Jaffé, no
8. Laurent de Liège, /. c. ; Jaffé, Mon, Mogunt. 395; Slumpf, 3357; Bernhardi, 248.
Arrivé à Rome en compagnie de ses amis, Henri n'avait pas tardé à gagner à sa cause quelques cardinaux; l'abbé de Saint- Vanne s'y présenta également. L'affaire fut traitée devant le pape, mais comme on n'arrivait pas à prouver d'une manière péremptoire les accusations portées contre l'évêque, le pape jugea opportun de remettre l'examen du conflit à son légat en France. Il lui écrivit donc de se rendre à Châlons, d'y convoquer l'archevêque de Reims et les évéques et de faire un examen minutieux de la cause (i). L'évêque de Verdun se présenta à Châlons, et, sur le conseil au moins indirect de S. Bernard, abdiqua volontairement sa charge (^). Il fut aussitôt remplacé par Ursion, abbé de Saint-Denis de Reims, personnage que Matthieu devait connaître personnellement Q).
Une autre affaire traitée à Châlons fut le différend survenu entre l'abbaye de Gorze et Hugues de Montfélix au sujet du domaine de Vanault-le-Chatel ; elle ne fut définitivement terminée qu'en 1132 par l'intervention d'Innocent II (4).
De Châlons, selon toute probabilité, le légat se dirigea vers Paris, où il convoqua, antérieurement au 14 avril, un synode dans l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. La date n'en est pas connue exactement, mais comme on possède une lettre dHonorius relative à cette réunion et datée du 23 avril 1 129, il y a lieu de placer cette assemblée peu de temps après celle de Châlons.
L'archevêque Renaud de Reims, les évêques Etienne de Paris, Geoffroi de Chartres et Goselin de Soissons avaient répondu à l'appel du cardinal, et le roi Louis VI honorait l'assemblée de sa présence. Le but du légat était de travailler à la restauration de la discipline monastique. Des plaintes sérieuses ayant été formulées contre les religieuses d'Argenteuil, les assistants demandèrent leur expulsion immédiate. L'abbé Suger de Saint-Denis fit alors valoir les droits immémoriaux de son monastère sur cette maison. Le légat l'invita à y placer de ses religieux, et, d'accord avec l'évêque de Paris, approuva cette substitution, qui reçut la confirmation d'Innocent II le 2 novembre 11 30 (^).
Le 14 avril, jour même du couronnement de son fils Philippe à
1. H. G., XV, 269 ; Piit lat. 166, col. 1292-1293 ; Jafté, 7320.
2. Laurent de Liège, /. c. ; S. Bern. ep. 48 ap. Pat. lat., 182, col. 154 ; H. G., XV, 550; Annal. Di^ibod., ap. M.G.H., XVII, 24.
3. Bemhardi, Loîhar, 246-250; Gallia christ., XIII, 1199x200.