‹ Mélanges d'histoire bénédictineChapitre 20 sur 69 · Gesta abb. Lob.,^^. MGH, XXI · texte numérisé non relu

Gesta abb. Lob.,^^. MGH, XXI

des moines de Saint-Bertîn ('). Cette adoption de l'observance de Marcigny est un fait à noter, étant donnée la présence du cardinal clunisien (2).

Nous ignorons à quelle époque le cardinal-légat reprit le chemin de Rome et quel itinéraire il suivit. Une chose est connue,c'est qu'il s'y trouvait pendant la dernière maladie d'Honorius II, et qu'il assista à la mort du pape, qui eut lieu dans la nuit du 13 au 14 février 1 130 au monastère de Saint-André à Rome.

Adversaire déclaré du cardinal Pierre de Léon, ancien moine de Clunyque Pascal II avait appelé à Rome, mais dont les honneurs avaient modifié les sentiments, Matthieu s'était déclaré en faveur du cardinal Grégoire de Saint-Ange, dont l'élection eut lieu le 14 février dans l'église de Saint-André sur le Scaurus. L'élection d'Innocent II s'était faite avec précipitation, et, pour prévenir le choix regrettable qu'on aurait pu faire de Pierre de Léon, on avait omis quelques-unes des formalités usitées dans les élections pontificales. Rien d'étonnant qu'elle ait été aussitôt attaquée, et que les partisans de Pierre de Léon aient proclamé leur candidat pape sous le nom d'Anaclet II. N'ayant pas à nous prononcer sur la légitimité de l'élection d'Innocent II, nous ne nous occupons que du rôle rempli par le cardinal d'Albano en cette circonstance (3).

Obligé de fuir devant les partisans d'Anaclet, Innocent II s'était réfugié dès le 16 février au Palladium. C'est de là que le 18 il annonça avec ses électeurs sa promotion au roi Lothaireet l'invita à se rendre à Rome l'hiver suivant (^). Matthieu restait aux côtés du pape, et le 3 mars il apposait se signature à une bulle (s).

Lorsqu'Innocent II vit sa situation de plus en plus compromise à Rome,conseillé sans aucun doute par ses électeurs, il résolut de se rendre en France, dans l'espoird'y trouver l'appui qui lui faisait défaut en Italie.Une légation dont il avait été chaigé précédemment, l'avait fait connaître dans ce pays, et ses principaux électeurs, français d'origine et appartenant à des familles distinguées, pouvaient y triompher des hésitations par leur influence et l'étendue de leurs relations. Matthieu d'Albano appartenait à la congrégation de Cluny, comme

1. Diichesne. ///('. génitale des maisons de Guiues... Preuves, pp. 38-39 ; Chronic. S. Bertint. ap. MGH. XXV, 797.

2. Les coutumes de Marcigny étaient déjà connues dansia province : les moniales de Forest, prùsde Bruxr'lles.Ies observaient dès 1096 (cf. E. de MArn^ïïii,C<ir/u/.d' A^.xkcm Ap.Ân.i/gctfs pour servir à r histoire de Bel^içue, 2c section, I, p. 13). Sur la réputation de Marcigny voir Hauviller, Ulrich von Cluny, p, 48.

3. Cf. Bernhardi, Lothur, pp. 295sqq.; Watterich, Vitœ Rom. pont., II, 174 sqq.

4. Jaffé, BibL rer. Germ., V, 419 ; Pat. lat, t. 179, col. 53.

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