Détail indûment omis dans le récit, p. 524. Voir p
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reconnaît qu’il est homme-médecine. Un temps d’épreuve, d'éducation, compliqué de tabous de toutes sortés, est ensuite nécessaire pour que de nouveau magicien puisse exercer sa profession.
L’'initiation par révélation se fait de même dans coute
l'étendue de ce que MM. Spencer et Gillen ont raison d'appeler la civilisation Arunta : chez les Ilpirra, Kaïtish et Unmatjera 1.
Une autre grande tribu, voisine au Nord des Arunta, celle des Warramunga a aussi, parmi ses magiciens, des individus initiés par les esprits. Voici. résumé, le récit de l'un d'entre eux. Parti au désert, il est obsédé pendant plusieurs jours par des puntidir, des esprits du genre des Iruntarinia, qu'il croit être des magiciens étrangers parce qu’ils lui jettent un sort tel qu’il ne peut allumer son feu par friction ? ; ils le poursuivent, et, enfin, dans son sommeil le-tuent, lui ouvrent le corps, changent ses organes et introduisent en lui un petit serpent qui incarne les pouvoirs magiques. Puis ils le laissent, ses amis le retrouvent et le croient mort, mais il revient à la vie et l’on reconnaît à tout cela qu'il est un homme-médecine. Ces esprits sont son père et son frère, et ils lui ont révélé plusieurs corroborees. Maïs le récit néglige de nous dire s’ils n’ont pasfait faire d’autres voyages à l'esprit du magicien et comment ils lui ont donné les kupitja*, petits bâtons mystiques portés à travers le nez et où réside le pouvoir magique.
AN. T., p. 523, N, T.C., p.480. Nous donnons plus bas, p.174, le récit de l'initiation d'Ilpailurkna, qui se présente, après tout, comme une initiation pär un autre magicien Unmatjera. Mais la façon dont MM. Spencer et Gillen classent ce fait nous rendent incertain sur le point de savoir sile vieillard dont il est question n'est pas un esprit.
3. Cf. ,1bid., p.485, les magiciens qui portent le nom de « serpents » chez les Warramunga ; cf. la croyance arunta qui attribue à un petit lézard le pouvoir de succion du magicien. N. T., p. 581.
4. Sur les Kupitja qui nous semblent en réalité incarner ces serpents magiques eux-mêmes, voir N. T. C., p. 484, n., et p. 485. Ils jouent chez les Warramunga le rôle Li chez les Arunta par les pierres « atnongara ».
Dans la tribu des Mara :, voisine, au Nord, de celle des Warramunga, le pouvoir magique vient de deux grands esprits (dieux) célestes ?, auxquels le néophyte offre une sorte de culte sacrificiel ; il brûle dans un lieu désert une masse de graisse de différents animaux, faisant monter la fumée vers l'Ouest, où ces esprits vivent. Ils descendent du ciel, disent à l'homme de ne pas avoir peur, car ils ne veulent pas « le tuer tout à fait ». Ils le mettent néanmoins « presqu’à mort », lui ouvrent le corps et remplacent tous ses viscères « par ceux de l’un d’entre eux ». Puis ils le ressuscitent, et tout se passe comme dans les tribus précédentes.
Les docteurs des Binbinga”*, tribu limitrophe de la dernière, au sud du golfe de Carpentarie, sont initiés par deux esprits transcendants, dont l’un est certainement l’incarnation même de la magie, et dont l’autre paraît n'être : qu’un pâle dédoublement du premier, dont il est le filsi. C’est le vieux dieu qui tue le sorcier dont nous possédons le récit, lui enlève tous les organes internes, et leur substitue ceux de son propre corps ; il introduit en même temps un certain nombre de pierres sacrées, qui sont évidemment les symboles du pouvoir magique (cristaux de roche?). C'est le jeune dieu qui le ressuscite, lui montre les secrets magiques, l’emmène au ciel, enfin le fait retomber près du camp. Pendant longtemps le nouveau magicien reste dans un état de stupéfaction. ;
Il est bien possible que deux des thèmes mystiques clairement exprimés chez les Binbinga, la montée au ciel et l'introduction des cristaux, ne manquent qu’au récit et non pas aux croyances concernant les magiciens Mara. En effet,
1, N AT. :C:; p.488.
‘2. CENT, C., p. 754, 501, p. 628. .
4 C£ N. T. C., p. 754 et 501. L'expression d'esprits malfaisants est
excessive pour l'un d'entre eux. L'esprit fils porte le nom générique de «magicien », Munkaninji. |
nous savons qu'ils cnt le pouvoir de monter au ciel et de causer aux étoiles ‘, et, d’autre part, l'absence de pierres magiques données au sorcier ou disposées dans son corps est relativement invraisemblable. Nous ne doutons donc pas qu’une observation plus approfondie ne mette èn lumière le rôle que ces idées doivent jouer dans ce cycle de notions Mara.
Mais ici, nous touchons à une forme intéressante de la mythologie magique. Ces intestins de l’esprit qui deviennent ceux du magicien ne sont là que pour figurer simplement l'identité désormais acquise du magicien et de l’esprit. De plus on doit remarquer que, chez les Binbinga, le nom de l'esprit faiseur de magiciens et celui de magicien sont les mêmes’. Le magicien est un esprit, il est même l'esprit par excellence. Un fait de ce genre nous est nettement décrit; il se trouve dans une tribu du Queensland central N. W., qui n’est pas trop éloignée des tribus précédentes, celle du Cape Bedford : certains vieillards, qui prétendent être des hommes-médecine, portent le nom de Dambun, nom qui est justement celui d’un « esprit de la nature », lequel est d’ailleurs, l'esprit initiateur des sorciers d’une autre tribu, celle de la Rivière Mac-Ivor *
La physionomie de ces esprits de la nature auxquels s'assimile le magicien est assez indéfinie, et leur image n’est pas des plus simples. Pour notre part, nous serions assez disposés à voir en eux des personnalités mythiques fort vagues, du genre du grand serpent d’eau qui est l’objet d’un culte sur les points les plus divers de toute la civilisation australienne. Peut-être aussi ressemblent-ils beaucoup aux Iruntarinia des Arunta, esprits qui sont à mi-chemin entre les âmes d’ancêtres, les esprits animaux de l'espèce totémique et les esprits de la nature. Nous ne savons au juste.
ANT, C., p.. 488, cf. plus haut; p. 5, n. 11.