Ib. : Parvo ti^mporii spatio emcnso
récriminations contre Cluny (i). Nous savons par Pierre le Vénérable que le ménnc abbé, qui avait reçu la profession de Matthieu, le nomma, au bout de sept ans, prieur de Saint- Martin-des-Champs. Matthieu, qui est cité en cette qualité dès 11 17, dut émettre ses vœux, et conséquemment, entrer en religion au plus tard en iiio.Il était encore « jeune > lorsqu'il embrassa la vie monastique et il n'avait pas encore reçu l'ordination sacerdotale (2). En supposant qu'il fut ordonné prêtre vers l'âge de trente ans, vers 1 1 14 ou 1 1 1 5, on pourrait placer sa naissance vers l'an 1085.
Témoin des vertus du jeune moine, l'abbé de Cluny le renvoya à Saint-Martin-des-Champs, pour y remplacer le prieur Thibaut, qui y était décédé le 8 janvier 1 1 17 (2).Il n'était prêtre que depuis trois ans.
Le nouveau prieur se distingua entre tous par sa ferveur et par son zèle. Il fut un modèle vivant delà discipline clunisienne, dont il devait être pendant toute sa vie l'infatigable champion. Moine dans le plus profond de âme, il aimait à vivre au milieu de ses frères et il trouvait sa joie à partager leurs lectures et leurs méditations dans le cloître du monastère. On le comparait volontiers à la colonne contre laquelle il se trouvait pendant cet exercice, tant il mettait d'assiduité et de zèle à se trouver sans cesse aux côtés de ses religieux. Il n'omettait aucune des prescriptions relatives aux jeûnes, aux veilles, au silence, à la psalmodie, aux études, voyant dans ces exercices comme autant de moyens destinés à régénérer l'homme intérieur, à le dépouiller de la vétusté du siècle pour le revêtir de la nouveauté du Christ ("*). Tous les jours il célébrait la sainte messe, et jamais au cours de sa vie il n'omit de le faire ; ses larmes et ses gémissements trahissaient la ferveur de la dévotion dont son cœur brûlait en ce moment. C'est le témoignage que lui rend Pierre le Vénérable ; il l'avait recueilli des lèvres des disciples de Matthieu, et lui-même en avait fait l'expérience; aussi déclare-t-il que jamais prieur clunisien n'avait montré plus de justice et de condescendance à l'égard des religieux confiés à ses soins.
Le prieuré de Saint- Alartin-des-Champs ne comptait pas moins de trois cents frères, vivant tant à l'intérieur du monastère parisien
1. Cf. Pet Ven., Lib. I, ep. 28 ap. Pat. lat., t. 189, col. 113 ; Dialog. Cisterc. cum Cluniac. ap. Martène, Tfus. Anecd., V, 1591.
2. Petr. Ven.. lib. II, c. 7, col. 916; Mabillon, Annal., VI, 7 8. L'acte de 1109 cité plus haut lui donne la qualité de sous-diacre.