DÉCORATION DU PALAIS DE LA CHAMBRE DES PAIRS
les yeux, je m'estimerai infiniment heureux; d'ailleurs, j'ai à cœur de ne pas laisser croire au public que nous sommes unanimes pour approuver ce qui s'est fait depuis quelques années au Luxembourg. Je me demande d'abord comment on a procédé pour déterminer la nature de ces travaux si importants pour la dignité de cette assemblée, et de l'ensemble du pouvoir législatif. Je ne me souviens pas d'un comité, ou d'une commission quelconque organisée et prise dans cette Chambre pour présider à ces travaux ; je ne sais quel ministre ou quelle administration a eu le droit d'en décider souverainement. Je crois que si une autorité sortie de notre propre sein eût été chargée d'y prendre part, cela eût été plus convenable, et nous n'aurions pas eu à déplorer les résultats que nous voyons,
Je déplore, quant à moi, la forme même de cette enceinte. Je crois que cette forme théâtrale, avec toute cette pompe de dorures et de marbrures, est loin de convenir à une assemblée comme la nôtre : je crois que la forme carrée, consacrée depuis plusieurs siècles , par une assemblée analogue dans un pays voisin, aurait mieux valu, surtout pour les occasions où la Chambre des pairs fixe principalement l'attention publique, iî'est-à-dire quand elle siège comme cour de justice. C'est alors qu'on a l'étrange spectacle de M. le Chancelier obligé de descendre de son estrade pour aller en quelque sorte se reléguer dans un coin de la salle, tandis qu'il est remplacé dans la position la plus éminente et la plus visible par le régicide ou l'assassin que nous avons à juger. Je sais qu'il n'est plus temps d'y remédier, mais j'ai cru devoir présenter cette observation.
J'arrive à ce qui peut encore se réparer, au genre de décoration employé dans la salle des séances et dans les pièces voisines. Je commence par la peinture.