‹ Mélanges d'érudition et de critique historiqueChapitre 50 sur 62 · PYRAMIDES DE GIZEH · texte numérisé non relu

PYRAMIDES DE GIZEH

SLU LES SCULPTURES HIÉROGLYPHIQUES «VI Lit dAgobaibht

BT SUR LES IKSCBIPTIOKS GfifiCQUES ET UTUBS

L^ouvrage récent du colonel Hoinard Yyse* renferme i'eiposé détaillé de plusieurs déooa¥ertes intéressantes qui jettent un jour tout nouveau sur la disposition extérieure et intérieure de toutes les pyramides de Giieh. Je me bomefai donc à présenter ici *' quelques vues sur un point particulier qui m*a occupé, il y a une trentaine d'années, mais sur lequel il n'était guère possible alors de donner que des conjectures fondées sur des inductions probables. Il s'agit du revêtement de la grande pyramide, dont M. Howard Tyse a découvert les vestiges au pied de Tédifice.

* opérations carried on at the Pyramides of Gùsdi in 1S37| by colonel Uoward Vjae. Londoo, 1940 ; 2 vol.

378 LE aSVÊTEMENT

J'avais mis hors de doute Texistence de ce revêtemenl; mais, quanta la disposition dos pierres qui le composaient, à la matière dont il était formé, il était réservé à cet explorateur si actif et si sélé de donner une solution définitive fondée sur un fait positif et indubitable. 9a ?4 v«»r cependant que certaines recherches an* térîeures qu'il n'a pas connues conservent encore quelque utilité, et peuvent même servir à compléter sa découverte, en la coordonnantavec les témoignages historiques.

Pour qu'on suive mieux les recherches suivantes,

.je place ici une coupe verticale de h grande pyramyde, d'après le colonel Howard Yyse.

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quelle époque il fut enleté.

L'ascension au sommet delà grande pyramide est,

(le nos jours, pénible, mais assez facile le long des arêtes, au moyen des deux cenl deux gradins formés par les assises dont les extrémités sont en retraite les unes par rapport aux autres.

Mais il n'en était pas ainsi dans Tantiquité, ce que prouve le passage de Pline : tteliqu» tm (pyra<» mydes)... vico appositOy (fuem vacant Busirimy in quo mnt osiueli scandere illa$\ 11 résulte clairement de ce passage, comme on l'a depuis longtemps remarqué, que l'ascension des trois pyramides était alors fort difficile. Leurs faces, au lieu d'être disposées en gradins, comme elles le sont maintenant, devaient former un plan uni, sur lequel on nt pouvait gravir que lorsqu'on s'était préparé, par un long exercice, à cette ascension périlleuse. Aussi n'était-ce que dans le bourg de Busiris, tout voisin, qu'il se trouvait des gens habitués à monter sur le sommet des pyramides, ce qu'ils exécutaient, sans doute à prix d'argent, pour • 1 amusement des voyageurs*. Il faut donc se ligurer que les gradins étaient recouverts d'un parement qui en faisait disparaltro la saillie.

t XXXVI» e.xNj 16. dl.Sillig.

* Cest ce qu*eû pmtpiéinr A%pièeiiB pmige JTAMrilÉtîl, eilé phi bM(p. 3S5). t.

380 LE BEV6T£MfiNT

Ce parement a disparu des faces de la promiàre et de la troisième pyramide, celles de Chéops et de Myoérinua ; mais il recouvre encore la partie aupérieure de la deuxième jusqu*à la distance de 40 à 50 mètres du sommet. Ce revêtement, d une épaisseur moyenne de 1".03, construit en calcaire compadet susceptible d*un assez beau poli, forme un plan uni, sur lequel il est, de nos jours, extrèmemenl dillicile et périllcut de monter etdont Tasoensicm devaitétce impossible lorsque la construction était intacte, excepté ponr ceux qui avaient une longue habitude de gravir le long des aréles, dont l'inclinaison e$t ^3auooup moindre que celle des faces.

Ainsi, d'une part le passage de Pline, de Tautre Tanalogie qui se tire du revêtement de la deuxième pyramide, mettent hors dé doute que quelque diose de semblable existait pour les deux autres.

Une remarque importante» faite par les savants français au pied de la grande pyramide, a donné le premier indice de la disposition . de ce parement ;

> H. ioBinl rapporta, dmsbDeicriptiQO de TÉgypte, AiUiq.Deior,^ II, p. 8S, quelon dè TeipéditÙMi ftmçàm plusieiinaolditt pnnrtereiit i grtw joi^^M sommet. Je tient d^ui Topgeur qu'un soldat arabe y MtiDoalé an awfwde imL bainooettes qu'il enfonçait dam lea interstices des pierres, s'en serrant comme d'échelons. Pour preuve de ce que peut unceilrcme agilité jointe I babiludc quedonne un long eT»«rcice, M. Iloreau m'a dit avoir vu un jeune Arabe nionUr jusqu'au sommet do l'obélisque resté b Louksor, en niell;int ses pieds et ses uiains dans le creux des hiéroglyphes de la bande du milieu, qui MHil» comme on sait, prolbodément entaillés.

. BBS PYRAMIDES DE 6IZBH. ' »t

car on pouvait le concevoir de deux manières : il pouvait conaisler en pierres prismatiques rectangulaires, dont l'hypoténuse aurait servi à réunir les angles des deux gradins. Celle disposition, la plus facile et la moins dispendieuse, était aussi la moins sûre, et un excellent juge de la matière, M. Quatremère de Quincy, reconnaissait qu'elle n'^l pas d'une solidité qui réponde à l'idée qu'on doit se faire du goût des Égyptiens dans ces sortes de travaux*.

Il est done misemblable qu'ils auront préféré un

autre moyen, beaucoup plus dispendieux, mais aussi donnant une solidité bien plus grande, et qu'ils auront établi un revêtement d'une certaine épaisseur, composé de pierres de forme trapézoïdale, reposant les unes sur les autres à leur partie extérieure, et, intérieurement, sur les saillies des gradins, formant ainsi, par leur juxtaposition, un plan incliné depuis la base jusqu'au sommet de la pyramide.

L'èbservation dont je viens de parler a confirmé cette induction. Les savants français reconnurent qu'à partir du point où s'appuyaient les faces inclinées, la surface du rocher avait été dressée de niveau et creust'*e d'environ 0".02, pour y former une sorte d'encastrement de 2".07 de largeur. Il était naturel d'eu conclure, et Ton en conclut en effet (selon les exprès*

■ De CArduleclure égyptienne, p. 96.

88S LËREVKTËMOT'

aons lie H. Girard *) « que eei encastrement avait «u

pourubjcl de recevoir les assises inférit urcs d un revètemcol doDli'épaisseur devait être de â'.Û?, oud'eû- TÎron 7 pieds. Les angles delà première assise, ainsi fixés d'une manière inébranlable, servirent à régler la pose des pierres intermédiaires de la même asrise* Quand celle-ci fut arasée, on suivit le même procédé pour la pose de l'assise suivante, c'est-à-dire qu'on établit les pierres angulaires dans des mortaises pra** tiquées sur la première, et ainsi de suite jusqu'au sommet. Par cette disposition, les pierres qui constituaient chacune des quatre aréles retenaient comme encaissées toutes les assises horizontales du paremenl. »

Cette hypothèse ressort asses naturellement du fait observé. Toutefois il manquait une autre donnée, sans

laquelle on ne pouvait être certain que le parement se continuait ainsi jusqu'au sommet. Car l'encastrement ména^ à fleur du sol pouvait n'avmr servi qu'à teo^ voir la dernière assise d'un socle ou soubassement d'une hauteur médiocre, analogue au socle rectangulaire des obélisques, et sur lequel auraient reposé les faces inclinées de la pyramide, recouvertes d'un parement de pierres prismatiques. Il était doncindis» pensable, pour ne plusconserverde doute à cet égard, de trouver une preuve que le revêtement se conti-

* Sur le nilomclre d Elcphaiitiuc. Dcsvrivl. de l'Égypte; Ànliq, if^m..t. I.)).2S.

DES PYRAUiDES DR 6IZBH. 118

nuail jusqu'au sommet avec une largeur équivalente H celle qu'il paraissait avoir eue au pied de l'édiûoe* Celle donnée devait parai tre impossible à dëcoii?râ, le parement n'existant plus, lorsqu'une observation fort simple, dont pourtant nui ne s'était avisé, vint foarnir le renseigneoient qui manquait. Celte obser» vation a été consignée dans un livre que j'ai écrit en 1812 *, ii y a bientôt trente ans, livre, où, à côté de quelques erreurs de détail qui tiennent à Tinexpérience, je trouve encore des recherches originales et divers aperçus que mon âge mûr ne désavoue pas.

La grande pyramide est terminée, à la partie supérieure, pjir une plate-forme quia maintenant environ 10 mètres de coté.

Un passage de Dicoil, auteur irlandais du neuirièmè siècle, me suggéra l'idée que cette plate-forme n'avait pas toujours eu la largeur qu'elle a maintenant. Pour m'en assurer, je me mis à recueillir les mesures que les voyageurs modernes en avaient données, celles du moins qui étaient assez précises et pouvaient se ramener à nu module connu. £n rangeant ces mesures par ordre chronologique^ je m'aperçus qu'en effet la plate- forme devenait plus étroite à mesure qu*on remontait l'ordre des temps : ainsi, à l'époque de Grcaves, par exemple, en 1G58, elle n'avait que 4 mètres de largeur, c'est-à-dire environ G mètres de

< Reikerchcs géographiques sur U Uure De utoosuri orbis terr», «te. ptr UicuU, Paris, i814.

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