Voir Winternitz, Loc. cit
3, Le cas le plus connu est celui de la lille de Jephté. Mais il y a toujours, après l'accomplissemient d’un sacrifice volontaire, le sentiment de s'être acquitté, d'avoir « rejeté le vœu », comme disent énergiquement les théologiens hindous.
4. La formule générale de l'attribution que disaitle sacrifiant, lorsque
l'officiant jetait au feu une part quelconque, était, dans l'Inde Védique : « Ceci au Dieu-N. N: pas à moi ».
5. Ce sont les sacritices « de grâce », de louange de la Bible. — Ils semblent avoir été assez peu nombreux dans la plupart des religions :
voir pour l'Inde, Oldenberg, Ret. d. Ved., p. 305, 6; Wilken, Over eine nisuwe Theorie des Offers, De Gids., 1890. p.365, sqq.
sacrifie des vaches noires !, ou l’on fait intervenir dans le sacrifice un cheval noir sur lequel on verse de l’eau’, etc. On peut donner de ce principe général une raison très plausible. Là, comme dans l'acte magique avec lequel ces rites se confondent par certains côtés, le rite agit, au fond, par lui-même. La force dégagée est efficace. La victime se moule sur la formule votive, s’incorpore à elle, la remplit, l'anime, la porte aux dieux, en devient l'esprit, « le véhicule * ».
Nous n'avons fait qu'indiquer comment le schème du sacrifice varie avec les différents effets qu'il doit produire. Voyons comment les divers mécanismes que nous avons distingués peuvent se réunir dans un sacrifice unique. Les sacrifices agraires sont précisément d'excellents exemples à ce point de vue. Car, essentiellement objectifs, ils n’en ont pas moins d'importants effets sur le sacrifiant.
Ces sacrifices ont un double but. Ils sont destinés d’abord à permettre et de travailler la terre et d'utiliser ses produits, en levant les interdictions qui les protègent.
41. Callaway, Religious Syslem of the Ainazulu, p. 59 n.14. Cf. Frazer, Gold. Bough, II, 42, etc. — Cf. Marillier, Rev. Hist. Relig., AS98, I, p. 209. — Cf. Sahagun, Historia de las cosas da Na Espana, IL, p. 20.
2. Hillebrandt, Ved. Rit. Litl., p. 75. — Il faut rapprocher de ces faits les cas de neyades de victimes dans l’eau. Dans d’autres cas on répand sur une victime quelconque de l’eau : ex. IT Rois, xvur, 19 sqq. etc. — Cf. Kramer, d’après Smirnov, Das Fest Sinsja und das Feldgebet, etc. Bull. Soc. Arch. Hist. Ethn.de l'Univ. de Kazan, in Globus, 1898, p. 165. Smirnovy et Boyer, Populut. finnoises, 1898, p. 175.
3. Dans le rituel védique, lorsqu'on oint l'animal sur la eroupe on dit : « Que le rnaïître du sacrifice (le sacrifiant) aille avec [toi et] sa voone ancre (AaD er Su NL AE ES 6 MD; CUS 143,48,"1)E commenté (T. S., 6, 3, 7, 4. C. B., 3, T, 4. 8) où il est expliqué que la bête s’en va au ciel et emmène en croupe le vœu du sacrifiant. On s'est très souvent figuré la victime comme un messager des hommes, ainsi les Mexicains, ainsi les Thraces d'Hérodote (IV, 9), etc. — Notre énuméralion des sacritices objectifs n'est nullement complète : nous n’avons traité ni du sacrilice divinatoire, ni du sacrifice d’imprécation, ni du sacrifice nourriture, ni du sacrifice du serment, etc. Une étude de ces diverses formes: démontrerait peut-être qu'il s'agit, là aussi, de créer et d'utiliser une chose sacrée, un esprit qu’on dirige vers telle el telle chose. On pourra peut-être, de ce point de vue, arriver à une classification.
… ALIAS ART à
En second lieu, ils sont un moyen de fertiliser les champs que l’on cultive et de conserver leur vie quand, après la
récolte, ils apparaissent dépouillés et comme morts. Les champs, en effet, et leurs produits sont considérés comme éminemment vivants. Il y a en eux un principe religieux qui sommeille pendant l'hiver, reparaît au printemps, se manifeste dans la moisson et la rend, pour cette raison, d'un abord difficile aux mortels. Parfois même, on se représente ce principe comme un esprit qui monte la garde autour des terres.et des fruits ; il les possède, et c’est cette possession qui constitue leur sainteté. Il faut donc l’élimiuer pour que la moisson ou l’usage des fruits soit possible.
Mais en même temps, comme il est la vie même du champ il faut, après l’avoir expulsé, le recréer et le fixer dans la terre dont il fait la fertilité. Les sacrifices de désacralisation simple peuvent suffire au premier de ces besoins, mais non au second. Les sacrifices agraires ont donc, pour la plupart, des effets multiples. On y trouve réunis des formes de sacrifices différentes. C’est un des cas où l’on observe le mieux cette complexité fondamentale du sacri.
fice sur laquelle nous ne saurions trop insister. Aussi neprétendons-nous pas faire en ces quelques pagès une théorie générale du sacrifice agraire. Nous n’osons pas prévoir toutes les exceptions apparentes et nous ne pouvons débrouiller l’enchevêtrement des développements historiques. Nous nous bornerons à l'analyse d’un sacrifice bien Connu, qui a fait déjà l’objet d’un certain nombre d’études.
C'est le sacrifice à Zeus Polieus que les Athéniens célébraient dans la fête connue sous le nom de Dipolia ou de Bouphonia :.
1. Voir Mannhardt, Mythologische Forschungen, p. 68 sqq. — Rob. Smith, Rel. of Sem., p. 304 Sqq. — Frazer, Golden, Bough, II, p. 38, 41. — V: Prolt, Buphonien. Rhein. Mus., 1897, p. 487 sqq. — Stengel, ib.. p- 399 sqq. — Farnell, Cults of‘the Greek States, T, p. 56,58 et p. 88 sqq- (voit dans les Bouphonies un cas de eulte totémique). — Frazer, Pausanias; L. II, p. 203 sqq.: t. V, P: 599. — A. Mommsen, Heorlologie?, P- 512 sqq. — Gruppe, Griechische Mythologie, L,:p. 29.
NV OP CE OT O9 che HAN LE: ESS
Cette fête ! avait lieu au mois de juin, à la fin de la mois- son et au commencement du battage des blés. La principale cérémonie Se passait sur l’acropole, à l’autel de Zeus re Polieus. Des gâteaux étaient disposés sur une table de bronze. Ils n'étaient pas gardés ? - Alors, on lâchait des bœuîs; l’un d'eux s’approchait de l’autel, mangeait une partie des ofirandes et foulait aux pieds le reste’. Aussitôt un des sacrificateurs le frappait de sa hache. Quand il était abattu, un second l’achevait en lui tranchant la gorge avec un couteau; d’autres le dépouillaient, pendant que celui qui l’avait frappé le premier prenait la fuite. Après le jugement au Prytaneion dont nous avons parlé, la chair du bœuf était partagée entre les assistants, la peau était recousue, rémplie de paille, et l’animal ainsi empaillé était attelé à une charrue.
Ces pratiques singulières prêtaient à la légende. Trois versions en attribuaient l’origine à trois personnages diférents ; l’une à Diomos, prêtre dé Zeus Polieus, Tautre à Sopatros, la troisième à Thaulon*, qui paraissent bien être les ancêtres mythiques des prêtres de ce sacrifice. Dans les trois versions, le prêtre a déposé l’offrande sur l’autel ; un bœuf survient, les enlève; le prêtre furieux frappe le sacri-
lège et, sacrilège lui-même, il s’exile. La plus longue de ces versions est celle dont le héros est Sopatros. Une sécheresse et une famine sont la conséquence de son crime. La Pythie consultée répond aux Athéniens que l’exilé pourrait les sauver; qu'il faudrait punir le meurtrier, ressusciter. la victime dans un sacrifice semblable à celui oùelle est morte et manger de sa chair. On fait revenir Sopatros, on