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- PRÉFACE Fev
De plus, depuis 1898, on a signalé des exemples de ces
sacrements totémiques reconstitués par Robertson Smith,
et dont il avait supposé la pratique régulière, par une hypo-
thèse aussi géniale que faiblement fondée. A vrai dire, ils se rencontrent seulement dans les cérémonies totémiques, les intichiuma, de quelques tribus de l'Australie centrale ;
constatés chez les Arunta *, ils manquent déja chez la plu-
part de léurs voisins. Nous sommes donc loin d’avoir la.
preuve de l’universalité de ces rites dans le totémisme.
Nous ne sommes pas sûrs qu'ils soient essentiels au totémisme même et non pas des produits locaux de son évolu-
tion. Remarquons en outre que sacrement totémique ne
veut pas dire sacrifice. Dans la communion totémique il y
à bien consommation d’un aliment sacré, mais il y manque des caractéristiques essentielles du sacrifice : l’oblation, l'attribution ® à des êtres sacrés. Dans le sacrement totémique le plus complet qui ait été observé chez les Arunta, on ne voit pas le mécanisme entier du sacrifice.
On nous parle, il est vrai, de sacrifices totémiques, mais sans en citer d'exemples topiques. M. Frazer ne nous en propose plus qu’un‘: le sacrifice des tortues dans le pueblo de Zuñi. Nous pouvons en donner une description plus
exacte que celle qu’il reproduisait*. C’est un des épisodes
4. Nous conservons ce mot, bien que sa signification ne soit encore rien moins que certaine. Cf. Strehlow, Die Aranda- uud Loritja te 16 Hs und Legenden. Verüfftl, Vélkermuseum, Francfort,'t. 1), p.4, 1.5
2. Spencer et Gillen, Native Tribes of Central Australia, 1898. 1 Id., Nor-
ihern Tribes of Central Australia, 1904. Cf. Nr La t. IE,
p. 208, 245 ; t. VII, p. 248.
3. À moins qu’on ne considère comme en tenant lieu la présentation de l'animal tué, de la graine concassée, etc, faite par les autres clans au clan dont c'est le totem et qui donne expressément la permission d'en consommer. Les premiers joueraient le rôle de sacrifiants, les autres celui de dieux. Mais, dans cctte sorte de culte rendu par l'homme à phone, à quelle distance sommes-nous du sacrifice !
4. J.-G. Fräzer, Gold Bough, IT, 2 édition, p. 374. M. Frazer en don-
fi quatre dans la première édition.
. M. Frazer avait reproduit un récit de Gushing, My Adventures in Zur, The Century: Lustr ated Magazine, 1883, p. 45 sq. Celui-ci, n'avait
PRÉFACE
de la fête des Korkokshi, c’est-à-dire de l’une des confréries
. de masques qui personnifient les dieuxpendant les grandes
fêtes générales du solstice d'été’ Les Korkôkshi visitent : le « lac des dieux »; au fond de ce lac, les tortues habitent avec les dieux. Elles sont les « autres nous-mêmes » des Korkokshi; ce sont les propres paroles pronôncées par le maître de la confrérie à l'ouverture de la chasse que leur. font les Korkokshi?. Quand les tortues sont prises on les frappe tout doucement jusqu’à ce qu’elles veuillent bien sortir la tête. Alors on les pend par le cou. On les porte ainsi pendues les premiers. jours. Les jours suivants, la fête se
continue dans un des temples souterrains du pueblo*, où
chaque Korkokshi doit venir danser à son tour. On à préparé des pots, un par tortue; chaque prêtre a son pot et
sa tortue; les pots sont rangés aux places où doivent :
s'asseoir les prêtres après leur danse. Tant que le prêtré n’est pas arrivé les tortues sont chacune dehors, devaht son pot. Dès qu'un prêtre entre pour danser, on fait rentrer sa
tortue. Ce rite montre que l’animal est le remplaçant de
l'homme. La fête finie, les Korkokshi emportent leurs tor-
tues chez eux, et les pendent pendant une nuit aux poutres
du plafond. Le lendemain, on les fait cuire. La chair a des vertus curatives. On en offre toujours une partie au « Conseil des Dieux », en la portant à la rivière C’est donc bien un sacrifice. | DE Seulement ce n’est pas un sacrifice totémique. Nous savons que les Korkokshi sont les dieux qui représentent les ancêtres de tout Zuñi et qu'ils sont en même temps les
assisté qu'aux cérémonies pratiquées envers Ja Lortue lorsque, à la fin de la fête. on la ramène à la maison.
1. La description qui suit est résumée de Mrs. Stevenson, The Zuñi Indians, 234 Annal Report of the Bureau of American Ethnology,"p. 156 sŒ.