Kinship und Murriage in Eurly Arabix, 188%, Cambridge
ment comment une telle transformation avait pu se produire. D'un autre côté, quand la parenté des hommes et des bêtes eut cessé d’être intelligible aux Sémites, le sacri-
‘fice humain remplaça le sacrifice animal; carilétait désor-,
mais le seul moyen d'établir un échange direct du sang entre le clan et le Cieu. Mais alors, les idées et les coutumes qui protégeaient dans la société la vie des individus, en proscrivant l’anthropophagie, firent tomber en désuétude le repas sacrificiel. | | D'autre part, peu à peu, le caractère sacré des animaux domestiques, profanés quotidiennement pour la nourriture. de l’homme, alla lui-même en s’effaçant. La divinité se détacha de ses formes animales. La victime, en s'éloignant du dieu, se rapprocha de l’homme, propriétaire du troupeau. C'est alors que, pour s'expliquer l'offrande qui en était faite, on se la représenta comme un don de l'homme aux dieux. Ainsi prit naissance le sacrifice don. En même
temps, la similitude des rites de la peine et du rite sacri-
ficiel, l’efflusion de sang, qui se retrouvait -de part et d'autre, donna un caractère, pénal aux communions piaculaires de l’origine et les transforma en sacrifices expiatoires. ac l
A ces recherches se rattachent, d’une part, les travaux de M. Frazer et, de l’autre, les théories de M. Jevons. Avec plüs de circonspection sur certains points, ces dernières sont, en général, l’exagération théologique de la doctrine de Smith !. Quant à M. Frazer?, sans se rallier à l'hypothèse totémistique, il'y ajoute un développement important. L'explication du sacrifice du dieu était restée rudimentaire Chez Smith. Sans en méconnaître le caractère naturaliste, il en faisait un piaculum d'ordre supérieur. L'idée ancienne de la parenté de la victime totémique et des dieux survivait
1. Introduction Lo the History of Religion, 1896. Pour les restrictions voit p. 111, 145, 160. — M. Sidney Hartland s’est ratlaché (Legend of
Perseus, t. IT, ch. xv) à la théorie de Rob. Smith.
| Lai 12. Frazer, Golden Bough, chap. tr.
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pour justifier les sacrifices annuels : ils commémoraient
et rééditaient un drame dont le dieu était la victime. M. Frazer reconnut la similitude qui existe entre ces dieux sacrifiés et les démons agraires de Mannhardt :. Il rapprocha du sacrifice totémique le meurtre rituel des génies de Ù la végétation; il montra comment du sacrifice et du repas communiel, où l’on était censé s’assimiler les dieux, sortit F- le sacrifice agraire où, pour s’allier au dieu des champs à la fin de sa vie annuelle, on le tuait, puis le mangeait. Il % constata en même temps que, souvent, le vieux dieu ainsi
sacrifié paraissait, peut-être à cause des tabous dont il 1 était chargé, emporter avec lui la maladie, la mort, le péché et jouait le rôle de victime expiatoire, de bouc émis- | saire. Mais, bien que l’idée d’expulsion fût remarquée dans ces sacrifices, l’expiation paraissait encore sortir de la com- : munion. M. Frazer s’est plutôt proposé de compléter la théorie de Smith que de la discuter,
Le grand défaut de ce système est de vouloir ramener les formes si multiples du sacrifice à l’unité d’un principe | arbitrairement choisi. D'abord, l’universalité du totémisme, Re: point de départ de toute la théorie, est un postulat. Le toté- -misme n'apparait à l’état pur que dans des nations peu nombreuses de l'Australie et de l'Amérique. Le mettre à l'origine de tous les cultes thériomorphiques, c’est faire‘une hypothèse, peut-être inutile, et qu’il est, en tous cas, impossible de vérifier. Surtout, il est malaisé de trouver des sacrifices | proprement. totémiques. M. Frazer a lui-même reconnu : que, souvent, la victime était celle d’un sacrifice agraire Dans d’autres cas, les prétendus totems sont les représentants d’une espèce animale dont dépend la vie de la tribu, que cette espèce soit domestiquée, qu’elle soit le gibier préféré ou qu’ellesoit,au contraire, particulièrement redoutée. A tout le moins, une description minutieuse d'un certain
4. Mannhardt. Wald-und Feldkulle, 2 vol. Berlin, 1875; id. Mythologische Forschungen, Strasbourg, 1884.
4! vie
nombre de ces cérémonies serait-elle nécessaire ; or c’est précisément ce qui manque.
Mais, acceptons un instant cette première hypothèse, quelque contestable qu’elle soit. La marche même de la démonstration est sujette à critique. Le point délicat de la doctrine est la succession historique et la dérivation logique que Smith prétend établir entre le sacrifice communiel et
les autres types de sacrifice. Or, rien n’est plus douteux.
Tout essai de chronologie comparée des sacrifices arabes, hébreux ou autres, qu’il étudiait, est fatalement ruineux. Les formes qui paraissent les plus simples ne sont connues que par des textes récents. Encore leur simplicité peut-elle résulter de l'insuffisance des documents. En tout cas, elle n'implique aucune priorité. Si l’on s’en tient aux données de l’histoire et de l’ethnographie, on trouve partout le piaculum à côté de la communion. D'ailleurs, ce terme vague de piaculum permet à Smith de décrire, sous la même rubrique et dans les mêmes termes, des purifications, des propitiations, des expiations, et c’est cette confusion qui l'empêche d'analyser le sacrifice expiatoire. Assurément, ces sacrifices sont généralement suivis d’une réconciliation avec le dieu; un repas sacrificiel, une aspersion de sang, une onction rétablissent l'alliance. Seulement, pour Smith, c'est dans ces rites communiels eux-mêmes que réside la vertu purificatrice de ces sortes de sacrifices ; l’idée d’expiation est donc absorbée dans l’idée de communion ; sans doute, il constate, dans quelques formes extrêmes ou simplifiées, quelque chose qu’il n’ose pas rattacher à la communion, une sorte d’exorcisme, l'expulsion d’un caractère mauvais. Mais, suivant lui, ce sont des procédés magiques, qui n'ont rien de sacrificiel, et il explique avec beaucoup d’érudition et d’ingéniosité leur introduction tardive dans le mécanisme du sacrifice. C’est précisément cela que nous ne pouvons accorder. L’un des objets de ce travail est de montrer que l'élimination d’un caractère sacré, pur ou impur, est un rouage primitif du sacri-