‹ Mélanges d'histoire bénédictineChapitre 17 sur 69 · Morel, p · texte numérisé non relu

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LE CARDINAL MATTHIEU d'aLBANO. I7

fait remarquer que Dom Bertheau, auteur d'une Histoire de Covipiègne, signale la présence du cardinal-légat à Noyon en 11 28, et pense que ce second acte aurait pu être délivré en cette circonstance.

Au mois d'octobre de la même année, le légat se trouvai Rouen, où il devait rencontrer le roi Henri d'Angleterre et traiter avec lui des intérêts de l'Eglise. Matthieu y réunit un concile auquel prirent part les évêques de Chartres et de Soissons, qui avaient accompagné le légat, et cinq évêques suflfragants de Rouen, ainsi que les abbés de la province. L'archevêque Geofîfroi, alors gravement malade, ne put assister aux délibérations du concile. Le cardinal y publia un certain nombre de décrets relatifs à la discipline ecclésiastique (i).

C'est dans cette visite à Rouen que, d'accord avec le roi, le cardinal-légat ordonna à l'abbé du Mont-Saint-Michel, Richard, ancien moine clunisien, d'abdiquer sa dignité et de retourner à Saint- Pancrace de Lewes, où il avait embrassé la vie monastique (2).

Ce ne serait peut-être pas dépasser les bornes de la vraisemblance que d'attribuer à l'influence du légat la nomination de son parent Hugues d'Amiens, ancien moine de Chmy, et en ce moment abbé de Reading, au siège de Rouen. L'archevêque Geofîfroi, gravement malade lors du concile de Rouen, était mort le 28 novembre suivant (3). Il était de l'intérêt du roi et du légat de songer aussitôt à la personne de son successeur. Le cardinal était resté en relation avec son parent. Étant encore prieur de Saint-Martin-des- Champs, Matthieu lui avait demandé un traité sur des matières théologiques; l'abbé de Reading avait accédé à ce désir et lui avait dédié son travail. Dans sa dédicace, Hugues rappelait leur commune origine, et les liens qui les unissaient par le sang et dans le Christ. Plus tard, lorsque Matthieu eut été revêtu de la dignité cardinalice, il modifia cette dédicace et ajouta un septième livre aux autres composés antérieurement et qui constituaient une sorte de somme théologique {^).

Le choix de l'abbé de Reading était heureux à tout point de vue. C'était un homme de vertu, de science et d'autorité, comme en font

1. Orderic Vital, lib. XII, n. 23, ap. H. G,, 746 et l'at. Lit., t. 188, 921-922 ; Mabillon, Annal., VI, i6o ; Pommeraye, Concil. Eotomag., pp. i2j-i2^ ; Hist. des archrc. de Rouen, p. 312.

2. Indiculus abb. Montis S. Mich., ap. Labbe, Nov.i bibl. MS., p, 351 ; H. G., XIV, 493 ; Gallia christ., XI, 517.

3. Vacandard, ap. Revue des quest. histor., 1898, t. 64, p. 330.

4. Mabillon, Annal., VI, 161 ; His*. litt. de la France, XI J, 655.

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foi les lettres que lui adressèrent S. Bernard, en lui indiquant la ligne de conduite à suivre dans le gouvernement de son nouveau troupeau (^), et Pierre le Vénérable, qui lui rappelait l'affection qui les unissait à Cluny (2). D'ailleurs le choix qu'en avait fait précédemment le roi Henri le»", pour le mettre à la tête de la nouvelle abbaye de Reading, indiquait assez l'estime qu'il avait pour sa personne. Le clergé de Rouen porta donc ses suffrages sur Hugues, et s'adressa au pape pour vaincre la résistance de l'élu. L'abbé de Reading céda, et il fut sacré dans l'église de Saint-Ouen de Rouen le 14 septembre 11 30 (3).

Le 2 février 11 29, nous rencontrons le légat à Châlons-sur-Marne, où il avait convoqué un synode afin d'examiner le différend survenu entre l'évêque Henri de Verdun et ses diocésains, différend qui remontait déjà à nlusieurs années ('*). L'évêque Henri, nommé au siège de Verdun par Henri V, s'était bientôt trouvé en conflit avec son clergé. On lui reprochait de mener une vie dissolue, de pratiquer la simonie et de dissiper les biens de l'Église (s). L'abbé Laurent de Saint-Vanne l'accusait de garder injustement des biens que son prédécesseur avait enlevés au monastère. Des plaintes avaient été adressées à Rome, et Calixte H avait cité l'évêque à comparaître devant lui pour la mi-carême de 11 25. La mort du pape fut pour l'évêque un prétexte et une occasion de ne pas se rendre à cette citation. Mais les moines renouvelèrent leurs protestations et leurs plaintes auprès d'Honorius H, et, dès le 20 mars 1125, celuici adressait à l'évêque une sévère remontrance au sujet de sa désobéissance (^). Une nouvelle citation n'ayant pas eu plus d'effet que la première, le pape l'obligea par lettres du 3 octobre 1125 à faire droit aux réclamations de l'abbé de Saint-Vanne et à se trouver à Rome le 6 janvier 1126, pour y répondre de sa conduite, le suspendant jusque-là de l'exercice de ses fonctions épiscopales (7).

L'évêque crut qu'il était de son intérêt d'obtempérer cette fois à l'injonction papale, d'autant plus que l'abbé de Saint- Vanne en avait appelé à l'empereur et à l'archevêque de Mayence, et que Lothaire s'était prononcé en faveur de Laurent (S).

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