Pat. Lat
15. Ernald, Vit. Bernard., ap. M. G. H., SS. XXVI, 104 ; S. Bernard, opp. II, (1690), 1095 ; Bemhardi, 642-643 ; Vacandard, I, 373.
schisme provoqué par Anselme, et il réussît à gagner une partie de la Ligurie à la cause du pape (i).
Ernald, dans sa vie de S. Bernard, nous a conservé le souvenir d'un miracle dont le cardinal d'Albano fut témoin à Milan, et celui d'une faveur que Matthieu obtint par les mérites du saint abbé de Clairvaux.
S. Bernard était venu trouver le cardinal dans son hôtel pour y traiter d'affaires. Ils conféraient entre eux, quand tout à coup un jeune homme se précipite dans la chambre, se jette aux genoux de l'abbé et le supplie de lui rendre la santé; sa main était toute desséchée et retournée vers le bras. Les merveilles opérées à Milan par Bernard l'avaient sans doute déterminé à tenter cette démarche. Tout entier aux affaires qu'il discutait avec le cardinal, Bernard donne sa bénédiction au jeune homme et le congédie assez rapidement. Le pauvre estropié obéit, mais l'évêque le rappelle à l'instant, le saisit par la main et le conduit devant l'abbé : « Ce jeune homme, lui dit-il, vous a obéi, lorsque vous lui avez donné l'ordre de sortir, et sans être écouté ; ne lui refusez pas votre miséricorde, et même, en vertu de l'obéissance que vous me devez, accordez-lui ce qu'il vous demande ; confiant dans la puissance de Celui au nom duquel il vous demande la santé, demandez et vous recevrez ; nous pourrons ainsi remercier le Seigneur du bienfait qu'il accordera, et ce pauvre homme se réjouir de sa guérison ».
A cet ordre, Bernard saisit la main de l'enfant, invoqua le nom du Seigneur et fit le signe de la croix sur lui ; à l'instant les muscles se détendent et la chair paralysée retrouve toute sa souplesse. Ce prodige étonnant inspire au cardinal une plus grande vénération et une vive affection pour Bernard. Il le retient à souper. Bernard refuse, et n'accepte enfin que sur les instances de l'évêque, qui lui montre la foule assemblée pour l'arrêter à sa sortie. Entretemps le cardinal avait eu soin de donner l'ordre à son serviteur de mettre de côté le plat dans lequel Bernard prendrait sa réfection, se réservant d'en faire usage à l'occasion. En effet, dans une de ses maladies, Matthieu se souvint du crédit dont Bernard jouissait auprès de Dieu. Il appelle son serviteur, se fait apporter le plat dans lequel Bernard avait pris sa nourriture, y fait verser de l'eau et tremper du pain. Alors plein de confiance dans la puissance de Dieu et se recommandant aux prières du saint abbé, il prit ce pain et cette boisson et se trouva mieux (2).