‹ Mélanges d'histoire des religionsChapitre 123 sur 197 · Stengel, op. ci£., p. 101 sqq · texte numérisé non relu

Stengel, op. ci£., p. 101 sqq

le même objet. La victoire d'un jeune dieu contre un monstre antique cst un rite du printemps. La fête de Marduk, au premier jour du Nisan, répétait sa victoire contre Tiamat‘. La fête de saint Georges, c’est-à-dire la défaite du dragon, était célébrée le 23 avril ?. Or, c'était au printemps que mourait Attis. — Enfin, s’il est vrai, comme le rapporte Bérose, qu’une version de la Génèse assyrienne montrait Bel se coupant lui-même en deux pour donner naissance au monde, les deux épisodes apparaissent concurremment dans la légende du même dieu; le suicide de Bel remplace son duel avec le Chaos #.

Pour compléter la preuve de l’équivalence de cesthèmes,

disons qu'il arrive souvent que le dieu meure après sa vic-

toire. Dans Grimm (Maerchen, 60), le héros, s'étant endormi après sa lutte avec le dragon, est assassiné; les animaux qui l’accompagnent le rappellent à la vie‘. La légende d'Hercule présente la même aventure : après avoir tué Typhon, asphyxié par le souffle du monstre, il gisait inanimé; il ne fut ressuscité que par lolaos avec l’aide d’une caille ‘. Dans la légende d’Hésione, Hercule était avalé par un cétacé. Castor, après avoir tué Lyncée, était tué luimême par Idas‘.

Ces équivalences et ces alternances s'expliquent facile-

ment si l’on considère que les adversaires mis en présence par le thème du combat sont le produit du dédoublement d’un même génie. L'origine des mythes de cette forme a été

1. Fête de ZAG-MU-KU (rish-shatli, commencement de l’année}, voir Hagen, in Beitr.z. Assyr., II, p. 238. — W. 4. I., IV, 23, 39 sqq. — Cf. Parmentier, Rev. de philol., 1897, p. 142 sqq.

2. Clermont-Ganneaü, Rev. Archéol,, 1876, XXXII, p. 387. 3. Eusèbe, Chron., éd. Schone, I, p. 14, 18.

4. CF. Sidney Hartland, The Legend of Perseus, III, pour le mythe du héros endormi et les équivalents. — De même Indra tombe. épuisé après sa lutte contre le démon Vrtra, ou bien s'enfuit, etc. La mêmé légende est racontée de Visnu; etc.

ns Eudoxos, dans Athénée, IX, 392 E. — Eustathe, J7., 1702, 50. © 6. Hygin., fab. 80, | Mauss-HugEnT, 8

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généralement oubliée; ils sont présentés comme des combats météorologiques entre les dieux de la lumière et ceux des ténèbres ou de l’abîme!, entre les dieux du ciel et ceux de l'enfer. Mais il est extrêmement difficile de distinguer avec netteté le caractère de chacun des combattants. Ce sont des êtres de même nature, dont la différenciation,

accidentelle et instable, appartient à l'imagination reli-

gieuse. Leur parenté apparaît pleinement dans le panthéon assyrien. Ashshur et Marduk, dieux solaires, sont les rois des Anunnakis, les sept dieux de l’abime?. Nergal que l’on appelle quelquefois Gibil, dieu du feu. porte ailleurs un nom de monstre infernal. Quant aux sept dieux de l’abime, il est difficile, surtout dans les mythologies qui succédèrent a la mythologie assyrienne, de les distinguer des sept dieux planétaires, exécuteurs des volontés célestes*. Bien avant le syncrétisme gréco-romain qui faisait du soleil le maître de l’Adès ‘ et rapprochait Mithra de Pluton et de Typhon’, les tablettes assyriennes disaient que Marduk gouverne l’abime 5, que Gibil, le feu, et Marduk lui-même sont fils de l’abime. En Crète, les Titans qui mettaient à mort Divnysos étaient ses parents°. Ailleurs, les dieux ennemis étaient des frères, souvent des jumeaux ‘‘. Quel-

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