Bernhardi
et celui que le clergé de Trêves lui avait donné pour successeur, Bruno, prévôt de Coblence et frère du comte Adolphe de Berg, avait décliné ce choix. Le siège archiépiscopal restait donc vacant. A l'arrivée du roi, il n'y avait pas moins de six candidats en vue, dont cinq présentés par le clergé et un par les laïques. Le candidat de ces derniers était Gebhard de Henneberg, qui s'était vu précédemment débouter de ses prétentions à l'évêché d'Augsbourg, mais qui avait pour lui la majeure partie du clergé de Trêves. La minorité, qui avait sans doute pressenti le légat au sujet de l'attitude que le pape prendrait vis-à-vis de Gebhard, fit une opposition énergique à ce choix. Elle s'adressa en secret au légat, et le pria de proposer, d'accord avec l'évêque de Metz, un candidat qui serait agréable au roi, s'engageant à reconnaître ce choix. Le légat répondit que Lothaire désirait voir élire Albéron, primicier de Metz. L'opposition eut vent de ces négociations, et, voyant que la candidature de Gebhard était sans espoir, mit en avant le nom du prévôt de Trêves, Godefroid, que tout le clergé, y compris les membres de la minorité, avaient placé en tête de liste. Godefroid faisait partie de la minorité, et celle-ci était liée vis-à-vis du légat. Que faire ? La seule solution était de faire traîner les choses en longueur. On ne put procéder au vote, et le roi, fatigué de tous ces débats, déclara que, d'accord avec les évêques, il réglerait définitivement cette affaire à Mayence(ï).
Le roi parti, la faction pontificale crut devoir aller de l'avant, et, sans doute de concert avec le légat, procéda dans la cathédrale à l'élection du primicierde Metz, conformément, croyaient-ils, au désir de Lothaire. Cette démarche ne fit qu'embrouiller la situation.
On ne sait combien de temps le légat séjourna à Trêves, mais on peut croire qu'il se rendit de là en Lorraine, avant de prendre la route de Mayence.
Laurent de Liège rapporte qu'à son retour de Paris, où il avait été sacré par le pape, le 19 avril 1 131, l'évêque Albéron de Verdun s'était empressé de venir trouver le roi à Trêves. Le pays de Verdun était alors opprimé par le comte Renaud de Bar. Celui-ci, profitant de la faiblesse du nouvel évêque élu Ursion, avait construit un donjon dans la ville et en avait fait un asile de voleurs. De retour de Trêves, l'évêque Albéron demanda au comte de démolir cette tour. Celui-ci refusa. L'évêque ordonna alors une procession générale avec toutes les châsses de la cité, et, accompagné