‹ Mélanges d'histoire ardennaiseChapitre 17 sur 24 · I. L'ABBÉ DELVINGOUBT · texte numérisé non relu

I. L'ABBÉ DELVINGOUBT

M. L'ABBÉ OELYINCOURT

Mgr Regnault, évêque de Chartres, a fait don rëcemment à la Bibliothèque de Charleville, sa ville natale, de plusieurs ouvrages publiés par lui à différentes époques. Parmi ces œuvres^ il en est une qui doit avoir pour ses compatriotes un intérêt tout particulier : c'est la biographie de M. l'abbé Delvincourt, c'est-à-dire d'un de ces hommes qui, par leurs vertus et leurs services, ont mérité une place à part dans les souvenirs de la postérité.

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Qui n'a entendu parler, à Charleville, de M. l'abbé Delvincourt? Mais le nombre de ceux qui Font connu diminue tous les jours, et il n'est pas hors de propos, croyons-nous, de faire revivre de temps en temps, devant les jeunes générations, les hommes qui, comme M. Delvincourt, n'ont vécu que pour faire le bien et qui sont morts entourés de l'affection, du respect et de la reconnaissance de leurs contemporains.

Nul, mieux que Mgr Regnault, n'était à même de raconter cette vie si bien remplie, et en l'écrivant, l'année même de la mort de M. Delvincourt, il ne faisait qu'obéir à l'impulsion de son cœur et de ses sentiments les plus affectueux.

C'est donc à la brochure de Mgr Regnault que nous empruntons les principaux éléments de cette courte notice.

M. Delvincourt est né à Mainbressy (Ardennes), en 1767. A l'âge de onze ans, il entra au collège de Charleville, alors dirigé par M. l'abbé Cader, et il y fit de rapides progrès ; la pureté dè^es mœurs, son inaltérable douceur, son application constante, le firent bientôt proposer comme un modèle à tous ses condisciples. De Charleville, il alla étudier la philosophie à Reims, puis la théologie à Saint-Sulpice. Les événements poUtiques d'alors ne lui permirent pas de recevoir la prêtrise en France; c'est à liége qu'il fut investi du sacerdoce. Il revint passer quelques mois à Charleville, mais la persécution religieuse l'obUgea bientôt à partir pour Bruxelles (5 septembre

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1792), où il devînt le secrétaire intime de M. de Talleyrand, archevêque de Reims, réfugié aussi en Belgique. Peu de temps après, sur la recommandalion de son archevêque^ il entra dans la maison de M. de Mûller, conseiller aulique à Vienne, qui lui confia l'éducation de ses fils, et qui n'eut qu'à se féliciter d'avoir choisi un précepteur doué de toutes les qualités nécessaires à l'exercice d'un emploi aussi délicat.

Quelque honoré, quelque considéré qu'il fût dans la famille de Mûller, M. Delvincourt appelait de tous ses vœux le moment où il pourrait rentrer en France. Il y rentra en eflfet en 1802 et revint à Charleville. Là, comme partout, la Révolution avait exercé ses ravages; les maisons d'éducation, jadis si florissantes, avaient disparu. Avec l'aide de quelques hommes dévoués comme lui à l'instruction de la jeunesse, il ouvrit d'abord, dans une maison particulière, un cours d'études qu'il obtint la permission de transférer en 1804 dans l'ancien couvent des Dames Sépulchrines, et qui fut le germe de notre collège actuel.

Le zèle de l'abbé Delvincourt ne s'arrêta pas là : les séminaires n'existaient plus; les paroisses étaient dépourvues de prêtres, et nulles ressources pouf remplir les vides. En 1806, il fonde le petit séminaire de Charleville, et il érige dans sa maison une chaire de théologie, autour de laquelle se trouvèrent bientôt réunis une soixantaine d'élèves.

A la mort de M. Jacquemin, provicaire des Ardennes et curé de Mézières, M. Delvincourt fut investi de cette double fonction. Malgré toutes ces

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