Jaffé, Reg. n
Anaclet II, et, si l'on parvenait à gagner à la cause d'Innocent l'abbé de Cluny, l'adhésion de ce dernier entraînerait naturellement celle de tout l'ordre C'était du coup enlever à Anaclet un concours précieux et attacher à Innocent un nombre considérable d'adhérents. On peut supposer avec raison que le cardinal d'Albano s'interposa rapidement entre le pape de son choix et l'abbé de Cluny. Pierre le Vénérable lui-même atteste le zèle de Matthieu pour faire reconnaître l'élection du cardinal de Saint-Ange (i).
De Pise, où il avait dû séjourner pendant les mois de juin et de juillet, Innocent II était parti pour Gênes, où on le trouve dès le 2 août. Ce fut là qu'il s'embarqua pour la France. Dès le II septembre il était à Saint-Gilles, d'où il se dirigea, par Viviers, sur Cluny. Il fit son entrée solennelle dans la grande abbaye bourguignonne le 24 octobre (2). Pierre le Vénérable lui avait préparé une réception grandiose, justifiée par l'adhésion que le roi de France et les évêques du royaume avaient donnée à Innocent dans le concile d'Étampes {^). Le lendemain Innocent II consacrait la nouvelle basilique de Cluny, dont les proportions gigantesques frappèrent d'étonnement les contemporains ('^).
Innocent II séjourna à Cluny pendant onze jours, et data de ce monastère plusieurs bulles,dont deux, des 2 et 3 novembre, portent la signature du cardinal d'Albano (s). Le 4 il se trouvait à Roanne, d'où il confirma le 5 les biens du prieuré clunisien de Saint- Arnoul de Crépy ; ici encore figure le nom de Matthieu (0). C'est aussi de Cluny et de Roanne que le pape confirma les mesures prises par l'ancien légat d'Honorius en faveur des monastères de Saint-Denis et de Saint-Jean de Laon (7). De là Innocent se dirigea vers Clermont, où il tint un synode le 18 novembre, puis vers Autun, et Saint-Benoît-sur-Loire, où il rencontra, au commencement de janvier, le roi de France, la reine Adélaïde et leur fils Philippe, venus pour lui offrir l'hommage de leur dévouement (^).
De Chartres, où il était arrivé le I3 et où il rencontra le roi Henri d'Angleterre, le pape se rendit au monastère de Morigny, où il