dans les « Rues de Liège », les religieux de S'- Laurent allaient se reposer et respirer l’air pur de la campagne. La moitié seulement de la communauté pouvait s’y rendre à la fois, l’autre moitié devant demeurer à Liège pour la célébration des offices. »
Le () ventôse an V (25 février 1796), le « bien de Kinkempois» était exposé en vente publique par les autorités républicaines. « tant le quartier de maître que celui du fermier, ayant appartenu au ci-devant monastère de Saint-Laurent-lez-Liége, contenant 33 bonniers, 9 verges grandes, sans y comprendre les bois ».
On attachait, faut il croire, peu d’importance aux bois, puisqu'il n'était pas jugé utile d’en indiquer la contenance même approximative.
Le « bien » fut adjugé pour le prix de 40,100 livres
BOIS DE KINKEMPOIS : Le Sart-Tilman
Eau-forte par François Maréchal
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au citoyen Gh.-J. Desoer, de qui le détiennent, par voie de succession, les propriétaires actuels.
S’il faut en croire la légende, une seule coupe de ces bois aurait, par la suite, remboursé l’adjudicataire de son prix d’acquisition du « bien » tout entier !
Saumery, dans son grand ouvrage : « Les Délices du Pays de Liège », ne s’intéresse pas au Bois de Kinkempois et parle seulement du château.
Par contre, F erdinand Hénaux, dans sa « Description de la Ville de Liège », dit :
« Le Bois de Quinquempois renferme les promenades les plus variées et les plus pittoresques. L’art n’y a fait, pour ainsi dire, que diriger le ciseau de la nature.,. Tout y excite l’admiration, tantôt par les sites nombreux qui varient à chaque instant, tantôt par des points de vue admirables qui font de ce gracieux labyrinthe de verdure et d’ombrage le séjour le plus charmant. »
Les vieux Liégeois ont conservé le plus charmant souvenir des agréables excursions qu’ils firent, au temps jadis, en belle saison, au bois de Kinkempois, tandis que l’accès de celui-ci n’était défendu ni par ronces artificielles, ni par barricades, comme aujourd’hui.
Si l’on y pénétrait par le « chemin de la Jardinière, gravissant une côte un peu rude, il est vrai, mais tôt franchie, apparaissait bientôt une vue admirable embrassant en meme temps les vallées de l’Ourthe et de la Meuse.
Lorsqu’on préférait s’y engager par 1‘ « Allée des Soupirs », ne tardait guère à se développer l’impressionnant panorama de Liège et du pays industriel d’Ougrée et de Seraing.
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Aisément aussi, on gagnait le Sart-Tilman, les Boncelles, en passant par les étangs et le repos de chasse ; parfois, allant par monts et par vaux, on redescendait tranquillement sur TilflP. C’était charmant toujours !
X^olontiers, les moins ingambes s’arrêtaient à la grande prairie de l’entrée du bois et s’y reposaient combien agréablement.
(]omme le dit Ferdinand Ilénaux :
« La simplicité des embellissements, sur un amphithéâtre de gazons et d’arbres, au milieu duquel un étang limpide, alimenté par les eaux d’une jolie cascade qui y entretient constamment une délicieuse fraîcheuig en fait un vrai séjour de douces rêveries, de sentiments agréables et d’enthousiasmes paisibles. » On ^'isitait encore, tout proche, la carrière de sable abandonnée, d’où les anciens verriers liégeois^ rapportent les historiens Bouille et Foullon, extrayaient un sable clair qui convenait admirablement à leur fabrication.
Depuis longtemps, hélas ! la faculté n’est plus guère donnée aux Liégeois de se rendre en ces lieux enchanteurs, qui sont aux portes de leur ville. ■
L’Administration cominunale a songé, à maintes reprises, à ébaucher des négociations en vue de leur rendre la jouissance du bois de Linkempois, caressant même l'idée de pou\ oir y établir quelque jour, là-haut, prés du Sart d'ilman, une colonie pour les enfants de ses écoles.
Kéussira-t elle un jour ?
(L‘ que l'on désire, on l’espère toujours !
La Fondation Darchis
Lambert Darchis, dont le nom a été donné à une importante rue de Liège, est né en cette ville, le 31 juillet 1625, dans la petite paroisse de Saint-Hubert, à laquelle deux recensements successifs, faits en 1051 et en 1791 , ont attribué identiquement le meme nombre de maisons : 52, Elle fut réunie, en 1803, à la nouvelle paroisse Sainte-Croix (') qui venait d’etre créée.
Dès l’âge de 21 ans, donc vers 164G, Darchis quitta sa patrie pour aller s’établir à Rome, où plusieurs membres de sa famille avaient autrefois résidé. Deux de ses oncles paternels : Antoine et Laurent, et son grand-oncle Godefroid, y avaient même fini leurs jours et furent inhumés dans une sépulture particulière en l’église Santa Maria delF anima.
Il ouvrit une agence d’ahaires, s’occupa principalement de correspondance ecclésiastique et de l'expédition des dispenses pour l’étranger. Il remplit ces fonctions d’agent-expéditeur apostolique pendant plus de cinquante ans : la fortune qu’il avait acquise était assez considérable.
(i) Théodore Gobert, Les Rues de Liège, t. Il, p. 76.
Cet homme respectable, jeune encore, ayant quitté les lieux de sa naissance, et s’étant fixé à Rome, fut souvent témoin lui-même, rapporte de Beedelièvre, de la détresse de quantité de ses compatriotes qui, arrivés dans cette ancienne capitale du monde, y végétaient sans ressources et sans moyens, et ne pouvaient, dans une pareille situation, faire germer les talents qu’ils avaient reçus de la nature. Ce généreux citoyen laissa donc, par un testament, en date du 22 octobre i6g6, la plus grande partie de ses biens pour fonder à Rome un collège qui fut destiné à y accueillir et à y bien traiter les jeunes gens de sa nation, (b
Moins de trois années après avoir fait le testament qui instituait la fondation du collège liégeois, primitivement appelé hospice, Lambert Darchis décéda, le 25 février ibgg et, selon le désir qu’il en avait exprimé, il fut inhumé dans la sépulture particulière de sa famille, où reposaient déjà ses oncles.
11 s’exprimait en ces termes dans son testament, écrit en latin et très détaillé :
J O veux (ju’ils (les exécuteurs testamentaires) louent ou achètent une maison, suffisante et commode, pour le logement de mes pauvres compatriotes {jui sont ])eut-étre maintenant à Rome ou qui pourront y venir. Dans cet hos}uce, ils seront reçus pour cinq ans et pas plus, moins cependant si le dit Tliéodore (Théodore Herque, l’un des exécuteurs testamentaires) et autres exécuteurs ou administrateurs le pigeaient convenir ; ils 3^ auront un lit, de la lumière et, pendant l’hivc'r. un lieu de bois, selon (jue les biens de mon héritage le permettront et suffiront.
Ainsi fut fondé l’hospicc dont nous avons à faire
(i) nr: DicfjDCLièvin:, Biographie liégeoise, t. II, p. 317.
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l’histoire. I.es exécuteurs testamentaires désignés par Lambert Darchis, dans son testament, et auxquels il lègue, à chacun, un de ses tableaux, excepté à Théodore Herque, qui obtient cent écus d’or, étaient au nombre de cinq : le dit Herque, Barthélemy Brassinne, Nicolas Greyr, Gilles Haneux et Arnould Gampon.
Ces derniers, aussitôt après la mort de Darchis, achetèrent une maison, située sur la place Monte Doro, près du Corso, destinée au logement des appelés à bénéficier de la fondation et organisèrent celle-ci sur les bases qui leur avaient été tracées dans le testament.
Mais, par la suite, et vraisemblablement parce que d’institution, telle que l’avait conçue Darchis, ne rendait pas les services en vue desquels elle avait été créée, ses administrateurs cherchèrent à lui donner une direction qui, pour s’écarter des dispositions littérales du testateur, répondait néanmoins à ses sentiments généreux à l’égard de ses compatriotes.
Une douzaine d’années après la mort de Lambert Darchis, VHospice était transformé en Collège où devaient être reçus, non plus des compatriotes pauvres, manquant de ressources, mais des jeunes gens, peu fortunés, suivant la carrière des sciences et des arts.
Les armoiries du pape étaient hissées au-dessus de la grande porte extérieure du Collège, comme, au reste, sur tous les établissements publics protégés par le gouvernement romain.
Des cinq exécuteurs testamentaires qui avaient été les premiers administrateurs de la fondation Darchis, deux étaient encore en fonction lorsque cette transformation fut décidée : Nicolas Greyr et Arnould Gampon.
Barthélemi Brassinne, Théodore Herque et Gilles
I la ne use avaient été remplacés par Lambert Jamar, (jLiilIaume (jeeiiaet Michel Smachers.
Le nouveau conseil d'administration, ainsi composé, arrêta un reglement organique devant, à l’avenir, tenir lieu de charte pour le Collège liégeois de Rome ; mais ce règlement fut particulièrement rédigé en vue d'une maison d’éducation à l’usage de jeunes gens qui, avant terminé leurs humanités, n’aurâient pas les ressources nécessaires pour s’adonner aux études du droit et de la théologie.
Soumis au Gouvernement pontifical^ ce règlement fut approuvé, le 31 janvier 1711, par la « Sainte congrégation du Concile » qui, en meme temps, restreignit l'indépendance absolue des administrateurs en donnant à la fondation un « protecteur ».
(ie protectorat était, en réalité, une curatelle supérieure et honorifique qu’un cardinal était appelé, par le pape, à prêter dans les rapports qui survenaient entre les fondations et le gouvernement pontifical.
Le « protecteur » veillait à ce que les administrateurs ne s'écartassent point de l’acte souverain de la fondation, des dispositions ou règlements qui les intéressaient. II réservait encore son approbation pour les actes qui sortaient de l’administration simple des biens, comme les acquisitions, ventes, ou grandes réparations des immeubles.
Le (Collège, ainsi organisé par le règlement de 1711, administré par des proviseurs liégeois, résidant à Uome, mais sous la surveillance d’un prince de riéglise. subsista, pendant une longue période d’années. sans qu’aient été nombreux les artistes qui profitèrent de la fondation Darchis.
Le peintre Léonard Lelranee, né à Liège en 1735, était cependant, dés 1753, pensionnaire de cette fondation.
Le sculpteur François Dew^andre, sur une lettre de recommandation de l’évéque Velbruck, fut aussi admis à jouir, de 1780 à 1784, des bienfaits de l’institution. 11 adressa meme sur son organisation dans les dernières années du régime princier, aux Etats députés de la province de Liège, un rapport, daté du 10 août nSai, et dont les détails sont curieux :
Douze pensionnaires, dit-il, étaient, à cette épo<]ue, log:és et nourris au Collég-e, de manière très convenable.
Le diner consistait en une soupe, une entrée, deux portions de viande, une demi-bouteille de vin et une livre de pain blanc ; le souper en un légume, une portion de viande, du vin et du pain blanc ; la maison ne fournissait pas à déjeuner.
En cas de maladie, on était traité aux frais de la maison, qui fournissait tout ce qui était nécessaire, payant le médecin, chirurg^ien et apothicaire.
En hiver, à la chute du jour, il y avait du feu et de la lumière dans une pièce du rez-de-chaussée qui servait de chauffoir commun.
Le service de la maison se faisait par un cuisinier et un domestique qui étaient nourris, logés et rétribués.
Les pensionnaires avaient chacun une bonne chambre ; les six plus anciens en avaient deux. Le mobilier que donnait la maison consistait : en un complet composé de deux matelas, un traversin
et un oreiller, une couverture de laine et une courtepointe. On avait une paire de draps blancs tous les mois en hiver et tous les quinze jours en été, une serviette et un essuie-mains par semaine ; 2° en une table, une chaise, une aiguière et un chandelier ; le reste du mobilier devait être fourni par le pensionnaire tel qu’il le désirait ; il en conservait la propriété et pouvait le vendre à son départ (i).
Suivant les expressions, du testateur doivent avoir préférence pour jouir des avantages de l’institution, je cite ses propres termes :
(i) Archives de la ville de Liège.
« 1° Mes parents et alliés.
» 2" (]eux qui sont nés à Milmorte, d'où sortent mon père et mes oncles. (')
» (]eux de la paroisse de Saint Hubert dans laquelle je suis né.
» 4° (^eux qui sont les plus proches de Milmorte avec les autres Hesbignons à l’exclusion de ceux d’Outre- Meuse et pas éloignés de Liège de plus de quatre lieues. parlant le wallon français seulement et cela pour obvier aux querelles et disputes qui pourraient naître de la diversité des langues. »
Darchis stipule encore, dans son testament, que les administrateurs de sa fondation « doivent être tels, ni plus éloignés de Liège que de quatre lieues, aussi bien que les candidats. » Or, Dewandre dit dans son rapport :
Lambert Darchis avait excepté de la jouissance de son institution les Liégeois du quartier d’Outre-Meuse, pour des motifs particuliers et, à ce (pril parait, à cause d’un désagrément personnel qu’il avait essuyé dans ce quartier.
Dewandre, et, après lui, de Beedeliévre et maints autres auteurs, se sont trompés en écrivant que Darchis avait exclu, du bénéfice de son institution, « les Liégeois du quartier d’Outre-Meuse. »
Dans son testament, il excepte, non les Liégeois, mais les I [esbignons d’Outre-Meuse (cum cœteris //isbanis, cxclusis eliani Ullraniosanis).
Rapprochant cette disposition du testament de
fi) ( )n voit encore à Milmort plusieurs pierres sépulchrales de la famille Darchis.
Lambert Darchis de la clause dans laquelle il stipule que les bénéficiaires de l’institution doivent ne parler que le wallon-français, pour obvier aux querelles et disputes qui pourraient naître de la diversité des langues, il nous paraît évident que le testateur a voulu exclure seulement ceux qui seraient originaires des communes de langue llamande, situées sur la rive droite de la Meuse, comme Aubel, Dalhem, Fouronle-Gomte, Fouron-Saint-Martin, etc., mieux le pays qu’on appelait le quartier d’Outre-Meuse ( ... « Patriotis meis lingua vallo-gallica tantum utentibus, ne ob diversitatem linguarum discordiarum, et rixariim occasio inter eos detur ».
Ainsi s’expliquerait davantage que par un prétendu
désagrément personnel », surtout^ de la part d’un homme dont l’unique ambition était d’être utile à ses semblables, les motifs de l’exclusion qui nous occupe.
Rappelons, du reste, que l’illustre Grétry a été reçu au Collège Darchis, durant son séjour à Rome, de 1759 à 17(56, quoiqu’étant né à Liège dans une des rues du quartier d’Outre-Meuse.
Mathieu Polain qui a publié, en 1838, une notice sur Lambert Darchis, rechercha alors quelles étaient les ressources de la fondation, mais il n’aboutit qu’à cette constatation :
Darchis avait légué foid son bien de Rome pour subvenir aux frais de l’institution remarquable qu’il venait de créer ; aujourd’hui, on ignore en quoi consistait tout ce bien : quelques capitaux placés sur le Mont-de-Piété et sur la Banque du S^-Esprit, à Rome, et dont le produit annuel s’élevait de 1800 à 25oo écus romains, voilà, pensonsnous, quelles étaient les ressources du nouvel hospice. Quoi qu’il en soit, il est certain que depuis son origine jusqu’à l’époque de la Révolution française, ces revenus suffirent à l’entretien de l’établis-
. sement. du recteur, des domesticiiies et de dixdiuit jeunes gens, nomlu'e (jui fut cependant réduit plus tard à 12, et qui est aujourd'hui bien inferieur encore ! (i)
Par suite des troubles qui se produisirent à Rome, lors de la Ré\'olution française, les étrangers devinrent suspects au gouvernement pontifical. Celui-ci ferma le collège Darchis. Les jeunes Liégeois qui s’y trouvaient furent renvovés dans leur patrie.
(Quelques années plus tard, à fépoque de finvasion française dans les lètats pontificaux, il s'en fallut de peu que les biens de la fondation ne fussent perdus. ( )n rapporte que la vente en avait meme été décrétée et publiée par le gouvernement de la république, à titre de conquête du pays de Liège.
(ie fut seulement après le dénouement de 1815 que le pape Pie \dl put prendre quelques mesures pour essayer de rétablir les choses en leur état.
La Belgique, alors, était réunie à la Hollande elle gouvernement des Pays-Bas chargea son ministre du Roi à Rome de s’enquérir, dans le but de faire aussi revivre la fondation Darchis, de ce qu’était, autrefois, son administration, et en quelles mains elle était pussée.
M. Reinhold, ambassadeur des Pays Bas près la cour de Rome, écrivait au ministre de l’instruction publique à La Haye, sous la date du 16 avril 1823 :
11 résulte (le jiics rcclicrchcs avoir assez de certitude cqie c'étaient les proviseurs du (à)llège seuls aux(iuels, autrefois, en appartenait l'adininistration et cpi'ils ne se croyaient pas tenus de rendre compte
! ij M. L. l’oi.MX, XoUce sur Laiiihcrt I')arcJiis. Liège, iS3S, imj)rimerie de I eunelioinme frères, derrière le fhilais.
de leur g-estion à ciui que ce soit, excepté dans des cas extraordinaires, au pape.
Il en résulte également que c’étaient eux ([ui décidaient de l’admission au Collège et que c’était à eux que s’adressaient ou le Magistrat de la ville de Liège ou les Princes Evêques eux-mêmes quand ils voulaient 3^ faire recevoir quelqu’un, en quoi, naturellement, ils n’essu^mient jamais de refus, d’autant moins que les Proviseurs étaient des Liégeois domiciliés à Rome, desquels il 3^ en avait toujours un certain nombre.
Les vicissitudes du Collège ont été cause que ces proviseurs ont cessé d’exister et qu’en ce moment l’administration en repose dans les seiües mains du cardinal Albani qui en a été nommé protecteur par le Pape.
Un mois plus tard, le gouvernement des Pays-Bas prenait un arrêté attribuant à la Députation des Etats de la province de Liège le droit de présentation des candidats pour la fondation Darchis.
Cet arrêté, qui porte la date du 20 mai 1H23, est conçu en ces termes :
Lecture a3mnt été faite
1° De l’arrêté ro3ml du 26 décembre 1818 par lequel Sa Majesté ordonne le rétablissement des fondations de bourses pour études et attribue au ministre de l’instruction publi<iue, de l’industrie nationale et des colonies le droit de le prononcer ;
2° Du testament en date du 22 octobre 1696 par lequel Lamhert Darchis^ né à Liège, fonda à Rome, en faveur de ses parents et compatriotes cpii viendraient y étudier les sciences et les arts, un établissement aujourd’hui connu sous le nom de Collège Liégeois \
3*^ Des lettres par lesquelles le clievalier Reinhold, ministre plénipotentiaire des Pa3^s-Bas près la cour de Rome, nous informe de l’intention où est ce gouvernement de continuer à faire exécuter les intentions de ce fondateur et nous transmet les notes qu’il a reçues à cet égard ;
Et a3^ant été pris en considération que le testament de L. Darchis détermine d’une manière précise les jeunes gens qui })euvent être appelés à jouir des avantages de sa fondation, il n’en est pas de même à l’égard des personnes à qui doit appartenir le droit de présenter ces jeunes gens pour être admis à cette jouissance, qu’il est essentiel de suppléer à celte lacune et de le faire de la
manière la plus conforme aux intentions présumées du fondateur et aux intérêts de tous les intéressés.
11 a été résolu :
Art. I. Le droit de proposer (parmi les jeunes gens désignés par le fondateur) des candidats pour la jouissance des avantages de la fondation de Lambert Darchis, à Rome, sera désormais exercé par la Députation des Etats de la province de Liège.
Art. 2. Elle adressera annuellement au Département de l’instruction publicpie une liste des jeunes gens qu’elle aura ainsi désignés et qui auront été admis à Rome, en indiquant les motifs de la préférence c[ui leur aura été donnée.
Art. 3. Une expédition du présent arrêté, le testament de Lambert Darchis, copie des notes du Gouvernement romain et des lettres du chevalier Reinhold, seront adressés, avec la lettre suivante, à la Députation des Etats de la province de Liège, avec invitation d’en faire la transcription au greffe des Etats de cette province.
A partir de cette époque, la fondation Darchis ne fut plus guère ce qu’elle avait été au XVIIP siècle ; les jeunes gens appelés à en bénéficier ne résident plus en une habitation commune ; on leur paie, chaque mois, une certaine somme au moyen de laquelle ils sont tenus de subvenir à tous les frais de leur entretien et de leur instruction.
(^)uant à l’administration des biens, elle est dévolue à un conservateur qui soumet ses comptes aux administrateurs et ceux ci ne remplissent plus que quelquesunes des fonctions leur attribuées autrefois.
11 fut meme tout un temps où la Députation provinciale de Liège put octroyer elle-même les bourses de la Ibndation, et cela paraissait si bien admis par tout le monde que l’évêque de Liège \'an Bommel ayant à recommander un candidat, élève en théologie, le sieur Jean I.epourceau, né à Ilerstal, habitant Milmort, se bornait à en écrire, le 22 lévrier 1S31, au Gouverneur pi'ésidenl des Iftats députés (‘).
ui An hivi'S prc )vinriales à Liège.
C’est ainsi que ]a Députation provinciale désigna :
Le 13 octobre 1823 : Je/io//e Jean-Louis, sculpteur, l’auteur du monument Charlemagne à Liège, et Wérihas Dieudonné, architecte.
Le 18 décembre 1824 : Closon Gilles, peintre, et Malmedeye Michel-Joseph, ce dernier s’adonnant aux études musicales.
Le 15 octobre 1828 : Simonis Eugène, sculpteur, l’auteur des statues de Godefroid de Bouillon et d’André Dumont.
Le 2 janvier 1830 : Maréchal Jean-Pierre, architecte, et Serrurier Pierre-Joseph ; mais celui-ci renonça à la bourse parce que, ayant pris du service dans l’armée, il fut nommé officier au i L régiment de ligne.
Le 12 mars 1831 : Lepoiirceaii Henri-Antoine, élève en théologie, qui renonce à la bourse parce qu’il est nommé à une cure.
Le ig février 1834 : Bernard Philippe, sculpteur, qui meurt à Rome, pendant le cours de ses études ;• Corbusier Jean-François, peintre, et Monami Pierre- Joseph, architecte.
Le 8 juillet 1835 : Diivivier Edmond, peintre.
Le 2 octobre 1835 : Leroux Simon, élève en philosophie.
Le 10 septembre 1839 • Denis Louis, et Crahay Joseph, peintres.
Le 1 décembre 1840 : Umé Godefroid, architecte, et Nisen Mathieu, de Francorchamps, peintre. Arrivé à Rome, Umé se vit d’abord refuser la bourse parce que la Députation du Gonseil provincial, en le désignant, n’avait pas tenu compte de ce que la « Congrégation des études » l’a\ ait informée « qu’à l’avenir les jeunes
proposés par elle devraient pour se conformer à la volonté du testateur, se présenter munis de qualités non seulement religieuses et morales, mais encore de dispositions et connaissances propres à s’appliquer avec fruit aux études sacrées et légales. »
Mais le comte Emile d’Oultremont, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Rome, écrivit, au comte de Briey, ministre des affaires étrangères, le 2 1 décembre 1841, que «le Saint-Père, exceptionnellement et pour cette fois admet à la jouissance de la bours(' Humée (Umé) qui avait déjà fait le voyage de Rome. »
A cette époque, du reste, l’administration de la fondation Darchis était, de nouveau, en complète désorganisation
Le Gouvernement pontilical manifestait l’intention d'en iàire une institution tout à fait romaine, appelant des Romains à entrer au Conseil d’administration et de jeunes Romains à bénéficier des bourses. Cellesci, selon ses \xies, devaient être attribuées, tout d’abord, à des élè\ es en théologie ; à leur défaut seulement, d’autres candidats pouvaient v prétendre et encore ne de\'aienl-ils pas être des artistes, car, prétendument, Harchis les aurait exclus, par son testament, des bénéfices de sa fondation, alors qu’il est manifeste, qu'il a x'oulu exclure, non les artistes, mais les artisans, c'est-à dire les travailleurs manuels: {«...exclusifs ai'lihus niLVchanicis »).
Nombreuses et fréquentes étaient, dès lors, les contestations ; aussi le ministre de la justice de 1 laussy écrivait, soLis la date du 22 septembre (<848, à la Députation ele 1 .iége : « 1 x ( îouvernement s’occupe, en ce moment.
de réorganiser Ja fondation Darchis dont l’administration semble, depuis quelque temps, être dirigée par des règles plus ou moins incertaines ; il importe, à cette lin, qu’il s’entoure de tous les renseignements possibles pour arriver à donner à cette fondation une base durable qui, tout en respectant la volonté de Lambert Darchis, puisse désormais prévenir les nombreux embarras suscités jusqu’aujourd’hui. »
La diplomatie belge s’employa de son mieux pour résoudre avec le Gouvernement pontifical, par des concessions réciproques, les différents points contestés, et une entente s’établit en vue de reconnaître aux administrateurs de la fondation le droit exclusif de collation des bourses, celles-ci devant être réparties, par parts égales, entre les élèves en théologie et les artistes ; les uns et les autres choisis en tenant compte des dispositions testamentaires de Lambert Darchis. Charles Rogier^ alors ministre de l’intérieur, avait proposé de charger la Députation permanente du choix des artistes et l’évêque de Liège, de celui des élèves en théologie, mais cette proposition ne fut pas agréée. Au cours des négociations une constatation^ qui est à retenir, fut faite, par M. Prosper Noyer, conseiller de légation à Rome et chargé d’aflPaires ad intérim, dans un rapport qu’il adressait au gouvernement belge : « Si quelque chose, écrivait-il, a pu inviter le gouvernement pontifical à prendre en main l’administration de ce collège, ç’a été assurément l’abandon que les Liégeois semblèrent faire trop souvent de leurs droits ou la négligence qu’ils mirent à les exercer ». (')
(i) Rapport de la Légation du Roi. à Rome, du 26 octobre 1844.
La Députation permanente du Conseil provincial de Liéf^^e lit encore choix, le 30 octobre 1844, de Renier Jean Simon et de Coumont Charles, peintres, tous deux de \^erviers , pour deux bourses devenues vacantes et il n'apparaît point que ces désignations aient été mal accueillies à Rome.
Mais, quelques années plus tard, un conflit se produisit, entre la Députation permanente et les administrateurs de la fondation, à propos d’une autre désignation de candidat.
L'Exposé de la situation administrative de la province de Liège, de 1851, relate cet incident qui devait a\'oir pour conséquence l’abstention, à l’avenir, de la Députation permanente, dans la désignation, voire meme dans la présentation des candidats aux bourses de la fondation Darchis.
Kn iXho une bourse était devenue vacante par suite de l'achèvement du terme d’études du sieur Coumont; la Députation permanente porta son choix sur un peintre, ancien élève de l’Académie de Bruxelles, le sieur Grandmaison Gilles, né à Verviers, mais qui habitait Liège. Or, ce fut à un autre candidat que les administrateurs de la fondation octroyèrent la bourse: le sculpteur Lrosper Drion, né à Liège, ancien élève de notre Académie, et qui en devint, par la suite, le directeur.
Aux explications que la Députation avait sollicitées du Gouvernement, celui-ci répondit, le ii mars 1851, qu'il avait été obligé de reconnaître « que le droit de nommer les boursiers appartient au Collège des administrateurs de la fondation, sous le contrôle de la Cour de Rome, et que l’arrêté du 20 mai 1823 n’avait.
pour cette administration, aucune force obligatoire».
ffn meme temps, M. le ministre de l’intérieur communiquait à la Députation permanente une lettre de M. de Meester de Ravestein, chargé d’affaires de la Belgique à Rome, annonçant que le cardinal prosecrétaire d’État déniait au gouvernement belge la faculté ^de s’immiscer, en quoi que ce soit, dans l’administration du collège Darchis ; 2° que les administrateurs ne sont nullement disposés à recevoir ni de la Députation, ni de l’évéque, la désignation des candidats boursiers ; qu’ils veulent examiner euxmémes les titres des candidats et s’adresser à l’autorité belge qui leur conviendra, s’ils jugent nécessaire de prendre des renseignements.
Quelques jours après cette communication, c’est-àdire le 15 mars, M. le ministre de l’intérieur donnait connaissance à la Députation permanente de la lettre suivante :
Rome, le 12 février i85i,
Alonsieur le chargé d’affaires,
Le Conseil d’administration de la fondation Darchis a l’honneiir •de vous accuser réception de la dépêche que vous lui avez transmise en date du 24 décembre dernier, accompagnant l’acte de naissance du sieur Grandmaison, ainsi cpie les certificats de moralité et de capacité pour obtenir la bourse vacante de la fondation Darchis.
Le Conseil d’administration, s’inspirant de la lettre et de l’esprit du testament, et après un mûr examen de toutes les pièces fournies à l’appui des demandes des divers candidats, a cru devoir nommer à la bourse vacante ]e sieur Prosper Drion, sculpteur, né à Liège, le 2 juillet 1822.
Il lui eût été agréable de pouvmir ratifier le choix fait par la province de Liège ; mais les titres de M. Drion, en cette circonstance, lui donnaient tous les droits à la bourse. Le Conseil ne pouvait pas oublier (]ue Darchis, dans son testament, n’appelle à la faveur de sa donation cpie les Wallons qui se trouvent dans le rayon de quatre lieues de la ville de Liège. La ville de Verviers, qui semblerait ne devoir pas concourir pour les bourses de cette fondation, a cependant’
})ar une grande tolérance, obtenu les deux dernières pensions. Il est juste c]ue Liège ne soit pas déshéritée de ses droits à l’avantage d’une ville cpii n'est réellement pas dans le ra^^on de quatre lieues. D’ailleurs, l'àge, les certificats qui constatent les études faites par le sieur Drion ('t les sticcès qu’il a obtenus dans différents concours étaient des titres (jiie le Conseil ne pouvait pas méconnaître.
11 est vrai «[ue la famille du sieur Drion passe pour jouir d’une certaine aisance, mais l’expérience a prouvé que la pension de 20 écus ne répond pas aux dépenses strictement nécessaires pour les études dispendieuses de sculpture et de peinture. Le Conseil a déjà dû se ))réoccupcr de l’insuffisance des ressources mises à la disposition des artistes cjui veulent sérieusement travailler et faire des progrès.
Le Conseil, en vous faisant connaître sa décision, éprouve ses regrets de n’avoir })u, en cette circonstance, prendre en considération les démarches réitérées cpie vous avez faites en faveur de M. Grandmaison.
Il saisit, etc.
L’Administrateur délégué :
(Signé) P. Monami (i).
I.cs anciens élèves de l’Académie des Beaux-Arts de Liège qui, après l’incident dont nous venons de parler, eurent l’honneur d’être boursiers de la fondation Darchis, désignés successivement comme tels par les administrateurs, sont : Victor P^assin, l’auteur du
tableau « Le bon Samaritain » au Musée de Liège ; Adrien de Witte, peintre-graveur, ancien directeur de l'Académie des Beaux-Arts; le sculpteur animalier Léon Mignon, les peintres Léon Philippet et P. -J. Antoine ; le sculpteur .lean Pollard, auteur du groupe « Les Abandoniiés » au square Rouveroy ; Henri Simon^ artiste peintre. Fauteur des pièces wallonnes « lileu l)ixhc » et « Cour cT Oignon » ; le sculpteurpeintre llippolyte Le Roy; le peintre de marines .Alexandre Mai'cette.
.Nestor (lérard, artiste peintre, fut encore choisi
(i) delà siliiiilioii (ul)iiiiiislrû(ive de la hrovince de session de i85i.
piigC'S 21S et sui\-antes.
comme boursier, mais hélas ! celui-ci ne devait connaître que de nom les avantages que pouvait lui valoir semblable désignation.
Nous étions en i88(3 et la situation financière de la fondation Darchis se trouva, à ce moment, assez gravement compromisé. On traversa meme toute une période de crise.
Ce fut, d’abord, le banquier, auquel des fonds assez importants de la fondation avaient été conliés, qui tomba en déconfiture.
Par suite de diverses autres causes, les revenus devant servir au paiement des pensions se trouvèrent réduits au point de ne plus pouvoir suffire à l’entretien, à Rome, que de deux boursiers, au lieu de quatre ; et, les administrateurs s’occupant seuls de la collation des bourses^ celles-ci, pendant nombre d’années, furent exclusivement réservées à des élèves s’adonnant aux études théologiques !
Cela résulte des renseignements que l’Administration communale de Liège, secondée, au reste, par le Gouvernement, put, enfin, obtenir dix ans plus tard, et qui sont consignés dans une lettre, en date du 1 1 janvier 1896, adressée par M. de Favereau, ministre des affaires étrangères, à MM. les Bourgmestre et Echevins^ et dont voici la teneur :
3Iessieiirs,
Je n’ai pas perdu de vue les lettres que vous avez bien voulu m’adresser le i3 août et le 21 novembre iSgS, dossier n^ 929a. touchant la Fondation d’Archis.
J’ai l'honneur de vous communiquer les renseignements c]ue je viens de recevoir de notre Ministre à Rome.
M. Van Loo m’écrit cpie l’état des biens de la fondation n'a pas subi de modifications depuis 1881.
Ces biens sont :
l"nc maison, sise Piazza di Monte d’Oro, à Rome, rapportant 8 5 GO L.
Une boiiti(]iie, via Delle Mnrate, à Rome, d’nn revenu de 400 L,
8" Une rente consolidée inscrite au Grand Livre de 2400 L.
Les biens immeubles qui sont la principale source de revenu ont. par suite de la crise du bâtiment, sidii dans ces dernières années une notable dépréciation et la diffieulté de trouver des locataires a obligé les propriétaires à diminuer le taux des lovers.
La rente a subi une diminution de plus de 10 0/0, l’iinpôt de « richezza mobile » ayant été porté de i3,2o à 20 pour cent.
Les impôts s'élèvent à environ 2,200 lires.
Le Conseil d’administration n’a pas changé : il se compose de Ms>' de Necker, de MM. de Résimont et Cassian Bon.
Les revenus de la fondation servent, tous frais et charges déduits, à hentrctien des boursiers : deux ecclésiastiques étudiants en théologie et deux artistes.
Selon l’état de la situation financière, la collation des bourses est. en cas de vacances, retardée de façon à ce qu'il puisse être fait face aux frais d’administration et de })ension. C’est pour ce motif et à raison des diminutions de revenus auxquelles je viens de faire allusion cpie les deux derniers boursiers artistes, MM. Lero}" et Marcette^ n’ont })as encore été remplacés.
Les })ensionnaires actuels sont MM. l’abbé Albert Bourgues et Xieolas Roba, élèves au Collège ecclésiastique belge, cpii remplissent les conditions requises ]>ar le fondateur. Au départ de l’un d’eux ou plutôt si l’état (h's revenus le i)ermettait, il sera procédé aux choix d’un artiste i)armi ceux (]ui en ont fait la demande (i).
(]ctte lettre, avons nous dit, est datée du ii janvier
Plus de six années s'écoulèrent encore sans qu’il fût possible de reconquérir, pour l’art, cette bienfaisante fondation Darchis. Ses revenus, réduits nous N'oLilons l'admettre, continuaient à être, en partie tout au moins, détournés de leur destination, complètement absorbés qu'ils étaient par d’autres au détriment des artistes lié^^eois.
(i) Ai( hives de la ville d(' Liège.
Depuis seize ans, pJus aueun de nos peintres, sculp leurs ou architectes n’avait été appelé à bénéficier de cette institution qui, si longtemps, avait permis, aux plus méritants des anciens élèves de notre Académie, d’aller compléter leurs études artistiques à Rome, lorsqu’en mai 1902, un d’entre eux fut de nouveau choisi comme boursier : l’aquafortiste bien connu et si réputé François Maréchal, le directeur actuel de notre Académie.
La pension était alors de 1200 lires. La Ville de Liège pourvut à son insuffisance.
C’est dans ces circonstances qu’il a été possible à M. Maréchal de faire en Italie un séjour très profitable de trois années.
Lorsqu’il rentra au pays, sa bourse et une autre étant devenues vacantes, deux anciens élèves de notre Académie : le peintre Richard Heintz et le sculpteur Georges Petit, ont été admis, à leur tour, dans les mêmes conditions^ en mars 1906, comme pensionnaires de la Fondation Darchis.
Ils bénéficièrent l’un et l’autre, d’une bourse de 1200 lires et la Ville de Liège leur continua sa bienveillante intervention.
Ainsi, s’est trouvée reconquise pour les artistes liégeois la part légitime à laquelle ils ont droit dans les revenus de la Fondation Darchis.