‹ Mélanges d'histoire des religionsChapitre 179 sur 197 · TOME ER TEE il, p. 563 sq · texte numérisé non relu

TOME ER TEE il, p. 563 sq

4. À. Wauttke, . L.; Sidney Hartland, The RL of Perseus, t. Il p-L9 15,.cte Pline. N. J. XXVIIL 260: cf. Martial}, V:220, 1; Mist. Aug. Alex. Sever. 88.

5. A Wuttke, LL: Grimm, o. L., t. IN, p. 446, n. 374; cf. Revue des tradilions populaïres. 190%, p. 22; Pineau, Revue des lradilions popu- Jaires, 190%, p. 29%. De Nore, Traditions des provinces de France, p. 263.

List

RE

critique et la période qui la suit sont assimilées. En d’autres termes, elles sont homogènes et susceptibles d’être

tenues pour équivalentes, abstraction faite de leurs dimen-

sions.

‘ La raison de cette assimilation est celle que nous donnions plus haut. Entre le fait en question et la période à laquelle il est mentalement associé, il n’y a pas de mesure possible ; il n’y en pas davantage entre l'instant où il se passe et la période dont cet instant fait partie ; ce ne sont ni des grandeurs comparables, ni des éléments antithétiques; moment et durée, fait et durée sont identifiés dans une même opération mentale, qui est absolument synthétique. Une preuve de cette assimilation parfaite des dates critiques et de leurs intervalles est fournie par les noms mêmes du temps qui désignaient originairement et proprement des dates critiques‘. Intervalles et instants rentrent les uns dans les autres. Dre

Une objection reste à écarter, c’est que les effets et les phénomènes en question, étant conçus comme durables, se prolongent nécessairement au delà du moment où ils ont commencé. Qu’à cela ne tienne ! L'essentiel est qu'ils ne durent que le temps d’une période définie, dont tous les moments, conformément à notre deuxième proposition, constituent un tout indistinctetqu'’ilss’arrétent précisément à l'une de ces dates critiques qui, conformément à notre première proposition, interrompent cette continuité.

Nous enregistrons done un nouveau résultat : non seulement les durées ne sont. pas conçues comme indéfiniment. divisibles en parties distinctes et homogènes, mais ces parties ne sont pas impénétrables les unes aux autres.

4 Les parties semblables sont équivalentes. — Peuvent être :

définies comme semblables entre elles les parties symé-

1. Mal : H. Paul. Deulsches Wôrterbuch, p. 292; H Kluge, Efymologisches Würlerbuch der deutschen Sprache, p. 257. — Dheihs, thing = tempus : ef. Fr. Kluge, English elymology, p. 210. — Stunde: Grimm, Deutsche Mythologie. t. 11, p. 660. ù

triques du temps, à savoir celles qui occupent la même

position dans le calendrier, et, d'autre part, les durées de grandeurs différentes qui sont prises tour à tour comme unités de temps : la semaine, le mois, la saison, l’année, le

Cycle d'années sont donnés, dans certains cas, comme sem-

blables entre eux.

Les dates critiques et les intervalles qu’elles limitent,

dont nous venons de démontrer l'homogénéité et l’équivalence, occupant la même position relative dans le calendrier, sont semblables: c'est un premier point. Pour le reste, l’équivalence des parties semblables est démontrée par le fait que la similitude chronologique entraîne ou permet la répétition des mêmes événements ; les mêmes représentations s’y attachent, de telle sorte qu’elles paraissent l’exacte reproduction les unes des autres : elles tendent vers l’identité. Dans les légendes de châteaux, villes, monastères, églises engloutis, la malédiction n’est jamais définitive : elle se renouvelle périodiquement ; tous les ans, tous les sept ans, tous les neuf ans, à la date même de la catastrophe, la ville ressuscite, les cloches tintent, la châtelaine sort de sa retraite, les trésors s'ouvrent, les gardiens s’endorment : mais à l’heure dite le charme se referme et tout s’éteint. Ces rechutes périodiques suffisent presque à montrer que les mêmes dates ramènent les mêmes faits. Toute l’astrologie, une partie de la science antique ou populaire sont fondées sur ce principe. Inversement, les mêmes actes

religieux ou magiques s’accomplissent dans les mêmes cir-

constances de temps, à savoir en des points symétriques d’un

“système, quel qu’il soit, de division du temps, calendrier

commun ou calendrier spécial, astronomique ou autre, C’est ce que prouve suffisamment le soin qui est apporté, dans les rituels complets, à indiquer pour chaque rite ses

‘conditions temporelles. Les mêmes fêtes enfin se célèbrent :

aux mêmes dates.

Mais il y a des degrés de similitude, et l'exactitude de la ressemblance croît avec l'importance des rites. L’intensité

1 ' Le f LEE:

‘de l'attention, dont elle est l’objet dans certains cas, montre

bien quel prix on y attache et quelle efficacité religieuse

. on lui suppose. Ainsi, la détermination de la date de Pâques

a été l’une des préoccupations centrales du christianisme naissant. La Pâque chrétienne, qui perpétuait, d’une part, la Pâque juive et le sacrifice pascal, de l’autre, le sacrifice, du Calvaire et la résurrection du Christ, devait être célébrée : exactement au même point du temps que les faits qu’elle.

reproduisait, c’est-à-dire ‘en un point exactement symé- .

trique à celui où ils s'étaient d'abord produits. Problème délicat! puisqu'il fallait trouver ces points symétriques dans deux calendriers différents et dont le désaccord variable ne pouvait être-calculé rigoureusement. Au choix d’une solution approximative on apporta des scrupules infinis!. | Le dimanche hebdomadaire commémore, - c'es à-dire renouvelleavec moins de solennité, mais autant d'efficacité que la fête annuelle de Pâques, le sacrifice du Christ. Ce que le dimanche est à Pâques, la semaine l’est à l’année et,

dans la mesure où l’année représente le cours entier du .

temps, la semäine le représente?. Dans l'Inde, les douze premiers jours du mois équivalaient aux douze mois qui suivent ; en effet, un sacrifice continu, se développant au long de ces douze jours, était l'équivalent d'un semblable sacrifice qui aurait duré l’année tout entière: il valait pour

cette même année *.

. Lorsque toutes les équivalences pôssibles sont entrées en jeu, le temps finit par être représenté comme une suite de points équivalents, équivalant eux-mêmes aux intervalles qui les séparent, lesquels s'équivalent entre eux, et comme

Page 1