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êtres du monde profane. La série d'états par lesquels elle “passe pourrait donc être figurée par une courbe : elle s'élève
à un degré maximum de religiosité, où elle ne reste qu’un instant, et d’où elle redescend ensuite progressivement. Nous verrons que le sacrifiant passe par des phases homologues!. ;
La sortie.
Les effets utiles du sacrifice sont produits ; cependant,
tout n’est pas terminé. Le groupe de gens et de choses qui s’est formé pour la circonstance autour dela victime n’a plus de raison d’être; encore faut-il qu’il se dissolve lente-
ment et sans heurts et, comme ce sont des rites qui l'ont
1. On a pu s'étonner que, dans ce schème, nous n’ayons pas fait allusion aux cäs où la victime est autre chose qu'un animal. Nous en avions relativement le droit. Nous avons vu, en effet, comment les rituels ont proclamé l’équivalence des deux sortes de choses (voir plus haut, p. 40). Parexemple, dans tout l’ensemble des sacrifices agraires, leur identité foncière rend possible la substitution des unes aux autres (voy. p.91).
Mais il ÿ à plus, il est possible d'établir des symétries réelles entre les
victimes et les oblations sacrificieiles. — La préparation des gâteaux. la façon dont on les “ignait d'huile, ou de beurre, ete., correspond à la préparation «le la victime. Môme la création de la chose sacrée, au cours de la cérémonie est bien plus évidente, dans le cas de l'oblation, que dans tout autre, puisqu'on là confectionne souvent de toutes pièces. sur le terrain mème du sacrifice : Pour l’Inde, voir Hillebrandt, N. V. O.. p. 28, #1, surtout au cas où ce sont des figurines (Hillebrandt, Rif. Lit., S 64%, p. 116; $ 48. Cf. Weber. Naksatra, IL, 338. renseignements assez fragmentaires: (dñkh. grh. sù, IV, 19). Pour la Grèce, voir plus haut, p. 14. Stengel, p.90 sqq : Festus, 129 ; cf. Frazer, Golden Bough, IL, p. 84, p.159 sqq ; Lobeck, Aglaophamus, p.119, 1080 sqq. — Ensuite la destruction à le mème caractère de consécration définitive que la mise à mort d'une victime animale. On met toujours au moins l'esprit de l’oblation hors du monde réel. Seule, une différence existe, venant de la nature même des choses : dans la majorité des cas le moment de l'attribution et celui de la consécration cuincident, sans que la victime porte pour aulant le caractère d'une chose à éliminer. En effet, la liba-
tion est détruite au moment où elle découle sur l'autel, se perd dans. la terre, s'évapore ou brûle dans le feu: le gâteau, la poignée de farine
se consument el partent en fumée. La sacrification et l'attribution à la
divinité ne font qu'un seul el même temps rituel. Mais il n'yaaucun doute
sur la nature de la destruction : c'est ainsi que le simple dépôt de bois à brüler est, dans le rituel hindou. à certains moments, un sacrilice par lui-mûme (nous faisons allusion aux sdmidhent, voir Hillebr. N. F. 0 p..Tt sqq. — Enfin la répartition des parts est mulatis mulandis. ana-
créé, ce sont des rites aussi qui, seuls, peuvent remettre en liberté les éléments dont il estcomposé. Les liens qui unissaient à la victime les prêtres et le sacrifiant n'ont pas été rompus par l’immolation ; tous ceux qui ont pris part au sacrifice y ont acquis un caractère sacré qui les isole du monde profane. Ilest nécessairequ’ils y puissent rentrer. Il leur faut sortir du cercle magique où ils sont encore enfermés. De plus, au cours des cérémonies, des fautes ont pu être commises qu'il faut effacer avant de reprendre la vie commune. Les rites par lesquels s’opère cette sortie du sacrifice font exactement pendant à ceux que nous avons observés lors de l’entrée ‘. | Dans le sacrifice animal hindou, comme, d’ailleurs, dans tous les sacrifices du même rituel, cette dernière phase du sacrifice est très nettement marquée. On sacrifie ce qui reste de beurre et de graisse épars sur le gazon? ; puis, on détruit dans le feu sacrificiel un certain nombre d’instruments’, le gazon du sacrifice‘, le bâton du récitant, les planchettes qui entouraient la vedi. On verse les eaux de lus-
logue à celle du sacrifice animal : ainsi dans le cas du sacrifice de la pleine et nouvelle lune, nous trouvons des parts aux dieux, une idä, etc. — Rappelons enfin que le plus important de tous les sacrifices hindous, le plus extraordinaire peut-être de tous les sacrifices, celui où on a fait subir à une victime tous les traitements possibles, où on en a fait un dieu, le sacrifice du soma, est, comme le sacrifice chrétien, constitué par une oblation végétale.
1. Rien n’est plus explicable; car ce sont les mêmes gens et les mêmes choses qui sont en jeu, et, d’un autre côté, en vertu des lois qui règlent les choses religieuses, ce sont les mêmes procédés lustratoires qui con- Fo ou entèvent un caractère sacré.
2 Ap., WA, 26,12; Kût, 6, 0,41: 7: S.,4,3; 41, 1 et-C. B., 3, 8, 5,5; pour le mantra dont Kät. fait un meilleur emploi. On a fait une série de petits sacrifices (voir Schwab, Th,, ne 441) dont les formules expriment la terminaison du rite.
D. Àp., NII. 27, 4. Kät, NI, 9, 12 (Chose remarquable, Àp. emprunte le mantra à V.S., VIS 24).
4. Hillebr., N. V. 0.) p.145-147; Schwab, Th., p. 156-9. Pendant ce rite se fait toute une curieuse récapitulation des divers moments du sacrifice (T. B., 3, 6. 15 entier) et des bienfaits qu’ en ättend le sacrifiant ; il goûtera ce dont il a fait goûter les dieux (Cf. Açv. çr. sä., 1. 9. 1). Q