‹ Mélanges d'histoire des religionsChapitre 10 sur 197 · Stevenson, o. L., p · texte numérisé non relu

Stevenson, o. L., p

6. Mrs. Stevenson, o. L., p. 44. Nous ne sävons pas si, en lemps

ordinaire, il est défendu aux membres du elan de manger de leur totem.

7. La confrérie accomplit une autre chasse sacrificielle, celle des

lapins ; mais celle-ci ne se rattache pas aux cultes totémiques, Mrs. Stevenson, o. L., p. 92, 4492. ; D

PRÉFACE ÿ .IX

ces acteurs vont rejoindre les traqueurs. Lorsque la bête n'est pas tuée dans le piège, on l'achève en l’étouffant. On prononce en même lemps la prière suivante, adressée à Awonawilona !, sorte de principe androgyne, d'âme du monde. « En ce jour, tes pluies, tes semences, ta médecine de mystère, j'aspire le souffle sacré de la vie ». Les bêtes sont rapportées chacune à la maison d’un chasseur. Elles y reçoivent le culte ordinaire ?, avec quelques modifications cependant. Ce sont des offrandes de farine, des prières dites par les gens de la maison, un office de

la confrérie ; puis on écorche les corps avec des prières,

des offrandes; puis vient un culte des fétiches animaux, qui sont trempés dans le sang, « si le sang n'a pas encore coulé ». On prépare soigneusement la peau de la tête pour en faire les masques, Quant à la chair, le chasseur a le droit de la manger, à moins qu’elle ne soit attribuée aux grands prêtres de la pluie, les Ashiwanni*. Mais une par-

tie en est toujours offerte aux dieux animaux, qui président aux six régions de l’espace. La cérémonie terminée, la vie spirituelle du daim retourne au séjour des esprits d’où elle vient et on lui attribue ces paroles : « J'ai été chez mes gens, je leur ai donné ma chair à manger; ils ont été heureux, et leurs cœurs étaient bons ; ils chantè-

Â. Awonawilona est une sorte d'âme universelle, identifiée à l’espace et au vent, Mrs. Stevenson, 0. L., p.22 sq.

2. Nous disons culte ordinaire, parce que les expressions de Mrs. Stevenson dans cette partie de sa description font allusion aussi bien à la chasse de tous les jours (p. 440, fortunate huntsman) qu’à cette chasse sacrificielle. ;

3. Stevenson, Loc. cit., p. #k1. Le rite auquelil est fait allusion est pro-

bablement celui de la danse des Kianakwe, au solstice d'hiver, où il y a,

en elet, une offrande des duims aux Ashiwanni représentants des dieux de la pluie, ibid., p. 224.

4. Cushing, Zuñi Fetishes, WU Ann.Rep.Bur. Amer. Ethno. Cf. Durkheim et Mauss, De quelques formes primilives de classificalion, Année Sociologique, t. VE, 4905, p. #4, sq.

5. La bonté du cœur, la pureté religieuse, celle mème des intentions, est un trait important du rituel Zuñt, cf. pour la même confrérie, Stevenson, Z. I. p. 439, en général, p. 45. à

met

PRÉFACE

rent le chant, mon chant, sur moi; je retournerai vers eux !. » Ces paroles mythiques, l’accoutrement des deux chasseurs mentionnés plus haut ?, la présence des gens du totem montrent à l'évidence que nous sommes en plein totémisme. Il y a sacrement, probablement communion #; mais il y a aussi sacrifice : puisque le daim fàit fonction de victime; qu'il est envoyé au génie dé son espèce ; que des. parts sont attribuées à des dieux, animaux totémiques il est: vrai, mais qui sont ici des intercesseurs auprès du soleil et

du « conseil des dieux »; puisqu’enfin une grande divinité

est invoquée. Mais déjà, de ce côté, n’avons-nous pas

dépassé le totémisme ? .

Sachant même avec quel haut état de civilisation le totémisme si développé de Zuñi coïncide, nous sommes en droit de penser qu'un pareil sacrifice, qui est unique, est un fruit récent de leur histoire religieuse. Le fait allégué prouve donc seulement que le totémisme n’est pas absolument incompatible avec le sacrifice et non pas que le sacrifice soit une de ses institutions normales et primi-

tives. Subsistant à côté d’une autre religion, le totémisme

a pu lui fournir, en s'unissant à elle, les victimes de sacrifices qui ne lui appartiennent pas en propre. En un mot, il y a des chances pour que le sacrifice ait existé avant le sacrifice totémique. |

Ainsi, si l’on signale de nouveaux cas de sacrifices totémiques, il faudra toujours démontrer:: qu’ils sont anciens, qu’ils sont essentiels au totémisme observé, et qu'ils ne Sont pas, dans ce totémisme, le reflet d’un système sacrifi-

; / | 1. Stevenson, Z. IL, p. 441, n. a.

2. ne nous est pas dit que ces deux chasseurs déguisés soient obligatoirement du clan du daim.

3. Les membres de cette confrérie n’ont pas d’ «ordre de médecine », c'est-à-dire ne forment pas, comme la plupart des autres confréries, une société de shamanes (Stevenson, Z. L, p. 417). Il est possible que cette communion avec le daim suffise pour douer de médecine, de mana, une comme dit la prière, les objets magiques et les membres

u clan.

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