LA MAGIE
Mais il existe un groupe considérable de phénomènes religieux où le double caractère sacré et social des rites et des croyances, n'apparaît pas au premier abord. C’est la magie. Pour généraliser les résultats de notre travail sur le sacrifice, et aussi pour les vérifier, il fallait s’assurer qu’elle ne constitue pas une exception. Or, la magie nous présente un ensemble de rites aussi efficaces que le sacrifice. Mais il leur manque l'adhésion formelle de la société. Ils se pratiquent en dehors d'elle et elle s’en écarte. De * plus, sacrilèges, impies, ou simplement laïcs et techniques, ils n’ont pas au premier abord le caractère sacré du sacrifice. Dans la magie il y a aussi des représentations, depuis celles des dieux et des esprits jusqu'à celle des propriétés et des causes, qui sont investies d’une certitude égale
4. H. Hubert,/Introduction à la traduction françuise du Manuel d'Histoire des Religions, de Chantepie de la Saussaye, 1904, p. xLv.