‹ Mélanges d'histoire des religionsChapitre 174 sur 197 · G. F. Abbott, Macedonian Folklore, p · texte numérisé non relu

G. F. Abbott, Macedonian Folklore, p

Considérant tour à tour les éléments différenciés de la représentation du temps, dates critiques et intervalles, nous allons établir un certain nombre de propositions, relatives à leurs propriétés intrinsèques ou à leurs rapports réciproques, qui nous serviront à caractériser l’ensemble de la notion. Nous ne donnerons pas ces propositions comme absolues, et ce serait peine perdue que de chercher des exceptions qui les infirment. Nous ne prétendons pas que la notion de temps, en religion et en magie, diffère toujours de la notion commune; il nous suftit qu’elle en difiére fréquemment et que les différences en question soient régulières. Leur examen montrera que, pour la magie et la religion : les parties successives du temps ne sont pas homogènes, que les parties qui nous paraissent égales en grandeur ne sont pas nécessairement égales, ni même équivalentes ; sont homogènes et équivalentes les parties considérées comme semblables en raison de leur place dans le calendrier. D'où il suit que la notion du temps n’est pasici celle d’une quantité pure, mais qu'elle est plus complexe que la notion qui lui correspond'dans le cours ordinaire de notre vie mentale. Il n’est pas possible de l’étudier in abstracto. Les propriétés des parties du temps se déduisent de leurs relations avec les durées concrètes qu’elles encadrent.

Ajoutons, pour plus de clarté, qu’il ne s’agit pas uniquement, dans cette étude, des divisions du calendrier.

Par dates critiques, nous n’entendons pas seulement les

termes extrèmes des sections calendaires, mais tout moment qui se trouve l’objet d’une considération spéciale. Le cycle des termes calendaires n’est que l’un des systèmes particuliers de dates critiques et d’intervalles, qui tournent dans le temps.

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1° Les dates critiques interrompent la continuité du temps. C'est ce qu'on peut prouver en montrant qu'elles brisent les durées particulières. Une société, qui divise le temps en périodes, dont la longueur est exprimée par un nombre,

sept ou neuf par exemple, de jours, de mois, d’années!,

impose les mêmes coupures rythmiques à des durées, qui n'ont pas d'autre raison d’être ainsi limitées et coupées que la loi ci-dessus énoncée. ; Si les durées en question ne se terminaient pas effectivement à la date critique, leur interruption réelle était quelquefois formellement exprimée par des rites. A Sparte, les rois étaient, de neuf ans en neuf ans, soumis à une ordalie : les éphores s’assemblaient par une nuit de nouvelle

lune, considérant le ciel ; si une étoile filarte le traversait, -

le roi, suspect de faute religieuse, était provisoirement déposé, jusqu’à ce que l’oracle de Delphes se fût prononcé sur son cas *. Ce rythme novénaire, auquel était assujetti de la sorte le pouvoir des rois de Sparte, paraît avoir été généralement usité dans la sphère d'extension de la civilisation crétoise. Or la tradition veut que Minos également ait été astreint à se rendre tous les neuf ans à la grotte de

.lIda, pour y renouveler sa délégation royale:.

Ce n’est qu’un exemple entre l'infinité des exemples pos-

sibles, car le phénomène est général. A expiration des

magistralures en fin d'année, il faut joindre l'extinction annuelle ou cyclique des feux, le renouvellement de la vaisselle ou des vêtements, la consommation complète ou la destruction des provisions et passer de là à la série des représentations. L'exemple choisi l’a été à dessein, parce

‘1. W. II. Roselivr, Die enneadischen und hebdomadischen Fristen und Wochen der üllesten Griechen. Abh. d. ph. k. KT. d. kal. sächs. Gesell-

schaft der Wissenschaften, &. XXI: J. H. Graf. Über Zahlenaberglauben. p. 16 sr.

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