Paus., I
2. Voir Pausanias, 1, 24, k : 28, 10. — Porphyre, De A bstinentia, U, 9, 28 sqq. — Schol. Arist. Nub., 985. — Schol. Hom. Il. 2, 83. — Suidas, A1ùç Vivoc. — Hesych. Atos Por.
3. Porph., De Abst., II, 28. à 24, Porph 0201109: — 16. 1I, 28, 30; — Schol. Hom.. /. c.. et Arist..
lui rend ses droits pour qu’il offre le sacrifice et l’on . célèbre la fête comme nous l’avons décrite.
Voilà les faits: que signifient-ils ? Il y a trois actes à distinguer dans cette fête : 1° la mort de la victime ; 2 la communion; 3° la résurrection de la victime .
Au début de la cérémonie, des gâteaux et des grains sont déposés sur l'autel. Ce sont probablement les prémices des blés battus°. Cette oblation est analogue à toutes celles qui permettent aux profanes l’usage des récoltes. Toute la sainteté du blé à battre a été concentrée dans les gâteaux®. Le bœuf y touche; la soudaineté du coup qui le frappe montre que la consécration a passé sur lui, foudroyante. Il a incarné l’esprit divin logé dans les prémices qu’il a mangées. Il devient cet esprit, si bien que son meurtre est un sacrilège. Toujours, la victime du sacrifice agraire représente symboliquement les champs et leurs produits. Aussi est-elle mise en relation avec eux avant la consécration définitive. Dans le cas présent le bœuf mange le gâteau des prémices, ailleurs, il est promené à travers les champs, ou bien la victime est tuéeavec lesinstruments agricoles ou enterrée à mi-corps.
Mais les faits doivent être considérés sous une autre face. En même temps que le champ, la victime peut représenter aussi les fidèles qui vont profaner la récolte en s’en servant+. Non seulement les produits dela terre écartaient le sacrifiant, mais encore le sacrifiant pouvait être dans un état tel qu'il devait en rester éloigné. Le sacrifice devait
1. Eustbe, Praep. Ev., IIE, 2, 9, à vu dans la mort d'Adonis le symbole de la récolte fauchée. Mais c’est se faire du rite une idée vague et étroite.
2. Mommsen, loc. cit., pense que les Bouphonies sont une fête du battage.
3. Stengel, loc. cit., prétend que la superposition du sacrifice sanglant à l’offrande des prémices dans les Dipolia est un cas de substitution du sacrifice sanglant aux offrandes végétales. À
4. Cato, de Agric., 14. — Ambarvalia; Marquardt. VI, p. 200, n.. 3. — Cf. Frazer, Gold. B., I, p. 39. — Voir des exemples fort clairs du même genre de faits : Sartori, Bauopfer, p.17. Pinza, op cit., p. 454.
corriger cet état. Dans certains cas, des pratiques purifcatoires prenaient place dans la cérémonie. Ainsi, une confession se joignait au sacrifice !. D'autre fois le sacrifice lui-même réalisait cette sorte d’expiation. Il pouvait se présenter comme un véritable rachat. C’est ainsi que la Pâque est devenue un rite de rachat général à l’occasion de la consommation des prémices. Non seulement on rachetait la vie des premiers-nés ? des hommes par le sang de l’agneau pascal *, mais on affranchissait encore chaque Hébreu du danger. On pourrait peut-être rapprocher de ces faits les luttes que les sacrifiants se livrent entre eux dans certaines fêtes agraires“. Les coups paraissent les sanctifier, les purifier et les racheter. [Il y a donc, dans le
4. Il y avait une confession lors de lapport de la dime et des fruits dans le temple de Jérusalem (Talm. J. Mischnéä. Maaser Sheni, V, 40 sqq.). Dans l'Inde, une confession de la femme faisait partie du rituel des Varunapraghäsas, voir Sylv. Lévi, Doctr., p. 156.
2. Wellhausen, Prolegomena. I, 1. — Rob. Smith. Rel. Sem., p. 406 p. 462, etc. Nous maintenons, contre l'interprétation trop étroite de Wellhausen et de R. Smith, le caractère communiel de la fête ; remarquons, de plus, la façon dont on y consomme le premier blé, dont on y consacre la première gerbe et disons que, là comme ailleurs, sans qu'il soit nécessaire de supposer la fusion de rites différents d'origines et de nationalités, il y à simplement un cas de rite naturellement complexe.
3. L'obligation de sacrifier la Pâque, de consommer l'agneau, d’apporter. les premiers fruits (voir plus haut, p. 80, n.2, cf. p. 96) est rigoureusement personnelle dans le rituel hébraïque. De même, dans le rite des Varunapraghâsas, étudié plus loin, nous trouvons un‘exemple remarquable de rachat personnel. On délie de chaque individu de la famille « lé lien » que lui jetterait Varuna. On fait autant de gâteaux d'orge en forme de pots (karambhapäträni) qu'il y à de membres de la famille (4p.çr.sû, NII, 5, #1) plus un, qui représente l'enfant à naître (Taitt. Br., À, 6, 5, 5), et à un certain moment de la cérémonie, chacun les place sursa tête (4p.. VIE, 6, 23). On écarte ainsi, dit le Brahmana, Varuna, dieu de l'orge, de la tête (Taitt. B., 1, 6. 5; 4).
4 Voir Pausanias, Il, 32, 2 (Trézène); cf. Frazer, Pausanias, II, p. 266 sqq. — Paus. LU, 11, 12; 44, 8, 40 ; 19, 7 (Sparte). — Uzener, Stoff d. Griech. Epos, p. 42 sqq. — Cf. Mannhardt, B. W, EF. K., I, p- 281. — Frazer, Gold. Bough, I, 165. — Sur les luttes des fêtes de la Holi, voir Crooke. Pop. Relig. a. Folklore of Northern India, IL, p. 315 sqq.. où l'on trouvera cités un certain nombre d’équivalents. — Mais le rite est complexe, et il est fort possible qu'il y ait là surtout une imitation magique de la lutte annuelle des bons et des mauvais esprits.
premier moment du rite‘, une double opération : 4° désacralisation du blé récolté et battu au moyen de la victime qui le représente ; ® rachat des moisonneurs et des laboureurs par l’immolation de cette victime qui les représente. Pour les Dipolia, les documents ne font pas allusion à une communication entre le sacrifiant et la victime avant la consécration. Mais elle se produit après ; elle est réalisée par un repas communiel? qui constitue une nouvelle phase de la cérémonie. Après que les sacrificateurs ont été absous de leur sacrilège, les assistants peuvent oser communier. On se rappelle que, d’après le mythe, la Pythie le leur avait conseillé. Un grand nombre de sacrifices agraires sont suivis d’une communion semblable *. Par cette communion, les sacrifiants des Dipolia participaient, à la nature sacrée de la victime. Ils recevaient une consécration atténuée, parce qu’elle était partagée et qu'une partie du bœuf restait intacte. Investi du même caractère sacré que les choses dont ils voulaient user, ils pouvaient s'en approcher. C’est par un rite de ce genre que les Kaîres de Natal et du Zululand se permettent au début de l’année l’usage des nouveaux fruits ; la chair d’une victime. est cuite avec des grains, des fruits et des légumes. Le roi en met un peu dans la bouche de chaque liomme et cette communion le sanctifie pour toute l’année f. La communion de la Pâque avait les mêmes résultats’. Très souvent, dans les sacrifices célébrés avant le labourage, on donne au
4. La légende marque en effet ce caractère quasi expiatoire des Bouphonia. É
2. M. Farnell (loc. cit.) et Rob. Smith, art. Sacrifice (Encyclopædia - Britannica), y voient une survivance de la communion totémique. 3. Porphyre, loc. cit.
4. Mannhardt, W. F. K., I, 405. — Frazer, Gold. B., II, p. 71, 406, 497 ; note addit. au t, IT.
5. Cf. Frazer, Gold. B., II, p. 9, 21, 98, 31, 42, 73, 75.78, ete. 6. Frazer, G. B., Il, p. 74. | - 7. Les Hébreux ne peuvent manger de fruits de la terre promise avant
d’avoir mangé les azymes et l'agneau. Jos. V. 10 sq. Ex. XXIV. 45 SY.: 18 sqq. etc. . <